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Orne
Au GAEC du Marchis : aux normes bien-être truies gestantes depuis 2007

La mise aux normes bien-être des bâtiments truies gestantes n’a pas posé de problème particulier à Dominique Jouandet. Le responsable de la section porcine de la FDSEA de l’Orne s’interroge cependant sur la problématique “caillebotis”.

© TG
Selon une enquête DRAAF menée de janvier à avril 2012, 12 % des porcheries françaises sacrifieraient leur activité naissage sur l’autel de la mise aux normes truies gestantes. La Basse-Normandie se situe nettement au dessous avec seulement 6 %. La Bretagne légèrement au dessus : 13%. “Arrêter le naissage ne constitue pas une solution perenne. Cela aurait pour conséquence une flambée du prix du porcelet. Parallèlement, l’approvisionnement ne serait plus garanti et le risque sanitaire lié aux importations serait augmenté”, estime Dominique Jouandet, associé du GAEC du Marchis à Beaulieu, dans le sud est de l’Orne.

Suite au bilan décennal
La date couperet du 31 décembre 2012 est connue depuis 10
ans. Au GAEC du Marchis, on l’a anticipée. “C’est historique et notre système n’est pas forcément reproductible partout,” prévient prudemment Dominique Jouandet.
C’est suite au bilan décennal d'activité réalisé en 2005 et à la faveur d’un changement d’organisation que les quatre associés ont franchi ce cap.
Les 490 truies et cochettes sont désormais en liberté et sur litière pendant la gestation. Alors bien sûr, il faut de la paille (environ 400 t/an) produite sur l’exploitation. “Pas de lisier, moins d’odeurs, moins de problèmes de voisinage et du fumier valorisé grâce à notre système porcs/céréales”, argumente Dominique Jouandet.
Le paillage (4 balles rondes par semaine pour 40 truies) se fait manuellement le lundi et le jeudi. “Un travail physique qui n’est pas désagréable mais qui représente un surcoût de main-d’œuvre, reconnaît l’éleveur. Sans paille, nous pourrions quasiment économiser un poste”.
Le curage au chargeur téléscopique se fait toutes les 3 ou 6 semaines “mais on peut aller jusqu’à 9 semaines. En cas de grand froid, il faut laisser une couche de fumier suffisante”.

Changer un caillebotis pour 2 mm ?
Autre aspect de la mise aux normes, c’est le volet caillebotis. “Une bombe à retardement ?” s’interroge Dominique Jouandet.
Les mesures réalisées des “pleins” et des “vides” font parfois apparaître des différences minimes avec les normes. “Il n’est pas pensable de changer des caillebotis pour une différence de 2 mm mais quelle sera l’attitude des contrôleurs ? Feront-ils preuve de tolérance ou appliqueront-ils strictement la réglementation ?” D’autres problèmes sont quant à eux insolubles avec des normes de “pleins” et de “vides” qui varient en fonction de l’âge du porcelet. Respecter la réglementation obligerait certains éleveurs à construire des salles supplémentaires. “C’est le cas de tous les éleveurs qui gardent leurs porcelets dans le post-sevrage au delà de l'âge de 10 semaines”. En effet, à partir de l'âge de 10 semaines, la partie pleine du caillebotis passe de 50 mm à 80 mm. Combien d'éleveurs sont concernés ? L’administration l’ignore.
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