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Anniversaire du blocage Bigard : “retour sur investissement” pour les éleveurs

Il y a un an, le blocage des abattoirs Bigard s’était conclu par une série d’actions constituant une feuille de route. Qu’en est-il un an après ? Les réponses de la FNB.

Il y a un an les éleveurs bloquaient neuf des principaux sites du groupe Bigard. Une démonstration de force réussie grâce à la mobilisation du réseau des sections bovines des FDSEA-UDSEA.
Il y a un an les éleveurs bloquaient neuf des principaux sites du groupe Bigard. Une démonstration de force réussie grâce à la mobilisation du réseau des sections bovines des FDSEA-UDSEA.
© EC
Il y a un an les éleveurs bloquaient neuf des principaux sites du groupe Bigard. Une démonstration de force réussie grâce à la mobilisation du réseau des sections bovines des FDSEA-UDSEA. Mais une sortie de manifestation qui en a laissé plus d’un interrogatif ou parfois amer. Qu’avions nous obtenu ? N’avions-nous pas levé les barrages trop tôt ? Depuis novembre dernier, les choses ont pourtant changé, et la “feuille de route” définie à l’époque mérite que l’on s’y arrête pour établir son bilan.
Rappelons tout d’abord qu’il ne pouvait être question de négocier ou fixer un prix. Ce type d’accord est prohibé, quel qu’en soit le cadre. Mais la stratégie portée par la FNB visait à restaurer un meilleur équilibre économique en faveur des éleveurs, et obtenir des mesures qui favorisent la progression des prix progressivement.
Une dynamique indispensable quand les coûts de production avaient progressé de plus de 60 c par kg carcasse en moyenne !
Emblématique de ce dossier : la priorité “export sur pays tiers” ! On lui doit une bonne part de la progression des cours constatée aujourd’hui. Par rapport à l’an dernier, le prix des jeunes bovins a augmenté de 65 à 70 cts par kg carcasse, les femelles allaitantes de 25 à 35 cts, la moyenne de l’ensemble des bovins de plus de 40 cts. Si la FNB et l’ensemble du réseau n’avaient pas porté la demande export avec acharnement, où en serions-nous aujourd’hui ? Bigard et quelques autres n’auraient-ils pas tout fait pour empêcher ces flux (+20 % en viande, + 16 % en bovins vifs) et pour en minimiser l’effet-levier sur tous les prix du marché intérieur ?
En parallèle, l’engagement a été pris par la distribution de mettre en avant la viande française et redynamiser VBF. Constatons que les volumes importés en France ont chuté de 11 % par rapport à l’an passé.
Mais d’autres mesures de fond faisaient partie du “paquet” négocié dans le cadre de la “feuille de route” fixée sous l’égide du Ministre, sur base des orientations de la FNB. La plupart vise une plus grande transparence et un meilleur équilibre du rapport économique dans la filière :
- obligation d’installation des machines à classer : le processus est en cours, avec réétalonnage des machines pour attester de leur conformité. Et en juin 2012 au plus tard, tout doit être en place pour tous les abattoirs de plus de 3000 tonnes,
- réforme du dispositif de cotations pour plus de fiabilité et une réelle représentativité des données de prix : les textes réglementaires et les dispositions de contrôles des prix fournis par les abatteurs sont en phase de finalisation pour une mise en œuvre début d’année,
- étude de la répartition des marges par l’Observatoire public des prix : sur ce volet, c’est encore “la bouteille à l’encre”. Mais nous ne lâcherons pas. Les pouvoirs publics doivent mettre à plat et surveiller les écarts entre prix producteur et consommateur,
- contractualisation avec prise en compte des coûts de production : la production ne se maintiendra que si les éleveurs parviennent à faire face à des coûts en forte hausse et à se rémunérer correctement. Un accord cadre sur la contractualisation est en préparation à Interbev. Il demandera à ce que les contrats proposés aux éleveurs s’appuient sur à la fois un indicateur de marché mais aussi un indicateur de coût de production.
Retenons enfin, au-delà des mesures concrètes, que notre action de l’an passé a marqué l’expression d’une révolte des éleveurs, qui n’en peuvent plus d’être la variable d’ajustement de la filière. Il y a eu un temps pour le dialogue, il a fallu un temps pour le “bras de fer” avec le principal groupe industriel français.
La force de notre réseau syndical a permis de se faire entendre et de contrer la pression incessante de ses entreprises. Et le travail continue, chaque jour. C’est un combat permanent dans lequel les éleveurs sont engagés. Certes, rien n’est jamais acquis, il faudra compter également avec les aléas des marchés qui créeront à coup sûr ici où là des revers. Mais le cap est donné et il sera maintenu : la mobilisation active des éleveurs pour un juste prix de leur production.La production européenne de jeunes bovins toujours en baisse
D’après une étude de l’Institut de l’élevage du 14 novembre, les abattages de jeunes bovins reculent en France (-11% en octobre), en Allemagne (-9% en octobre) et en Pologne (-12% en août) par rapport à 2010. La principale raison de cette diminution est le manque de disponibilités lié à la demande extérieure qui a été soutenue. En Pologne, la viande bovine a été fortement sollicitée par la Turquie au premier semestre (+16% d’abattages polonais). Tellement que sur le second semestre, les abattoirs polonais ont commencé à manquer de bétail. Les données de la BDNI (base de données nationales d’identification) montrent en France un déficit de 72 500 têtes au 1er septembre 2011 par rapport à 2010. Parallèlement, cette baisse de la production a entraîné une hausse significative des prix (+16% pour le jeune bovin France la première semaine de novembre). Cette hausse est généralisée dans les bassins producteurs européens et commence à faire reculer les pays tiers (Russie, Turquie) sur leurs importations.
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