Aller au contenu principal

Astrid Granger : « il faut s’engager, être fier de le faire »

llll Installée à Vaubadon en polyculture élevage avec un troupeau de Charolaises, Astrid Granger est membre des Foulards Noirs, un mouvement d’agricultrices et de femmes d’agriculteurs mobilisées au printemps 2016 pour exprimer leur colère face à la crise agricole. Elle est également engagée dans le mouvement des Jeunes Agriculteurs.

© DB

>> Comment communiquez-vous avec l’extérieur, vos voisins par exemple ?
J’ai ouvert mes portes dans le cadre de « Bienvenue chez les agri’s » organisé par les JA en 2017.  Avec Interbev, j’ai aussi reçu des élèves de l’école d’Evron. J’ouvre ma ferme quand on me le demande.
Je suis toujours contente d’avoir un avis extérieur, ça permet de se remettre en question. J’ai un chemin qui longe mes parcelles, les gens de la commune me demandent ce que je fais, on discute.
Je traite soit très tôt le matin soit très tard parce que c’est plus efficace et ça évite d’être en pleine journée avec le pulvé dans le champ quand les gens se promènent. D’ailleurs parfois, je pulvérise des macérations de plantes !

>> Comment vivez-vous l’agribashing ?
Je le vis très mal. On fait un amalgame de petites choses, on montre des images-chocs, mais on ne regarde pas ce que fait la profession. On va vers un respect de l’environnement et de l’animal bien plus qu’il y a vingt ans. Les jeunes de mon âge, on est conscient et on a envie de s’améliorer. Mais c’est tout le temps des coups de bâton.

>> Avec le mouvement des Foulards Noirs, vous avez été médiatisée. Avez-vous pu vraiment vous exprimer ?
Mes propos n’ont jamais été déformés, ils ont toujours été bien relayés. Sur le plateau de France 5, c’était intéressant, on m’a mise à l’aise. Avec la presse écrite, c’est une relation régulière. Récemment, une journaliste de presse locale m’a proposé de parler de mon groupe sol. Les télés ne sont là que quand elles ont un intérêt par rapport à l’audimat, elles ne viennent que quand c’est chaud.

>> Comment expliquez-vous l’intérêt que les médias vous ont témoigné durant le mouvement ?
J’ai une facilité de communication grâce à mon père qui est un politique. Je l’ai beaucoup écouté : ne jamais s’emballer, s’exprimer clairement. Ça aide, les médias aiment quand ça sort facilement.  En plus, je suis une femme et je dirige moi-même mon exploitation.

>> Quelles solutions pourraient être mises en place pour donner une image plus juste de la profession?
Il faut régulièrement ouvrir nos portes. Quand les gens voient et vivent cette réalité, ils ne réagissent pas de la même manière que si ça passe par les médias.  J’ai récemment regardé un épisode de « L’Amour est dans le pré » ; un agriculteur se comporte mal et son exploitation n’est pas tenue correctement. Ça donne une image négative de toute la profession.

>> Autre sujet : vous vous êtes investie dans l’Afdi mais aussi en aidant un de vos collègues dont la ferme a brûlé. Quelle place la solidarité a-t-elle dans votre vie professionnelle ?
Avec l’Afdi, je suis allée au Cambodge pour rencontrer des agriculteurs et expliquer le parcours installation français. Et j’ai accueilli deux Cambodgiens en juin. Si je peux être utile à cet endroit-là, tant mieux et moi, ça m’apprend plein de trucs. Pour Pierre Laigneau, on a monté un collectif avec des JA quand sa ferme a brûlé fin 2015.
On lui a donné de la paille pour passer l’hiver et un collègue a accueilli ses bêtes. Quand je me suis installée, je ne connaissais personne, c’est grâce aux JA que j’ai fait des super rencontres. Il faut s’engager, être fier de le faire. Heureusement qu’il y a des gens qui le font.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Publicité