Après la canicule, la ressource en eau résiste-t-elle ?
Après un épisode caniculaire qu'a connu le département de la Manche les 25, 26 et 27 mai, le préfet de la Manche, Marc Chappuis, fait le point sur la ressource en eau. Les mesures de sobriété
Le premier " comité ressource en eau " de l'année 2026 a été réuni par le préfet de la Manche, Marc Chappuis, le 24 mars pour préparer l'ensemble des partenaires de la gestion de la ressource en eau à d'éventuelles tensions. Depuis le début de l'année, la pluviométrie n'est pas au plus fort. Par exemple, en janvier et février, dans le centre Manche, 121 et 174 mm d'eau ont été recensés quand il en est tombé 53 mm en mars, 10 mm en avril et 52 mm en mai. Certes, les orages de ces derniers jours ont rempli à certains endroits les pluviomètres.
Moins dégradée qu'en 2025
Au 1er juin, les nappes profondes affichent des niveaux proches de la normale, alors que les nappes peu profondes pâtissent d'un déficit de précipitation depuis le début du printemps, particulièrement marqué pour le mois d'avril. La situation des nappes est cependant moins dégradée qu'à la même période en 2025
" La Manche reste un territoire hétérogène marqué par la présence d'aquifères profonds, de nombreuses petites nappes, et des rivières très réactives aux conditions météorologiques ", souligne le représentant de l'Etat. L'indice d'humidité du sol est un critère essentiel d'évaluation d'une potentielle sécheresse : il renseigne notamment sur la disponibilité en eau pour la végétation, mais aussi sur la capacité des sols à participer au soutien d'étiage des cours d'eau.
Un rebond à chaque pluie
Concernant les cours d'eau, les fleuves et rivières de la Manche sont très réactifs aux précipitations et dépendent directement du soutien d'étiage que procurent les sols avec leur capacité plus ou moins forte à stocker de l'eau. Ainsi, chaque épisode de pluie permet un rebond rapide mais de courte durée des débits des cours d'eau ; chaque épisode chaud et sec réduit en revanche la capacité à soutenir l'étiage assure par les sols.
Début juin, il est constaté la baisse continue des débits des cours d'eau, à un rythme plus rapide que les normales de saisons : les cours d'eau sont globalement tous qualifiés de " sec " ou très proche de cette tranche statistique. L'épisode caniculaire de fin mai a amplifié cette baisse et a pu avoir un impact - difficilement quantifiable - sur l'activité agricole et ses rendements à venir.
Le seuil sécheresse pas encore franchi
Bien que désormais assez proches, les seuils qui imposeraient de placer le département en " sécheresse " ne sont pas franchis. La météo des semaines à venir sera déterminante pour le maintien des débits des cours d'eau et de l'humidité des sols, et retarder autant que possible d'éventuelles mesures de gestion.
Des mesures de sobriété
Le préfet de la Manche souligne la nécessité " des mesures de sobriété ", mises en œuvre lors des précédentes périodes de tension et sécheresse. " Chaque effort de sobriété aujourd'hui permet d'éviter ou retarder les mesures futures de restriction des usages ", prévient Marc Chappuis.
Rendez-vous sur le site https://vigieau.gouv.fr/ pour consulter les données et la situation du territoire, de connaître les éventuelles mesures de restriction en période de sécheresse, et de bénéficier de conseils pratiques pour réduire sa consommation en eau toute l'année.