Aller au contenu principal

Améliorer ses prairies est une démarche multifactorielle

Le contexte économique, social et environnemental actuel fait renaître l’intérêt des éleveurs pour les prairies, qu’elles soient permanentes, temporaires, artificielles ou en cultures dérobées.

Aménagements parcellaires.
Aménagements parcellaires.
© GNIS

La démarche d’amélioration des prairies est une démarche globale qui comporte cinq points distincts qui présentent malgré tout des interactions entre eux :
- 1re : rechercher et identifier les causes de dégradation de la prairie puis éliminer ces causes.
- 2e : raisonner le choix des espèces et des variétés et choisir des semences de qualité.
- 3e : optimiser le mode et le stade d’exploitation de l’herbe.
- 4e : adapter la fertilisation et faire le point sur le pH.
- 5e : optimiser l’aménagement parcellaire.
Il y a des interactions entre ces points : si une prairie est implantée avec des espèces adaptées et des variétés améliorées mais que les plantes ne sont pas exploitées au bon stade et que la fertilisation n’est pas équilibrée, la variété ne pourra pas exprimer son potentiel.

Pourquoi la prairie
existante s’est dégradée
La première démarche d’amélioration consiste à rechercher la cause de la dégradation et bien sûr de la supprimer. Il y a neuf causes possibles : le surpâturage ou la fauche trop rase, le sous pâturage, l’absence de déprimage, la sénescence simultanée des plantes, une flore mal adaptée à l’objectif d’exploitation, du piétinement en mauvaises conditions, des accidents naturels (sécheresse, gelées, inondations exceptionnelles, taupes, rats, sangliers), une fertilisation déséquilibrée et enfin des négligences diverses : rouler sur l’herbe gelée, laisser les boules de foin ou d’enrubannage trop longtemps, épandre du fumier trop jeune ou mal émietté.

Que faut-il ressemer ?
La deuxième étape consiste à ressemer ou sursemer des espèces fourragères adaptées au type de sol, à l’objectif d’exploitation et à la période de production souhaitée. Pour le choix des espèces le GNIS a mis en ligne sur www.gnis-prairie.org un outil d’aide à la décision à la disposition de tous. Puis il convient bien sûr de choisir les variétés à l’aide du site www.herbe-book.org. Ce site permet non seulement d’avoir l’information sur les variétés mais aussi d’ordonner ses critères prioritaires. Le logiciel trie les variétés pour le visiteur en fonction de ses priorités.

Des pratiques adaptées aux besoins
Le mode et le stade d’exploitation doivent être adaptés aux besoins des espèces implantées et aux conditions pédoclimatiques. Pour cela, il est nécessaire de pratiquer le déprimage, l’étêtage, le pâturage tournant, l’alternance fauche/pâturage, faire pâturer toujours entre 15 et 5 cm, éviter le sous pâturage, faucher haut (8cm) et à un stade jeune, dans tous les cas avant la pleine épiaison. En cas de manque d’herbe, il est préférable d’affourrager avec du fourrage stocké et de réduire la surface accessible aux animaux afin d’éviter le surpâturage.

Bien raisonner
la fertilisation et le pH
Il est nécessaire d’avoir comme objectif un pH du sol supérieur à 6,2. C’est le seuil pour le bon développement du trèfle blanc. Concernant la gestion de l’azote, le premier apport doit avoir lieu au printemps dès que les 200° base zéro-premier janvier sont cumulés. En prairie de fauche, il faut noter que chaque tonne de matière sèche herbe exporte 8 unités de phosphore et 28 de potasse !

Raisonner son parcellaire
Le dernier point consiste à bien aménager le parcellaire. Il ne s’agit pas seulement de découper les parcelles pour en faire un pâturage tournant, mais aussi le découpage doit se faire en tenant compte d’une éventuelle hétérogénéité du sol pour concevoir des parcs homogènes. Il faut aussi penser à la qualité des chemins afin que les animaux puissent valoriser au pâturage des parcelles éloignées. Il ne faut pas oublier non plus l’abreuvement et si possible multiplier les points d’eau. Partout où qu’elle soit, la vache doit pouvoir trouver à boire à moins de 150 mètres.
Améliorer ses prairies doit être une démarche multifactorielle où chaque point est important et est en interaction avec les autres. Avec peu d’investissement, il est facile et rapide de progresser en quantité et surtout en qualité et en facilité d’exploitation.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Alban Brehon (à droite) a fait part de l'appel à la solidarité au préfet du Calvados, (à gauche)
Sécheresse : la FRSEA lance une enquête sur les besoins en fourrages
Avec la sécheresse, plusieurs éleveurs craignent de manquer de fourrages l'hiver prochain.
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé
Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se…
Publicité