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Aline et Philippe se casent à Grandcamp Maisy

Depuis l’achat de leur premier distributeur de légumes en avril 2017, Aline Jouette et Philippe Legrand ne cessent d’agrandir leur magasin à Grandcamp Maisy. Ils embarquent d’autres producteurs locaux dans l’aventure. La dernière, Lucie Mauger, vient d’investir dans un distributeur de glaces artisanales.

Au magasin de producteurs de Grandcamp Maisy, le nouveau distributeur de glaces artisanales de Lucie Mauger crée l’attraction. Depuis plusieurs semaines, l’annonce de son arrivée met l’eau à la bouche des clients, vacanciers et parents pressés, avides de produits locaux, frais et fermiers. La machine est entreposée entre les distributeurs de légumes et de pain. On trouve aussi de la crèmerie, de l’épicerie et des produits de la mer. Martine et Bernard sont les premiers acheteurs de glace. Ces Versaillais à la retraite possèdent une maison à Grandcamp Maisy. Ils viennent « tous les jours » à la boutique. Le marché est ouvert le matin, les distributeurs, de 6h à 23h. « C’est très pratique, on peut venir à n’importe quelle heure. Ça nous a sauvé un bon nombre de repas ! La fraîcheur est exceptionnelle, les huîtres, extraordinaires ».

Offrir du choix

Depuis trois ans, Lucie Mauger fabrique des glaces à la ferme familiale de Saint-Côme-du-Mont (50) qu’elle vend en camion. Le distributeur a coûté 20 000 €. Elle prévoit de rentrer dans ses frais en un an et demi. « C’est Aline qui m’a décidée à investir dans la machine », admet-elle. La maraîchère a amorti son premier distributeur en un an seulement. En 2014, elle démarrait sa production de légumes dans l’exploitation de Philippe Legrand, éleveur d’allaitantes. « Enfant, je n’ai connu que les légumes de jardin, mes parents vendaient le surplus à des voisins. J’ai voulu faire pareil. » D’un carré de potager, elle est passée à 2 hectares de maraîchage et six serres. Elle a acheté son premier distributeur en 2017, après avoir terminé le bâtiment. Barbara Paris, éleveuse de laitières à La Cambe, a ouvert son distributeur de crèmerie en septembre 2018 et Marie Lepoivre, la sœur de Philippe, a inauguré le distributeur d’huîtres en juillet 2018 et le second en juin 2019. « Plus on a de produits, plus on a de clients », assure Aline Jouette qui loue les emplacements. Les fraises et les framboises ont trouvé leur place dans les casiers cette année. Elle attend un distributeur de canards bientôt. « Les fruits et la viande, c’est ce qui manque ».

Entretien

« Il faut des producteurs qui ont déjà un laboratoire, du matériel et une organisation », précise Philippe. « C’est très prenant, surtout le week-end, insiste la maraîchère. Il faut que les casiers soient pleins, que les clients aient l’impression d’avoir le choix. ». Les producteurs les garnissent jusqu’à trois fois par jour en été. « Il faut que ce soit propre, ajoute Marie Lepoivre, sinon, ça ne donne pas envie d’acheter ». L’ostréicultrice admet avoir été « frileuse » au départ, quand Aline lui a proposé d’ouvrir un distributeur d’huîtres. « Ce n’est pas un produit du quotidien, tout le monde n’aime pas ». Finalement, elle se dit qu’il vaut mieux se lancer avant les autres et mise dans une première machine. Le succès l’amène à en ouvrir une seconde avec des produis d’achat-revente : du saumon d’Isigny et des moules de bouchot. « On ne met que des super produits et toujours les mêmes. Comme il n’y a pas de vendeur, il faut que les gens aient confiance. » Pour Aline, cette exigence de qualité fait le succès de l’entreprise. « On s’entend tous bien, ajoute Marie, quand on vient remplir ou nettoyer, on aide les clients sur les machines des autres. On fait tous de la pub pour les glaces de Lucie depuis plusieurs mois ».

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