Aller au contenu principal

Interview Jean-Pierre Cavelier
Augmentation de 10 % des lapins commercialisés

Normandie Lapin tient son assemblée générale cette semaine.

Jean-Pierre Cavelier
Jean-Pierre Cavelier
© V.M
Quel bilan tirez-vous de l'activité 2005 de Normandie Lapin? 2005 a été une bonne année. Nous continuons notre progression. Notre potentiel de production augmente de 6 % puisque nous passons de 295 à 309 cages mères par élevage en moyenne. Nous comptons également 75 adhérents soit 24 000 cages mères. La conduite en bandes uniques se confirme. Elle concerne 80 % des élevages de Normandie Lapin, contre 75 % en 2004. La technique du "tout plein tout vide" est aussi adoptée par 30 % des éleveurs et 36 % du potentiel de production. Nous, qui avons été montrés du doigt pendant des années, nous sommes aujourd’hui en avance, avec par exemple un vide sanitaire entre chaque bande toutes les six semaines. C’est vraiment une révolution dans notre métier. Grâce à ces techniques, notre productivité augmente. Et heureusement, car nos charges également. Le lapin a-t-il séduit les consommateurs en 2005 ? Les indicateurs sont bons. La hausse de l’année 2004 de 2,8 % s’est confirmée en 2005. En Normandie,1 250 000 lapins ont été commercialisés, soit une augmentation de 10 %. En terme de consommation, comment se situe la Basse-Normandie ? La consommation dans l’Ouest est traditionnellement plus faible. Mais, attention, nous sommes dans des régions de productions. Il y a donc beaucoup d’autoconsommation. Les enquêtes nationales n’en tiennent pas compte. Les normands ne consomment pas moins de lapins. Je pense qu’ils en achètent surtout moins. Les cuniculiculteurs ont-ils bénéficié de l’effet “ influenza aviaire ” ? Oui, il y a un effet grippe aviaire certain. D’ailleurs, on parle davantage du lapin. De plus, même si les producteurs de lapins ne l’ont pas fait volontairement, notre campagne de communication est tombée en pleine crise aviaire. Mais, notre communication était programmée depuis six mois. La crise de l’ESB avait eu des conséquences similaires sur nos ventes. Cela confirme nos analyses. Le lapin bénéficie d’une bonne image. Néanmoins le public n’y pense que lorsqu’il se détourne d’autres viandes. Pourquoi le public ne pense-t-il pas au lapin ? Parce qu’on ne communique pas assez. Notre boulot est de donner au public des idées de recettes faciles à cuisiner, loin de l’image traditionnelle du lapin. J’en cuisine un en cinq minutes. Les gens n’ont pas l’habitude.Nous devons également valoriser le fait que 80 % de nos éleveurs suivent une démarche qualité. La production de lapins attire-t-elle les jeunes agriculteurs ? En Normandie, nous sommes depuis trois ans dans une période de créations d’élevage avec de nouveaux investisseurs. Normandie lapin compte chaque année trois à cinq nouveaux élevages. 25 % sont en production unique. C’est aussi une source de diversifications. Aujourd’hui, nous avons une forte demande, avec des gens motivés et très performants. C’est souvent dans le cadre d’une diversification car les investissements deviennent très lourds. Les élevages sont chauffés l’hiver et refroidis l’été. Il faut un minimum d’investissements et donc de fonds. Si vous n’êtes pas agriculteur, c’est compliqué. D’ailleurs, à l'origine, les agriculteurs se sont diversifiés lors de la mise en placedes quotas laitiers. Quel sujet pourrait actuellement inquiéter Normandie Lapin ? La communauté européenne rédige une directive “bien être” du lapin. Nous sommes actuellement en pleine négociation . Nous sommes inquiets car cette directive est menée par des pays non producteurs, comme la Suisse ou la Norvège. Là-bas, le lapin est un hobby. Ils n’ont pas de contraintes économiques. Une coordination espagnole, française et italienne tente de montrer que cette directive n’est pas viable pour nos élevages dans les hypothèses actuelles. Les producteurs devraient, en effet, doubler la superficie de leurs bâtiments. Propos recueillis par V.MOTIN
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Le Festival de l'élevage de Vire revient d'ici neuf jours. "Pour les partenaires, c'est le top. Participer à trois concours en un, c'est mieux", remarque Thierry Chanu. Les organisateurs promettent : "Un événement qui valorise la génétique, la passion des éleveurs et la transmission entre générations. Une journée conviviale et familiale".
Deux décennies de concours bientôt célébrées à Vire
Le festival de l'élevage de Vire se tiendra à l'hippodrome de la ville, samedi 13 juin 2026. Et si l'événement est inscrit…
La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB qui s'est tenu les 26 et 27 mai à Nancy.
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026…
"Parsème est l'exemple même de projet qui participe à montrer que nos campagnes œuvrent au dynamisme et à l'innovation", déclare Philippe Blaise, maire de Lingèvres, saluant "le parcours entrepreneurial de Victoria".
Les curieux se pressent à l'inauguration de Parsème en Normandie
Installée à Lingèvres, Victoria Briend a présenté son projet d'ampleur : Parsème. Jeudi 28 mai 2026, elle a convié…
Publicité