Aller au contenu principal

Gestion
Arrêter l'activité productive suite au découplage

Le découplage des aides permet de percevoir un revenu sans production.

.
.
© DR

Certains agriculteurs se posent la question d'un arrêt complet de l'activité productive sur leur exploitation. Cette décision doit être prise en mesurant bien toutes les conséquences directes et indirectes d'un tel choix. Le référentiel découplage, outil créé par les Chambres d'agriculture, propose une méthode de réflexion pour accompagner l'agriculteur qui envisage une telle orientation.

Evaluer le revenu sans activité avec l'EBD
Il faut bien définir le revenu dégagé par une exploitation en arrêt. En aucun cas, le revenu procuré par un arrêt de production sera égal à l'ensemble des DPU activés. En effet, pour percevoir les aides découplées, l'agriculteur ne doit pas forcément produire mais doit de toute façon respecter les règles de la conditionnalité.
Sans production, l'agriculteur doit assurer sur l'exploitation un entretien minimum de son foncier, ce qui génère donc des charges. La première démarche consiste donc à faire un calcul rapide de son EBD (excédent brut découplé). Cet EBD est obtenu par différence entre les aides découplées et les charges qui existent toujours même sans production (entretien, fermage, MSA…). Voir l'article sur l'EBD dans l'AN du 20 septembre.
A l'issue de ce calcul rapide, l'exploitant saura si l'arrêt de production permet ou non de dégager un revenu.

Etudier la faisabilité de l'arrêt de production
Dans l'affirmative, la faisabilité d'un arrêt complet de l'activité dépendra surtout en grande partie du solde final résultant de la liquidation des actifs (matériel, équipements, animaux), puis du remboursement anticipé des emprunts. Suivant les cas, si la vente des actifs permet de rembourser toutes les dettes (financières et fournisseurs), l'exploi-tant aura à sa disposition un capital disponible (figure ) qui se rajoutera à l'EBD.
Inversement, l'agriculteur aura la nécessité de poursuivre le remboursement d'emprunt si la vente de ces actifs ne suffit pas à rembourser les emprunts en cours. Dans ce cas, une partie de l'EBD servira à couvrir les annuités restantes et la faisabilité d'un arrêt de production peut sembler plus délicate (figure ).

Construire un compte d'exploitation prévisionnel d'arrêt de production
Le calcul de l'EBD et du revenu disponible en arrêt complet de production fournit des repères permettant d'avoir une première approche des conséquences d'un arrêt de production.
La décision d'arrêt total de la production ne pourra être prise qu'après la construction d'un compte prévisionnel adapté à l'exploitation. Il faudra se pencher en particulier sur les éléments suivants :
- entretien des surfaces : les charges seront différentes selon le matériel conservé, l'offre de service locale, le temps de travail disponible et le niveau d'entretien que l'on souhaite ;
- de même, il faudra étudier les postes “assurance”, “honoraires”, “MSA”…

Prendre en compte les conséquences non chiffrables
La pérennité des produits découplés dépend de facteurs totalement extérieurs à l'exploitation agricole (budget européen, nouvelles orientations de la PAC, choix de mise en œuvre en France…). Un “bilan de santé de la PAC” est prévu en 2008. Plusieurs options sont possibles : continuité des systèmes, uniformisation, découplage total. A noter que, en cas de découplage total, les agriculteurs ayant stoppé leur activité courent le risque de ne pas voir leurs DPU revalorisés.
Michel LAFONT  -Guillaume GAUTIER LAIR
Chambres d’Agriculture
de Normandie et de la Manche
Fiche n°7 du référentiel découplage

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Fin septembre, une étape importante a été franchie : "Les deux conseils d'administration ont approuvé le projet de traité de fusion 
Fusion Agrial-Terrena : on entre dans la dernière ligne droite
Après un an de travail, le projet de traité de fusion d'Agrial et de Terrena a été validé par les deux conseils d'administration.
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
Publicité