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Désherbage de rattrapage des céréales
Attention aux stades et aux DAR

Les céréales sont en pleine montaison. Actuellement entre épi 1 cm et 1 nœud, le stade limite d’intervention pour la majorité des herbicides sera bientôt atteint (2 nœuds).

C’est le cas pour les antidicotes à base d’hormones et les sulfonylurées antigraminées notamment. Au-delà du stade 2 nœuds, des effets dépressifs sur le rendement sont possibles et les efficacités sont souvent insuffisantes.
Toutefois, en cas de re-salissement des parcelles, quelques spécialités sont encore utilisables au-delà du stade 2 nœuds, jusqu’à dernière feuille / gonflement.

Avant ou après 2 nœuds, quelles sont les solutions de rattrapage possibles ?
D’une façon générale, pour du désherbage tardif avant 2 noeuds, les produits à base d’hormones sont généralement d’une meilleure efficacité sur plantes développées que les sulfonylurées et surtout que les produits de contact.
Avant chaque application, il faut s’assurer que la date d’application est compatible avec le délai avant récolte (DAR). Les valeurs de DAR figurant dans le tableau sont indicatives, il faut bien vérifier les indications portées sur les étiquettes avant l’application. Par ailleurs, après 2 nœuds, vérifier l’homologation du produit à ces stades tardifs. Par exemple, bien vérifier les DAR des spécialités à base de métulfuron méthyle (pas de DAR pour certaines spécialités ou 90 jours pour d’autres, …) et les points particuliers sur leurs utilisations.

Quelques repères peuvent aider dans la prise de décision:
- Les adventices restées dans les cultures depuis l’hiver comme les véroniques ou les pensées, sont généralement à des stades trop développés pour être détruites facilement. A ce stade, leur nuisibilité est essentiellement indirecte (semences pour les cultures suivantes). Il est inutile de les cibler.
- Les gaillets peuvent être encore visés. A des stades développés, il est préférable de choisir des produits à base de fluroxypyr (Starane 200, Kart) qui seront plus efficaces sur gaillets développés que des spécialités à base de sulfonylurées. Le fluroxypyr apportera également une bonne efficacité sur les renouées.
- Les levées tardives de renouées, peuvent être traitées jusqu’au stade deux nœuds des céréales avec des produits à base de MCPP-P. Au-delà de ce stade, les risques de phytoxicité graves (stérilité des épis) sont élevés.
- Sur les graminées annuelles comme le vulpin, le ray-grass et les bromes, les applications tardives d’herbicides donnent des résultats aléatoires, avec au mieux des adventices bloquées temporairement, mais qui risquent néanmoins de monter à graines. Seule la folle avoine peut être bien maîtrisée au-delà de 2 nœuds et avant dernière feuille étalée du blé, avec des spécialités à base de clodinafop (Celio, Vip) ou Fénoxaprop (Puma S, Energy Puma, mais attention au délai avant récolte de 75 j !).
- Les chardons peuvent être traités avec des spécialités à base d’hormones ou de sulfonylurées (metsulfuron). Là aussi on évitera les interventions au-delà de 2 nœuds pour les hormones, dernière feuille pointante pour les spécialités type Allié, Allié Max SX, Allié Star SX, Allié Duo, Caméo, Harmony Extra. Si la culture a franchi ce stade, il est préférable de reporter l’intervention à la chute des étamines avec du Chardex (uniquement sur blé tendre d’hiver et blé dur d’hiver – ne pas appliquer en production de semences).
- Contre les rumex, le plus efficace est d’intervenir au stade cigare (hampe florale enroulée dans les feuilles). Si les hormones (Ariane, Bofix) sont efficaces, le stade d’intervention avant 1-2 nœuds de la céréale est souvent un peu trop précoce, avec des rumex de seulement 15-20 cm, insuffisamment développés. En cas d’infestation importante, il est préférable d’utiliser des produits à base de fluroxypyr ou des sulfonylurées à base de métsulfuron applicables jusqu’à dernière feuille étalée.
- Contre le chiendent, après 2 nœuds, il n’existe pas de solution efficace. Jusqu’à 1-2 nœuds, il est possible d’intervenir avec du Monitor.
Avant toute application, tenez compte de l’éventuel risque de rémanence sur une culture suivante sensible (légumes, couverts…).
Attention aux amplitudes thermiques qui peuvent être élevées en cette saison. Rappelons que les traitements doivent être réalisés par hygrométrie élevée (> 70 %, mesurable à l’aide d’un hygromètre) et température inférieure à 20°C, le matin par exemple.

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