Céréales
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026 à Nancy. Tous les regards étaient tournés vers l'avenir, notamment la réforme de la PAC et la présidentielle de 2027.
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026 à Nancy. Tous les regards étaient tournés vers l'avenir, notamment la réforme de la PAC et la présidentielle de 2027.
Perte de compétitivité, blocage du détroit d'Ormuz, hausse des coûts de production, difficultés à lever les contraintes réglementaires et les surtranspositions sur les moyens de production, accès à l'eau, impacts du réchauffement climatique... La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB. Une grande séquence a d'ailleurs été consacrée à décrypter les causes de ces trois années noires que viennent de traverser les céréaliers, en particulier les "scopeurs" de l'Otex 15. "C'est encore miraculeux qu'on parvienne encore à produire à des coûts acceptables et à exporter malgré tous ces boulets au pied", s'est en substance étonné Quentin Mathieu, responsable Entreprise et Prospective économique au think-tank Agridées.
"Donner une vision"
Loin de s'apitoyer, les céréaliers qui redoutent cependant une quatrième année dans le rouge, cherchent des solutions de court, moyen et long terme pour redresser la barre.
L'AGPB a ainsi mis en place " dix groupes de travail ", a annoncé son président, Eric Thirouin.
Leur réflexion devrait déboucher dans les prochains mois "sur des solutions pour les 30 prochaines années". Après les "30 glorieuses " et les "30 laborieuses", il n'ose penser à un éventuel retour aux "30 merveilleuses". À l'image du grand témoin de ce congrès, le général Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major des armées, Eric Thirouin espère que les politiques sauront anticiper et "donner une vision" pour la France. Des pistes existent comme la hausse des prix d'intervention qui, si l'on tenait compte de l'inflation, pourraient être portés à 170 euros/tonne a minima ou encore l'augmentation de la part des biocarburants dits de première génération pouvant être comptabilisée dans les carburants routiers. Ils sont actuellement de 7 %.
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Les porter à 8 ou 9 % permettrait de sécuriser les marchés et de soutenir les prix, a indiqué le président de l'AGPB pour qui la solution serait forcément " combinatoire ". d'autant que la concurrence est rude sur les marchés internationaux. "Le Brésil produit près de 22 fois plus d'éthanol (340 millions d'hectolitres) que la France (16 Mhl)", a précisé Alexandre Haack, président de bioéthanol France, "dans des conditions sociales, fiscales et environnementales différentes" a-t-il souligné. Comme le bouquet d'énergies, la contractualisation "fait partie du panel", a renchéri Philippe Dubief, vice-président de l'AGPB. Il propose notamment des contrats pluriannuels avec des prix planchers qui seraient indexés sur quelques critères prédéfinis (inflation, aléas...).
" La bête n'est pas morte "
Faut-il attendre des politiques, en particulier des candidats qu'ils défendent le dossier agricole lors de la prochaine élection présidentielle ? Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et les cinq présidents des associations spécialisées grandes cultures* aimeraient le croire.
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En plus des combats idéologiques à mener contre les acteurs de la décroissance ("La bête n'est pas morte", a indiqué Arnaud Rousseau à propos du Green Deal), il va falloir que le futur chef de l'État "porte une vision de l'agriculture" ont soutenu les intervenants. En premier lieu, la loi d'urgence qui nécessite encore beaucoup d'ajustements et de correctifs sur le volet eau et "surtout sur le volet phytosanitaire" ont martelé les intervenants.
Tous ont plaidé pour la reconnaissance mutuelle des produits phyto- pharmaceutiques.
"Il faut obliger l'Anses à justifier ses refus de cette reconnaissance", a exigé Eric Thirouin qui ne veut pas entendre parler non plus du registre phyto numérique. "On sait que les ONG environnementales pourraient faire de ces données", s'est-il inquiété. Il restera à l'exécutif à défendre le dossier français de la Politique agricole commune, aujourd'hui très loin des attentes des agriculteurs. Comme l'a bien résumé Benjamin Lammert reprenant la citation de Flavius Vegetius Renatus : "Si vis pacem, para bellum. Si tu veux la paix prépare la guerre".