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Associations céréales-protéagineux : des valeurs sûres pour l’autonomie alimentaire

Cette année encore, les Chambres d’agriculture de Normandie ont mené des essais sur les associations céréales + protéagineux pour la production de concentré fermier. Petite synthèse des principaux résultats.

Concentrés pour les éleveurs : une année record pour la féverole !

La ferme vitrine Reine Mathilde, située près de Villers-Bocage (14), accueille depuis 5 ans de multiples essais en AB.Les associations céréales-protéagineux ont été implantées sur des limons argileux, derrière une prairie temporaire, le 21 novembre 2014, sous forme de damier croisant des bandes de protéagineux (féverole, pois fourrager, pois protéagineux, vesce) semées au semoir classique à 60 % de leur dose en pur, avec des bandes de céréales (triticale, orge, seigle, épeautre, blé, avoine) semées à la herse étrille équipée d’un semoir, à 180 grains/m². La récolte a eu lieu le 7 septembre 2015. Le seigle et le triticale ont très mal levé, ce qui a pu pénaliser leur rendement et leur proportion dans les associations. En revanche la féverole Iréna a été très productive (71 q/ha en pur !) et a nettement pris le dessus sur les céréales compagnes avec lesquelles elle était associée.

Ce que l’on peut retenir pour cette année

- Pour les associations à base de féverole (54 q/ha et 28 % protéines en moyenne).La féverole ayant été très productive, les associations à base de féverole (où elle représente 90 % du rendement !) ont été les plus productives et les plus riches en protéines. A noter : la féverole est un peu moins présente lorsqu’elle est associée avec l’avoine.
- Les associations à base de pois fourrager (36 q/ha et 11 % protéines en moyenne).Le pois fourrager, en partie détruit par les lièvres, est peu présent à la récolte (3 q/ha en moyenne). Les meilleurs rendements, 47 q/ha en moyenne, sont obtenus avec l’avoine, l’épeautre et le blé. Les associations avec le triticale ou le seigle (mauvaises levées), et avec l’orge, sont nettement moins productives (moyenne : 25 q/ha).
- Les associations à base de pois protéagineux (40 q/ha et 15 % protéines en moyenne).Le pois protéagineux arrive à maturité plus tôt que la plupart des céréales d’hiver. Seule l’orge s’associe très bien au pois protéagineux (hauteur et maturité conjointe). Néanmoins, malgré ce que l’on aurait pu penser, et malgré une moisson très tardive pour ce pois, à la récolte, il reste bien présent dans l’ensemble des associations. Les meilleurs rendements, 48 q/ha en moyenne, sont obtenus avec triticale et avoine. A noter : les rendements en orge ont pu être impactés par la récolte tardive.
- Les associations à base de vesce (27 q/ha et 15 % protéines en moyenne).La vesce, est présente à hauteur de 30 % lorsqu’elle est associée avec le blé (attention : tri difficile !), le seigle, et le triticale. En revanche, elle est très peu présente dans les associations à base d’orge et d’avoine. L’association orge-vesce semble inadaptée : elle réalise le plus petit rendement de l’essai (12 q/ha), ce qui n’est pas surprenant (fort décalage de maturité et de hauteur).

Le lupin d’hiver en Normandie : c’est possible !

Le lupin blanc d’hiver étant une culture très salissante, elle décourage certains éleveurs d’en produire. Or, sursemer des céréales dans du lupin permet de produire du lupin tout en limitant son salissement. Les essais menés depuis 2 ans montrent qu’en sursemant à la herse étrille des céréales deux mois après le semis des lupins permet de produire une association propre et facile à trier.Cette année, le constat a été que le lupin pur était très sale contrairement aux bandes avec des céréales. L’orge a été récoltée en surmaturité par rapport au triticale et au blé. L’association lupin + blé a produit 67 q/ha (graphique ci-dessous). Les céréales ayant été jusqu’alors semées à 60 % de leur dose en pur, les prochains essais 2015-2016 auront pour but de travailler la densité de semis de celles-ci pour maximiser la production de lupin tout en contenant le salissement de la parcelle. Affaire à suivre !

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