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Gites de France Calvados
Aurélie Patin : dans l'idéal, les clients reportent leurs séjours

Samedi 4 avril, date de début des vacances des Parisiens, le préfet du Calvados Philippe Court, a pris un arrêté interdisant les hébergements à vocation touristique à recevoir du public, jusqu'au 15 avril. Gîtes de France Calvados tente de s'adapter. Le 3 avril, la structure annonce une perte de 66% de son volume d'affaires sur les six semaines écoulées.

Aurélie Patin directrice Gites de France Calvados
© JP

>> Depuis samedi 4 avril, on n'a plus le droit de réserver une location. Quelle est votre réaction ?
C'est complètement évident ! Nous avions anticipé chez Gîtes de France. Les réservations sont bloquées depuis le début du confinement pour éviter tout risque de contamination, et ce jusqu'au 20 avril, pour le moment. Nous avons beaucoup entendu que les Franciliens risquaient de venir en vacances. Ce n'est pas le cas pour Gîtes de France.

>> Tous les Gîtes de France du Calvados sont donc vides ?
Il y a des exceptions pour l'accueil dans des hébergements. Dans le Calvados, une quarantaine de propriétaires mettent à disposition, gratuitement, leurs gîtes pour les personnels hospitaliers si besoin. Je tiens un listing, que j'envoie aux hôpitaux de Bayeux, Lisieux et Caen ainsi qu'au ministère du Tourisme et à la fédération nationale des Gîtes de France. Deuxième cas de dérogation : les accueils professionnels. Pour des entreprises du bâtiment ou la SNCF par exemple. On compte quelques contrats qui ont continué après le 17 mars, des travailleurs étrangers en intérim se sont retrouvés confinés dans les gîtes. C'est à la société de prendre en charge le confinement de son personnel. Des particuliers ont demandé à rester dans le gîte, le propriétaire fait un geste. C'est du cas par cas.

>> Comment se gèrent les annulations de séjour ?
Elles ont commencé avant le confinement. Nous les gérons selon l'urgence, par ordre chronologique des dates de séjour.
Une ordonnance du 25 mars 2020, prise par l'État, encadre les procédures. Aujourd'hui, si un client - qui passe par une centrale de réservation - formule une demande d'annulation, nous lui proposons d'abord un report de séjour au même tarif. S'il souhaite quand même annuler, il va recevoir un avoir, utilisable dans n'importe quel hébergement valable pendant dix-huit mois. À l'issue de ces dix-huit mois, s'il n'a pas consommé son avoir, il pourra recevoir un remboursement. Nous essayons d'assurer la pérennité des organismes. L'idée est aussi de compter sur le réseau.

>> Comment envisagez-vous la saison : D-Day, juillet et août ?
À l'année, nous gérons 13 000 contrats. La crise du Covid-19 aura énormément d'impact car nous sommes normalement dans la période où les gens réservent pour l'été. Pour donner une idée : le 7 avril 2019, nous avions enregistré 42 ventes. Cette année, le 7 avril, nous n'en avons que 5. Et encore, les autres jours sont régulièrement à zéro. Les festivités du 6-Juin sont très proches mais les Américains ou encore les Britanniques risquent d'être encore confinés. Il y a de vraies interrogations. Est-ce que les séjours de dernière minute vont émerger ? Est-ce que les personnes vont privilégier le tourisme de proximité ? Nous ne sommes pas encore dans cette phase car nous ne sommes qu'au début de la catastrophe.

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