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Fourrage
Assurer un appoint fourrager avec des dérobées

La pousse de l’herbe ayant été particulièrement réduite en ce début d’année, certains éleveurs ont besoin de reconstituer des stocks de fourrage. Différentes possibilités existent, que ce soit pour une récolte d’automne ou de printemps.

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© DR

Les critères de choix
➢- Choisir les espèces et les variétés en fonction de la date de récolte (automne ou fin d'hiver).
➢- Choisir une espèce bien adaptée au mode de récolte (pâturage, affouragement ou ensilage). Les dérobées sont souvent pauvres en matière sèche, donc peu adaptées à l'ensilage (sauf les graminées).
➢- Attention à l'état des sols, notamment en cas de pâturage. Le piétinement des animaux peut dégrader la structure du sol et provoquer des tassements.
➢- Attention à ne pas pénaliser la culture suivante par une récolte trop tardive. La dérobée aura puisé l'eau du sol et les réserves ne se reconstitueront pas si le printemps est sec.

Les fourrages de substitution
➢- Le colza fourrager
Sa croissance est rapide, il peut être semé après un ensilage de céréales. C'est un fourrage appétent, énergétique et riche en matière azotée. Attention cependant à le rationner (maxi 40 % de la matière sèche de la ration) et à l'associer à un fourrage grossier pour éviter les risques de météorisation.
Variétés : pour une récolte d'automne, choisir une variété de type printemps, à croissance rapide. Pour une récolte plus tardive, choisir un type hiver, résistant au froid.
En jouant sur les dates de semis et les variétés, il est possible de constituer une chaîne de pâturage en automne et hiver (semis tous les 30 jours, prévoir 35 ares par mois pour 10 vaches).

➢- Le chou fourrager
C'est un fourrage riche en énergie, en matière azotée et en calcium. Sa récolte peut s'effectuer sur plusieurs mois sans que sa digestibilité diminue. Comme pour le colza fourrager, limiter sa consommation.
Variétés : les moëlliers et demi-moëlliers ont des bons potentiels de rendement mais sont sensibles au gel. Les choux de type cavalier ont une plus grande résistance au froid.

➢- Le ray-grass d'Italie
Sa croissance est rapide. Son association avec du trèfle incarnat est intéressante sur le plan alimentaire et agronomique. Par contre, il a besoin d’eau pour se développer.
En association avec du trèfle : ray-grass 8 à 10 kg et trèfle 12 à 15 kg.
Variétés : en semis d'été ou d'automne, choisir de préférence des variétés alternatives (croissance rapide), sauf si c'est une pâture qui est prévue.

➢- Le sorgho fourrager
C’est une plante qui supporte bien la sécheresse, et dont la croissance est rapide.
Par contre, le sorgho a besoin de chaleur pour se développer, il faut donc le réserver aux parcelles bien exposées et le semer très tôt (après une récolte de méteil ou d’orge par exemple).
Attention, ne pas faire pâturer avant que la plante ne fasse 60 cm de haut (présence d’une substance toxique pour les animaux). Cette substance est éliminée quelques heures après la fauche.

- Un mélange     céréale/légumineuse
Plusieurs mélanges sont possibles : seigle + vesce, seigle + trèfle d’Alexandrie, seigle + trèfle incarnat, avoine diploïde + vesce.
Il est également possible de semer du seigle ou de l’avoine pour une pâture en février-mars.
Nathalie POISSON 
Chambre d'Agriculture de la Manche
npoisson@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

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