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Calvados
Assolement 2013/2014 : pensez loin, pensez lin

Les assolements 2013/2014 sont en pleine réflexion. “Pensez lin” invitent les structures linières du département. Une culture qui, en moyenne lissée, dégage le meilleur revenu hectare. Une culture aussi, meilleur précédent à blé.

© TG

Le lin, c’est de la plus-value financière à l’hectare : plus de 2 000 e/ha de recette en moyenne lissée sur 5 ans. C’est de la plus-value économique : les meilleurs blés 2013 sont des précédents lin. C’est de la plus-value environnementale :  une culture peu gourmande en intrants (azote et phytosanitaire). C’est de la plus-value en terme d’emplois : 3 unités de teillage dans le département. C’est de la plus-value d’avenir : à côté du textile les matériaux composites à base de lin ont le vent en poupe...
Malgré tous ces plus, la ferme Calvados surfe dangereusement avec la ligne de flottaison.
“Avec 4 900 ha en 2013 contre 7 500 ha en 2010, la viabilité, donc l’avenir de nos outils de teillage, est remis en cause,” s’alarme Marc Vandecandelaere, président du syndicat lin.

4 900 ha en 2013 contre 7 500 ha en 2010
Patrick Berghman (Teillage Vandecandelaere à Bourguébus), Emmanuel Frimout (coop de Cagny) et Henri Pomikal (coop de Villons-les-Buissons) confirment. “Nos usines n’ont plus de stocks de report et nous sommes sur la corde raide. Nous atteignons la limite de viabilité de nos outils de transformation”. En d’autres termes, si la sole lin n’augmente pas en 2014, de réelles difficultés économiques sont à craindre.
Pas question pour autant pour les mousquetaires du lin de s’affranchir de la discipline interprofessionnelle qui consiste à maîtriser les surfaces pour jouer sur l’offre et influer les cours. Mais la situation départementale est atypique. Trop bon élève peut-être ? Alors que l’AGPL (Association Générale des Producteurs de Lin) avait invité ses producteurs à baisser leur surface de 10 %, le Calvados a fait - 20 %. Parallèlement, 3 récoltes successives (2010 - 2011 -2012) médiocres ont freiné certaines ardeurs. 
Enfin, un prix élevé du blé et de bons niveaux prix/rendement en fèverole ont également pesé dans les choix stratégiques des céréaliculteurs. 
“Il faut remettre le lin en tête de ligne”, insiste-t-on donc du côté de Cagny, Villons-les-Buissons et Bourguébus.
Un patrimoine à préserver
La spécificité de cette culture, parfois stressante et qui demande un suivi rigoureux, n’est pas niée par ses protagonistes. “Mais nous disposons dans le Calvados d’un savoir-faire qu’il faut entretenir, voire développer”, insistent-ils. Pas question d’augmenter à outrance les surfaces mais une volonté affichée de ne pas tomber dans la facilité de la culture du blé par exemple. “Le lin est incontestablement rentable à moyen terme (attention à l’interprétation des chiffres sur une seule saison). Agronomiquement indispensable aux autres cultures. Il ne faut absolument pas le stigmatiser et lui donner la place qu’il mérite”, concluent Marc, Henri, Patrick et Emmanuel.
A l’heure des choix 2013/2014, pensez lin, pensez malin et pensez durable. Et si le doute persiste, n’hésitez pas à prendre contact avec les teilleurs, qu’ils soient coopératifs ou privés (voir ci-dessous).

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