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Assurance Prairies : c'est parti

Question à Bertrand Jacqueline )Responsable commercial agricole de Groupama Centre Manche).

© TG

Vous avez annoncé le lancement de l'assurance Prairies à Groupama. Pouvez-vous nous en donner son contexte ?
Le lancement de l'assurance Prairies correspond à la dernière brique de l'assurance Multirisques Climatiques sur Récoltes. En effet, après avoir permis l'assurance des grandes cultures, de l'arboriculture et de la viticulture, la filière élevage (bovins, équins, ovins, caprins) peut enfin assurer la production de ses prairies.

Comment cela fonctionne- t-il ?
Ce nouveau contrat d'assurance a pour objet de sécuriser le besoin fourrager nécessaire à l'alimentation du cheptel. Il couvre les pertes de quantité dues à un aléa climatique tel que la sécheresse. Pour se garantir, nous partons des données individuelles de chaque exploitation. En prenant en compte, le nombre d'UGB de l'élevage, nous arrivons à déterminer la quantité en tonnes de matière sèche nécessaire à la ration du troupeau.
Ceci fait, en déduisant la quantité produite, par exemple, par le maïs ensilage, nous isolons  la portion qui doit être produite par les prairies. Ainsi chaque éleveur peut estimer la composition du besoin fourrager de son cheptel et sa dépendance à celle produite par la prairie.

Et ensuite ?
Par la suite, nous importons le parcellaire propre à l'exploitation, ceci nous permet d'identifier les zones fourragères dans lesquelles les prairies (permanentes, temporaires ou artificielles) se situent. Nous sommes alors en capacité d'approcher les risques climatiques sur ces prairies et d'analyser les écarts de production herbagère sur les douze dernières années car l'assurance Prairies est indicielle et nous avons un historique complet. Chaque éleveur est à même de le faire directement sur notre site dédié www.assurance-prairies.fr

Qu'entendez-vous par assurance indicielle ?
Les prairies présentent des particularités qui ne permettent pas d'utiliser le schéma d'assurance de la multirisque climatique des cultures de vente comme les céréales, l'évaluation des rendements de référence et l'expertise des pertes sont complexes.
En effet, la présence de plusieurs cycles de production au cours d'une année, la consommation quotidienne de ce qui est produit (pâturage), l'absence de comptabilisation de la production (production non vendue) sont des facteurs qui réduisent notre capacité  à estimer quantitativement leur production et qui rendent les expertises humaines lourdes et compliquées.
Ces caractéristiques ont conduit Groupama à construire un produit utilisant un « indice de production », capable d'évaluer les écarts de production herbagère par rapport à un historique dans des zones géographiques agronomiquement homogènes et pertinentes. Cet indice est calculé par télédétection avec usage de satellites et des données tous les 10 jours.
Depuis maintenant 10 ans, grâce à notre réseau d'administrateurs, nous avons pu vérifier la fiabilité de la corrélation des pertes calculées par la télédétection et celles du terrain.

Vous nous avez indiqué le fonctionnement du contrat, quel en est son prix ?
La cotisation d'assurance varie selon le capital assuré (qui dépend du nombre de tonnes de matière sèche à couvrir et au prix en euro/tonne) et la zone fourragère.
Au même titre que le contrat socle pour les grandes cultures, avec un seuil de 30 % et une franchise à 25%, la cotisation est subventionnable à 65 % par les Pouvoirs Publics.
A titre d'exemple, pour une exploitation du département, avec un cheptel de 80 UGB (déclaration EDE) dont la ration est 100 % herbe sur 50 hectares de prairies, nous arrivons à une cotisation, nette de subvention de 280 euros... soit moins de 6 euros par hectare, ou l'équivalent d'un rachat de 2 tonnes de matière sèche à 140 euros la tonne...

Trouvez-vous ce prix raisonnable ?
Oui, même si je sais que comme toutes cotisations, c'est un coût pour l'exploitant. Cependant, au vu de la conjoncture actuelle, je n'ose imaginer l'impact financier qu'aurait un aléa climatique, touchant les prairies, sur la trésorerie de l'exploitation.
Comme on le dit souvent, mieux vaut prévenir que guérir, et selon moi, l'assurance prairie est un moyen efficace de protéger la ration de son cheptel, et du coup son exploitation.

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