Assurance des prairies : le satellite a montré sa fiabilité selon Airbus
Parfois contesté par les éleveurs, l'indice satellitaire de production des prairies (IPP), base de l'assurance récolte, peut montrer des "incohérences ponctuelles ", reconnaît toutefois son concepteur Airbus.
Interrogé au sujet de l'indice de production des prairies (IPP) fourni par Airbus, un porte-parole de l'avionneur français indique que " l'algorithme actuellement utilisé a montré sa fiabilité " depuis son lancement en 2019, même si des " incohérences ponctuelles" restent possibles. Les représentants des éleveurs contestent régulièrement l'évaluation des pertes, mesurée par satellite dans le cadre de l'assurance récolte. " Comme n'importe quel processus de modélisation, l'IPP peut parfois produire des incohérences ponctuelles, liées à la combinaison de milliards de données ", explique-t-on chez Airbus. " Cela ne remet pas en cause l'indice dans sa globalité. " Au niveau national, " les chiffres de l'indice de fin septembre, qui n'ont pas encore été communiqués, montrent clairement que 2026 est une année hors normes ". En raison de la sécheresse historique de cet été, la production des prairies françaises au 30 septembre était inférieure de 42 % à la moyenne 1989-2018, selon Agreste.
Un nombre très limité de contestations
Ces dernières années, Airbus dit recevoir " un nombre très limité de contestations, de l'ordre de quelques dizaines par an ". Et d'ajouter que " la plupart d'entre elles sont liées à une incompréhension du mode de calcul de l'indice ". Un ordre de grandeur comparable à celui avancé par la ministre de l'Agriculture au Space de Rennes. " Un système qui produit dix réclamations, ce n'est pas un système qui dysfonctionne ", avait-elle lancé le 15 septembre.
Pour rappel, l'IPP, disponible au niveau communal, est publié trois fois par an : en juillet, septembre et novembre. Sous pression des éleveurs, la ministre de l'Agriculture vient d'ailleurs d'ajouter une quatrième parution, en octobre. "Lorsqu'il est constaté que l'indice réagit de manière surprenante, dans l'attente d'une évolution de l'indice, le résultat peut être ajusté de manière à attribuer une mesure de perte cohérente pour l'éleveur", dit-on chez Airbus. Et d'ajouter que les différences constatées entre l'indice satellitaire et les données de terrain ne sont pas forcément en défaveur des agriculteurs.
Deux satellites scrutent les prairies
L'avionneur rappelle aussi que l'indice de production des prairies est calculé à partir des mesures réalisées quotidiennement par deux satellites du programme européen Copernicus (Sentinel-2 et Sentinel-3). Au-delà du développement de la végétation, l'IPP prend en compte d'autres paramètres (occupation des sols, altitude, pente, orientation des parcelles, données météo). Depuis la réforme de la gestion des risques de 2023, cet indice sert à l'évaluation des pertes des prairies pour les agriculteurs assurés et non assurés. Mais l'IPP existe depuis 2016. " Il y a plusieurs années, sous l'impulsion du gouvernement, les assureurs nous ont demandé de développer un indice permettant de mesurer la pousse de l'herbe à partir des images satellite ", retrace-t-on chez Airbus.
Dix ans de recherches
Lancée en 2019, la version actuelle de l'indice a été " validée par le comité des indices ", souligne l'avionneur. L'IPP est le fruit de " dix ans de recherches ", notamment en partenariat avec des instituts agricoles (Inrae, Idele). Avant son lancement, ses résultats ont été comparés avec ceux obtenus dans " une centaine d'exploitations agricoles ", avec " 100 % de confirmation ", selon Airbus. Une confrontation avec le terrain qui sera bientôt renouvelée. " Nous attendons les données certifiées des 350 fermes de l'Observatoire national de la pousse de l'herbe ", lancé en 2024 et piloté par les chambres d'agriculture. Évoqué par Annie Genevard au Sommet de l'élevage le 8 octobre, ce travail sera " communiqué au plus tôt, en toute transparence ", a-t-elle promis.