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Manche
Antoine Maquerel : toujours un challenge à relever

Organisation du travail et bonne gestion technico-économique permettent à Antoine Maquerel (Manche) de tirer son épingle du jeu avec un atelier de 200 truies.

© EC

A27 ans, Antoine Maquerel analyse la production porcine avec optimisme, même si tout est loin d’être rose dans la filière. Installé en EARL, avec son père Christian, à quelques encablures de Saint-Lô, sur la Chapelle Enjuger, il valorise 200 truies “naisseurs-engraisseurs” en Label Rouge. À la clé, 17 bandes par an.

Filière organisée
Le porc, c’est une passion pour Antoine. “Une production très technique, notamment en génétique. J’aime aussi le côté évolutif ; ici, nous avons toujours un challenge à relever tant sur les points parfois négatifs que sur les positifs. Par ailleurs, la filière est organisée ce qui permet de programmer les charges de travail longtemps à l’avance”. Côté atelier, celui-ci a doublé en 2008 lors de l’arrivée d’Antoine. “Cela n’a pas été sans difficulté pour obtenir le doublement de l’atelier”. Aujourd’hui, la mise aux normes “bien être” des truies est effectuée : moitié sur paille, l’autre sur caillebotis. L’engraissement étant, lui, sur paille. “Pour d’autres éleveurs, la situation est loin d’être simple. Cette mise aux normes implique, les truies étant en groupe, une augmentation de la surface ou une réduction du nombre de femelles, l’éleveur, financièrement, est pénalisé d’une manière ou d’une autre”.

Maîtriser les coûts
En optant pour la filière Label Rouge, Maquerel père et fils (ils emploient aussi un apprenti) ont choisi un débouché sûr en partenariat avec la Cooperl-Arc Atlantique. “Notre production est commercialisée au niveau régional par le groupe Intermarché”. Sortir du porc charcutier ne pose pas de difficultés, encore faut-il dégager de la marge tout en veillant à la sécurité sanitaire. “Nous avons choisi de produire nos céréales, de les apporter à la coop. Elles sont transformées puis rapatriées sur l’exploitation. Cela permet de mieux maîtriser le poste aliment  et de récupérer la perte sur le prix”. Bien sûr les porcs Label Rouge  sont mieux rémunérés, mais comme le souligne Antoine, “ils restent plus longtemps dans les bâtiments, donc consomment plus”. La principale priorité d’Antoine, par ailleurs vice-président des JA en charge de l’installation, c’est une meilleure rémunération de la production. “Il faut arriver à pérenniser la filière, à progresser sur la commercialisation. Actuellement, la fixation du prix s’effectue sur l’offre et la demande. Intégrer des indices en fonction du coût des matières premières et de l’énergie semble intéressant”. L’avenir, Antoine le voit avec sérénité. “Voici quatre ans, des ateliers ont fermé. La production a baissé. Des places existent pour valoriser des volumes en engraissement”. Un bémol, le parcours du combattant rencontré par les producteurs en Manche pour les autorisations d’exploiter. “Ici, seul un voisin s’est opposé à l’extension lors de mon installation. Je pense cependant que l’image du porc s’améliore. En quelques années, les éleveurs ont fait d’énormes efforts en maîtrisant tous les rejets des ateliers et en dialoguant”.

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