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Elevage
Autonomie protéique : la Normandie, bonne élève ?

L’autonomie protéique régionale suscite un regain d’intérêt à l’heure où, face à l’irrégularité des cours mondiaux des matières premières, le coût de l’alimentation animale devient de plus en plus lourd pour les éleveurs normands.

Le soja présente des qualités nutritionnelles telles que cela en fait une matière première très utilisée dans l’aliment du bétail, en complément des céréales et des fourrages. Il existe cependant un certain nombre de matières premières riches en protéines (MRP), disponibles en Europe, qui peuvent se substituer au tourteau de soja. Parmi elles, on compte les tourteaux d’oléagineux métropolitains (colza et tournesol), les protéagineux (pois, féverole et lupin), les drèches de céréales et les légumineuses fourragères. L’apport protéique des céréales et des surfaces fourragères contribue également à la balance protéique de la région.

Les fourrages : principaux contributeurs à la balance protéique régionale
La Normandie se caractérise par sa forte orientation fourragère. Ce sont près de 54 % de la SAU qui y sont consacrés (prairies, maïs ensilage et autres cultures fourragères). Ces surfaces contribuent à hauteur de 68 % de la Matière Azotée Totale (MAT) produite sur le territoire normand.Une autre part importante de la MAT est produite également par les surfaces en céréales, oléagineux et protéagineux. Les céréales produites pèsent 33 % de la MAT produite et les oléagineux et protéagineux totalisent 10 %.

Bilan protéique excédentaire en Normandie
Les besoins totaux en protéines des élevages normands ont été calculés à partir des effectifs animaux présents dans les exploitations.Ces besoins totaux en protéines sont estimés à 967 000 tonnes de MAT.L’élevage bovin est le principal consommateur de protéines dans la région avec 83 % des besoins. Les élevages laitiers représentent à eux seuls 65 % de la consommation totale en MAT.De façon théorique, la balance protéique normande est donc excédentaire : 
MAT produite : 1 539 000 t
MAT consommées : 967 000 t                                 
=    572 000 t
Ces données ne permettent pas de conclure cependant à une autonomie protéique des exploitations de la région :- les protéines produites sous forme de céréales, de colza ou de protéagineux sont commercialisées et sont peu autoconsommées sur les exploitations. L’autoconsommation de blé, par exemple, ne dépasse pas les 10 % sur la région (elle varie de 6 à 28 % pour le blé sur les 5 départements normands). Un grande part de la MAT produite ainsi est “exportée” de la région ;- les surfaces fourragères sont essentiellement destinées aux bovins de la région. La gestion de ces surfaces et leur production protéique doivent être maîtrisées et optimisées ;- les élevages de monogastriques doivent faire appel obligatoirement à d’autres sources protéiques, souvent concentrées, comme les tourteaux (soja et colza principalement).La Normandie est moins dépendante du tourteau de soja que la moyenne
Côté production d’aliment du bétail, la Normandie est moins dépendante des importations de tourteau de soja que d’autres régions françaises du fait de sa spécialisation en ruminant. La Normandie (haute et basse) est la 10e région productrice d’aliment du bétail avec 2.3 % du volume du volume national produit dans la région. Ceci la porte loin derrière la Bretagne (39.6 % du volume national) ; les Pays de Loire (17.9 % du volume national) ou encore Poitou-Charentes (7.3 % du volume national).La production d’aliment bovin est largement dominante dans la région normande : sur les 587 000 tonnes d’aliments produits en 2011, 14 % sont de l’aliment volaille, 18 % sont de l’aliment porc et 61 % sont de l’aliment bovin.Le mix de matières premières utilisé est caractéristique des aliments bovin.En Normandie, il est consommé moins de céréales (35 % au lieu de 49 % en France), plus de co-produits de céréales (17 % au lieu de 11 % et plus de tourteaux (41 % au lieu de 29 %). Ceci s’explique évidemment par les espèces présentes sur le territoire : la prédominance de la production d’aliment bovin explique la consommation importante de tourteaux et la moindre consommation de céréales.Dès 2006, la part de tourteau de soja diminue fortement grâce à l’incorporation massive de tourteau de colza dans l’aliment. Le tourteau de colza représente 44 % des tourteaux incorporés en moyenne dans l’aliment fabriqué en Normandie (ce niveau est bien supérieur à ce qui est observé au niveau national où le tourteau de colza représente 31 % des tourteaux utilisés) et remplace de plus en plus le tourteau de soja.Ce niveau d’incorporation se maintient à 45 % en 2009. L’incorporation de tourteau de soja continue à diminuer fortement, jusqu’à 32 %, au bénéfice des autres tourteaux (essentiellement tourteau de tournesol). Ceci s’explique par une plus forte disponibilité de ces 2 matières premières autorisées par l’extension de la culture de colza et de tournesol en France pour la fabrication de diester (schéma 1).Comme pour les tourteaux, l’arrivée sur le marché de produits issus des nouvelles filières de fabrication de biocarburant offre aux fabricants une gamme plus large de produits. En 2009, l’utilisation de co-produits traditionnels comme les sons et les issues de céréales en provenance de la meunerie recule (de près de 400 000 tonnes par rapport à 2006, au niveau national). Prédominants en 2006 avec plus de 70 % des parts de marché, ces co-produits voient leur part diminuer à 55 %. En parallèle se développe l’utilisation de co-produits de blé, issus de l’éthanolerie. De 2006 à 2009, les tonnages de drèches de blé utilisées au niveau français en alimentation du bétail sont passés de 25 000 tonnes à 210 000 tonnes.La forte orientation de la Normandie vers les productions bovines lui confère donc le double avantage de pouvoir valoriser au mieux des ressources fourragères abondantes et de pouvoir substituer le tourteau de colza au tourteau de soja de façon déjà importante.Définitions
- Autonomie protéique : part de matières azotées totales (MAT) produite sur une exploitation, un bassin de production, une région… par rapport à la quantité consommée.
- Matières riches en protéines (MRP) : matières premières contenant au moins 15% de matières azotées. Il s’agit principalement des protéagineux (pois, féverole, lupin), du colza et du tournesol, des fourrages déshydratés, du soja, des drèches de céréales.
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