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Anne-Marie Denis (présidente de la FDSEA de l’Orne) : à la mairie, à la MSA ou à la FDSEA, que chacun aille où il en a envie

2020, année électorale. D’abord dans les rangs de la FDSEA, de la minico au bureau départemental. Mais aussi à la MSA et dans les communes. En période d’agribashing, Anne-Marie Denis, aussi vice-présidente régionale et administratrice à la FNSEA, fait le point.

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>> En 2013, vous étiez élue présidente de la FDSEA de l’Orne à la suite d’Olivier Borel. Quel est votre meilleur souvenir ?
Mon meilleur souvenir, c’est une belle image de partage entre le monde agricole et le monde extérieur : le Tour de France 2018 et la fresque réalisée dans le Perche. Nous avons gagné le premier prix national. Mon meilleur souvenir syndical : la victoire des zones défavorisées. C’est le plus beau combat. Nous devons être des gagnants. En sept ans, nous avons mené nombre d’actions, nous travaillons sur l’emploi, le juridique. Nous sommes proches des adhérents. C’est là que le syndicalisme a sa place, il faut le faire reconnaître.

>> Le faire reconnaître, cela passe par les prochaines élections, de la minico au bureau…
Le renouvellement syndical importe pour garder un dynamisme régulier. Nous essayons d’aller chercher des jeunes, des esprits nouveaux. Notre réseau remonte les informations locales et de terrain : il faut des représentants à tous les niveaux, de la minico au bureau départemental et dans les commissions. Soit près de 65 élus. Le département articule les informations avec la Région et le national. À trois mois des élections, le tuilage est important entre ceux qui partent et ceux qui arrivent. Il y a des passages de main à faire. Nous sommes dans une démarche de pédagogie continue.

>> 2020, aussi année électorale à la MSA, dans les communes et les villes. Les agriculteurs sont sollicités. Comment choisir ?
Nous menons les élections MSA de front avec celles du syndicat. Les agriculteurs doivent prendre conscience de l’importance de leur représentation sociale. Nous sommes dans un territoire rural. Il faut que chacun s’y retrouve, que chacun aille où il en a envie, mais qu’il y aille : le syndicat, le social ou la mairie.

>> 2020, année électorale, mais pas que. Quels sont les projets ?
2020 s’inscrit dans la continuité de 2019. Certains dossiers restent sur le bureau : les zones de non-traitement, l’aboutissement des chartes de bon voisinage. Nous sommes contre le droit de préemption des aires de captage par les collectivités. Nous sommes prêts à faire des efforts sur nos modes de production si on nous rémunère pour. Nous sommes des chefs d’entreprises et restons décideurs chez nous. Les agriculteurs à la retraite survivent avec 500 €/mois et la location des terres. Comment feront-ils si l’État préempte leur source de revenus ?

>> Les retraites justement sont l’un des sujets d’actualité avec l’agribashing. Où en êtes-vous ?
Sur la question des retraites, je voudrais la garantie de 1 000 €/mois inscrite dans la réforme. Mais ce n’est pas clair. J’attends de la réforme plus de spécificité. On entend beaucoup de gens parler de la pénibilité, mais peu d’agriculteurs. Est-ce que notre métier rentre dans le cadre de la pénibilité ? Je serais aussi vigilante pour que les agricultrices aient une retraite correcte. Dans l’Orne, un observatoire de l’agribashing et des violences faites aux agriculteurs se monte. Nous y travaillons avec les politiques, la préfecture, les services de police et les autres organisations agricoles. La FDSEA reste présente auprès des exploitations touchées.

>> Il y a un an, votre syndicat remportait les élections à la Chambre d’agriculture.
La Chambre compte de nouveaux élus, qui portent des nouveaux projets. L’année écoulée était celle du changement, de la revitalisation de la Chambre. Les cinq prochaines seront sous le signe des mouvements de personnels vers l’échelle régionale, tout en gardant une proximité forte grâce aux antennes locales.

>> Vous représentez-vous à la FRSEA et au national ?
Si les adhérents m’expriment, en votant, le besoin de me voir continuer, alors oui. La seule condition sera pour moi de préparer l’avenir et ma succession à la FDSEA lors des trois prochaines années. n

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