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Au GDS 14 : Virginie traque les culicoïdes

Chaque semaine, le GDS du Calvados piège des culicoïdes. Cette tâche est méconnue. Les moucherons sont envoyés à Montpellier où un entomologiste se charge de comptabiliser et de reconnaître les insectes. Ce travail concerne l’agriculture car les culicoides sont les vecteurs de la FCO..

© VM

llll Tous les lundis soir, ce rituel est devenu immuable. Au moins une heure avant le coucher du soleil, Virginie Grangiens pose son piège à culicoïdes. Elle le récupère ensuite le mardi matin, une heure après le lever du jour. Ce moucheron est responsable de la propagation de la FCO (Fièvre Catarrhale Ovine). « C’est une mission que nous gérons par délégation pour le compte de la DDPP », précise la technicienne du Groupement de Défense Sanitaire di Calvados. Ce travail est réalisé de novembre à avril.

Un piège dans une ferme du pays d’Auge
Le piège est posé à la ferme de l’Oraille, à Douville-en-Auge. Le lieu reste inchangé. Chaque semaine, la technicienne du GDS renseigne plusieurs éléments : la présence d’animaux à proximité et les conditions météorologiques (les températures, les précipitations, la présence de vent).  « On se doit de garder la même exploitation et le même endroit de piégeage dans la ferme ». Le piège est constitué d’un récipient avec un filtre. Au-dessus, un néon bleu attire les culicoïdes. Un ventilateur les fait ensuite tomber dans un filtre puis  un becher. Ce dernier est rempli d’eau, de savon et d’alcool afin de conserver les insectes.

Des culicoïdes comptés par le CIRAD à Montpellier
Ce contenu est expédié chaque mardi, direction Monptellier. Là-bas, le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) analyse le résultat de cette «chasse». Un entomologiste se charge de comptabiliser tous les culicoïdes des différentes régions françaises. Cette tâche est réalisée à la  loupe binoculaire. Le scientifique se concentre sur le nombre de femelles Culicoïdes pares. C’est-à-dire une femelle qui a pondu. « L’un des objectifs est  d’améliorer les connaissances scientifiques, notamment par rapport aux modes de transmission. Cette surveillance des culicoïdes répond aussi à des exigences européennes », indique Virginie Grangiens.

Un intérêt pour des zones « saisonnièrement indemnes »
Cet observatoire présente également un intérêt en zones réglementées. Dans le Calvados, la question ne se pose pas puisque le département est resté indemne. Mais certaines zones réglementées ont pu voir leurs contraintes assouplies pendant l’hiver. Avec les relevés de températures et d’activité des culicoïdes, elles ont pu être classées en zone saisonnièrement indemne. Cette reconnaissance permet d'alléger les contrôles pour la vente d'animaux d'élevage ou d'engraissement en zone indemne. Les mouvements des culicoïdes sont donc scrutés.  De 1 à 4 femelles pares : une activité des Culicoides est remarquée. Elle demeure cependant en dessous du seuil réglementaire. À partir de 5 femelles, le seuil d'activité est atteint. Ces informations sont alors transmises à la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation). C'est elle qui notifiera les zones saisonnièrement indemne de FCO à partir des résultats entomologiques du réseau de surveillance des populations de Culicoides et de la surveillance bovine qui assure de l'absence de circulation du virus.

L’activité des culicoïdes
Cet hiver, le CIRAD a recensé peu de culicoïdes dans le piège calvadosien.  Avec le retour de températures plus élevées, ces moutisques font leur retour. Plus de 5 femelles pares ont, en effet, été détectées lors du piégeage du 28 mars. Mais, la présence ne rime pas forcément avec la circulation du virus FCO.

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