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Porcs
Au Gué Botterel, on a le TRAC

Pas facile de s’agrandir dans le cochon. Sébastien et Anthony Boudet ont trouvé une solution environnementale pour leur nouvel atelier, grâce à la Cooperl et sa filliale Fertival.

© EC

Faire du porc, le développer en Manche, c’est possible. Les deux associés de la SARL du Gué Botterel (Le Grand Celland), Sébastien et Anthony Boudet, viennent de le prouver en construisant un nouveau bâtiment. Prochainement, 2 400 porcelets trouveront leur place dans les différentes parties de l’atelier flambant neuf. Atelier construit avec le partenariat technique de la Cooperl. “Avant de choisir le TRAC (séparation des effluents solides et liquides), nous avons parcouru l’Ouest pour faire le point sur différentes méthodes et ce pendant sept ans”. Il est vrai que Sébastien et Anthony ont pris la suite de leurs parents, déjà installés en porc. “Notre but était de laisser la partie truites/mères (298) et cochettes sur le bâtiment historique puis de développer la production sur un nouveau site”.

Diminution des rejets
En optant pour TRAC, en l’occurrence un système de raclage souterrain en V permettant la séparation des flux de déjections commercialisé par la Cooperl, la SARL a joué la carte de l’environnement. “Le liquide (urine) part dans la fosse à lisier, le solide va de son côté dans une fumière. Il sera ensuite enlevé, à peu près tous les quinze jours, par Fertival spécialisée dans le séchage et la fabrication d’engrais pour différentes filières”. Petite visite du bâtiment en cours de finition. Le racleur est déjà en place. Il suffit de soulever les dalles pour visualiser un système simple mais terriblement efficace. “Le TRAC, nous l’avons vu en fonctionnement dans le Finistère. De sacrées économies en terme de plan d’épandage, surtout dans le sud-Manche où règne une grosse pression foncière”. Les chiffres sont surprenants mais bien réels : avec le TRAC, diminution de 90 % du phosphore et de 50 % d’azote.

Un avenir dans l’Ouest
Tout l’élevage porcin a donc été restructuré autour du concept. “Le porc charcutier ? Nous y croyons fermement dans la Manche et dans l’Ouest. Nous investissons aujourd’hui pour rester compétitifs demain ; l’exploitation est d’ailleurs le schéma Nucléus” souligne Sébastien Boudet. Côté administratif, pas de problème puisque les rejets en phosphore et azote sont largement réduits. “Comme nous augmentions l’effectif de plus de 60 truites, une enquête a tout de même eu lieu avec une conclusion positive”.
Cyrille Laventure, technicien Cooperl, en charge du suivi technico-économique des élevages, souligne qu’au Gué Botterel, le TRAC est indispensable. “L’objectif, c’est de descendre en unités d’azote et de phosphore. Avec le raclage en V, autrement dit le TRAC et la séparation du liquide et du solide, nous éliminerons sur 12 mois 13 139 unités d’azote, 9 623 de phosphore et 7040 de potasse”. Le TRAC a décidément de l’avenir, la Cooperl s’occupe déjà de 10 000 places dans l’Ouest. “Nous en avons 45 000 en projet. Le concept Fertival (allégement de la contrainte environnementale dans les élevages) a d’ailleurs été créé au départ pour répondre aux attentes des aviculteurs puis décliné sur le porc : valorisation des déjections solides en le séchant puis en les réexpédiant vers des productions aussi diverses que la viticulture ou l’arboriculture”.

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