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Elevage
Autonomie et efficacité économique en élevage laitier bio

En élevage laitier bio, comme en conventionnel, les résultats technico-économiques sont très hétérogènes.

Sur l’année 2010/11, les revenus par travailleur vont du simple au triple. Sur cette période récente marquée par des aléas climatiques importants, la sécurisation fourragère et la recherche de l’autonomie alimentaire se sont imposées comme les voies les plus pertinentes pour maintenir son revenu.


Des fermes normandes de 53 vaches en moyenne

En Normandie, il y a aujourd’hui près de 230 exploitations laitières biologiques qui disposent en moyenne de 53 vaches laitières pour produire 270 000 litres de lait (source : Observatoire de la bio). Ces exploitations laitières sont pour 90 % en Basse-Normandie.Parmi ces exploitations, une dizaine est suivie en référence au niveau régional par les Chambres d’agriculture dans le cadre du dispositif Réseau d’Elevages. Il en va de même en Bretagne et Normandie. Ainsi, 38 fermes laitières biologiques de référence, correspondant globalement au ¼ supérieur en terme de revenus, sont analysées chaque année sur l’ensemble des trois régions. Ces exploitations donnent des repères (tableau 1) à la fois pour les éleveurs laitiers bio en recherche d’optimisation de leur système de production mais aussi pour les éleveurs conventionnels qui réfléchissent à une conversion bio.Ces fermes produisent en moyenne 175 000 litres de lait par travailleur (+/- 60 000 l). En 2010/11, elles ont réalisé en moyenne  91% de leur quota ; l’objectif n’étant pas pour la majorité de ces éleveurs de faire à tout prix son quota mais de produire de façon cohérente et rentable.

Une efficacité économique supérieure à 50 %

Avec cette dimension économique, les élevages laitiers bio dégagent un produit par travailleur de 116 000 €. Il est constitué à 77 % par de produit lié à l’atelier laitier et à 18 % par les aides PAC.Cette structuration est commune à tous les systèmes laitiers spécialisés. Par contre, deux particularités distinguent les fermes laitières bio :- la maîtrise des charges opérationnelles qui ne représentent que 26 % du produit. De plus, l’essentiel est constitué de cessions internes de céréales à l’atelier bovins ;- la plus-value sur le produit “lait” qui représente en moyenne 70 €/1 000 l de plus qu’en conventionnel en moyenne sur 10 ans. Sur 2010/11, cet écart avec le conventionnel était plus élevé (+ 110 €/1 000 l).Les charges de structure hors main d’œuvre et amortissements représentent 23 % du produit (comme en conventionnel) ; le poste matériel étant la principale charge de structure (11 % du produit).L’efficacité économique, c’est-à-dire le rapport EBE avant main d’œuvre/produit brut total, atteint 51 % en moyenne. En valeur absolue, cet EBE hors main d’œuvre s’élève en 2010/11 à 58 800 €/UTH. Après avoir payé les charges sociales et salariales et les annuités, il reste le revenu disponible qui est voisin de 35 000 €/UTH chez les éleveurs des fermes de référence des Réseaux d’Elevage de l’ouest (Bretagne/Pays de la Loire/Nor-mandie). Les synthèses de groupes des différents centres de gestion de l’ouest affichent des revenus moyens un peu inférieurs, compris entre 25 000 et 30 000 €/UTH. Ces bons résultats s’expliquent par différents facteurs cumulatifs, tels qu’une meilleure maîtrise des charges opérationnelles et de meilleures valorisations des produits lait et viande.

Le co-produit viande paye les charges alimentaires

En moyenne, sur 2010/11, la marge brute par 1 000 litres de lait (hors aides PAC) est égale à 343 €/1 000 l pour un prix de vente du lait de 435 €/1000 l (tableau 2). Dans les élevages les plus efficaces économiquement, la marge brute pour 1 000 litres de lait vendus est améliorée de 46 €/1 000 l. Avec un prix du lait identique, ce gain provient d’une maîtrise du coût alimentaire pour moitié et d’une meilleure valorisation du co-produit viande pour l’autre moitié.Pour le ¼ supérieur des élevages dégageant les meilleures marges, le co-produit viande (réformes et veaux de 8 jours) couvre en grande partie des charges opérationnelles de l’atelier laitier. Cette situation de très fortes marges laitières est permise grâce au bon prix de vente des réformes valorisées en bio (940 € de moyenne) et des veaux dont une partie est issue de croisement avec des taureaux viande (prix de vente à 157 € de moyenne).Cette situation se rencontre seulement chez ¼ des éleveurs en 2010/11 car les achats liés à la sécheresse (foin et luzerne déshydratée bio principalement) ont pénalisé, sur cette période, les charges alimentaires.Les éleveurs avec les meilleures marges ont plutôt moins de lait par vache (5 020 l/vache/an) mais ce lait est produit principalement avec les fourrages de l’exploitation (seulement 360 kg de concentrés/vache/an). Dans ces élevages, le maïs occupe seulement 4 % de la SFP.Ces élevages avec les meilleures marges par litre de lait livrent en moyenne 10 000 litres de lait en moins par UTH (164 000 l/UTH) mais dégagent les mêmes revenus globaux que l’ensemble des élevages laitiers bio du groupe. Ils font seulement 84 % de leur quota en final mais sans pénalisation économique majeure pour autant.

Renforcer l’autonomie ne pénalise pas l’économie

Face à ces résultats qui interrogent -plus de marge et autant de revenu avec moins de lait/vache et moins de lait/UTH- nous avons comparé, par simulations, pour une même structure laitière (81 ha - 330 000 l), différents choix stratégiques de conduite bio. Entre une conduite qui vise à réaliser son quota en achetant un peu de concentré azoté bio pour se rapprocher des 6 000 litres/ vache et une stratégie d’autonomie quasi complète en concentrés avec des vaches à 5 000 l, il n’y a presque pas d’écart de revenu (schéma).L’autonomie alimentaire ne pénalise pas le revenu en bio même si elle induit un moindre volume de lait vendu. Dans le 1er cas, pour réaliser le quota, il faut acheter plus de la moitié de ses concentrés dont 200 kg de concentrés azotés par vache/an. Dans le 2e cas, en faisant seulement 85 % de sa référence, l’élevage peut être autonome à plus de 90 % en concentrés.En bio, comme en conventionnel, lorsque le coût des concentrés est très élevé, il est nécessaire de réfléchir à l’amélioration de son autonomie même si celle-ci peut engendrer une moindre production par vache, voire par travailleur. Plus que le volume par UTH, c’est bien ce qui reste en disponible pour l’éleveur le plus important.

Les prochains rendez vous de la bio

- 12 juin 2012

Visite plate-forme d’essais végétaux bioSur la ferme vitrine régionale Reine Mathilde à Tracy-Bocage (près de Villers-Bocage et A84), au Gaec Guilbert, à partir de 13 h 30. A voir : lupins et féveroles, céréales “secondaires” pour les éleveurs, associations céréales et protéagineux, damier d’espèces prairiales, maïs bio. Démonstration de désherbage mécanique sur maïs avec herse étrille, houe rotative et bineuse.


- 22 juin 2012

Journée technique de la 15e édition de la fête de la bio A Criqueville-en-Auge (près de Dozulé et A13), chez Jean-Luc Gaugain, de 10 h à 17 h 30. Dix ateliers techniques de 45 mn sur la fertilité du sol, l’implantation des prairies temporaires, les clés d’un pâturage réussi, comment garder des prairies productives, autonomie et équilibre alimentaire, les solutions alternatives en santé animale, le séchage en grange, les références technico-économiques en élevage, la production et la valorisation de la viande bio.

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