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Asperges installation verte en ville

Céréalier dans l’âme, François-Xavier Hupin s’est orienté vers le maraichage pour pouvoir s’installer. Aux portes de l’agglomération de Caen, les terres disponibles sont rarissimes. Le jeune agriculteur mise également sur la valeur ajoutée avec la culture d’asperge.

Des parents installés en grandes cultures, un bac pro agroéquipement et un BTS production végétale ne prédestinaient pas François-Xavier Hupin au maraichage. Mais l’urbanisation croissante autour de Caen a eu raison de ses projets initiaux. “Mes parents cultivent 122 hectares, majoritairement en fermage. Ils perdent en moyenne un hectare par an. La ville grignote l’exploitation. Il y a 10 ans, 8 hectares et le corps de ferme ont disparu au profit d’un joli immeuble. Au départ, je souhaitais trouver une cinquantaine d’hectares pour m’installer avec eux sur la ferme familiale… Avec l’urbanisation, il s’agit d’une mission impossible”.

L’urbanisation : un avantage ?
Dans ce contexte, François-Xavier Hupin a choisi de tirer profit de ces inconvénients. Dans ces logements neufs qui se construisent se cache une clientèle de proximité. “On draine facilement l’agglomération caennaise. C’est l’idéal pour un point de vente directe”.
Outre les clients, le maraichage est également apprécié par la mairie. “Les élus nous ont rencontrés lors de la révision du Plan Local d’Urbanisme. Ils se sont engagés à ne pas impacter le maraichage”.

Installé sur 4 hectares
Le jeune agriculteur loue donc 4 hectares. Pomme de terre, salade, courgette, melon, tomates, aubergines, haricot vert, oignons, choux ou épinards : il y cultive  un total de 26 variétés différentes. “Certaines sont juste des produits d’appel”, précise François Xavier Hupin. En terme de rentabilité, le jeune agriculteur mise sur les asperges vertes. Ils sont seulement six à en cultiver sur le département du Calvados. Ses parents en ont eu l’idée lorsque le grignotage de leurs terres par la ville s’est accéléré. “Le but était de générer du revenu avec moins d’hectares. À l’époque, mes parents ont visité une ferme des Pays de la Loire et se sont lancés en lisant des bouquins. Ils cultivent 2 hectares d’asperges vertes. De mon côté, j’en ai implanté un”.

L’asperge : un légume haut de gamme
Avec des conditions climatiques normales, l’agriculteur peut espérer 5 à 6 tonnes d’asperges à l’hectare. Le légume est ensuite revendu 5 €/kg en direct. Les prix pratiqués semblent alléchants. Ils sont néanmoins à relativiser avec les charges engendrées par cette culture. En effet, l’asperge nécessite 9 saisonniers à mi-temps pendant les 2 mois de récolte, pour 3 hectares. La majorité du travail est effectuée à la main. “Et l’implantation coûte 10 000 euros de l’hectare. La plante commence à bien produire à partir de la quatrième année. L’opération sera à renouveler au bout de 5 ans. Car la durée de vie d’une aspergeraie est de 10 à 15 ans”, ajoute François-Xavier Hupin.
Même s’il reprendra sans doute l’exploitation céréalière familiale, l’objectif est de pérenniser l’activité maraichage. “Quand mon père partira en retraite, j’espère avoir la capacité d’embaucher un salarié à temps plein”.

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