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Autopsie : l’élevage a ses experts

Le GDS du Calvados, à travers sa filiale Farago, propose de collecter les cadavres. Objectif : réaliser des autopsies aux laboratoires LABEO de Caen ou de Saint-Lô. Ce service permet des diagnostics plus fiables. Peu importe la distance, tous les éleveurs du département accèdent ainsi au même niveau de prestation. Depuis l’été, FARAGO a collecté une trentaine de bovins, 6 chevaux et un mouton.

© GDS

Vêtus de leur blouse et armés de couteaux, les deux Sébastien ont augmenté la cadence. Sébastien Marie et Sébastien Ménard se chargent des autopsies d’animaux au LABÉO Frank Duncombe. Preuve de l’intérêt du service, le nombre de bovins observés a augmenté avec la mise en place de la collecte en ferme.

Plus fiable que l’équarrissage
Par le passé, les éleveurs pouvaient faire autopsier leurs bêtes via le service d’équarrissage. Certes moins onéreuse, cette solution s’avère moins efficace. “Le temps de collecte est plus long. L’état du cadavre a le temps de se dégrader et rend l’autopsie plus compliquée”, juge Etienne Gavart, directeur du GDS du Calvados. Et de poursuivre : “nous nous engageons à récupérer les animaux en moins de 24 heures. Dans la réalité, nous sommes beaucoup plus rapides. Lorsque nous sommes appelés le matin, nous passons l’après-midi”. La prestation n’est cependant possible qu’en semaine.

Collecter aussi les commémoratifs
Grâce à cette rapidité, l’autopsie par LABÉO s’appuie sur des analyses réalisées en interne : parasitologie, bactériologie ou mycologie… “Avec des cadavres frais, les analyses sont facilitées”, justifie Sébastien Menard.
Les autopsieurs invitent néanmoins les éleveurs à la rigueur. “Les conditions d’envoi ne doivent pas être négligées. Nous avons besoin de l’identification et de l’histoire des corps. Nous avons besoin des symptômes : diarrhées ou problèmes respiratoires. C’est mieux d’avoir un maximum d’informations, même si nous les prenons avec prudence pour éviter d’être influencés”, expliquent Sébastien Marie et Sébastien Ménard. “Il s’agit des éléments dits commémoratifs”, précise Jean-François Rouland, vétérinaire du GDS 14.

De la ferraille aux plantes toxiques
Concrètement, l’éleveur appelle le GDS pour faire autopsier son animal. Certains le demandent de leur propre chef, d’autres sur conseil de leur vétérinaire. Une opératrice leur répond et demande les symptômes.
Ces éléments peuvent passer dans les mains de Jean-François Rouland. “Même si le GDS prend en charge une partie des frais de ses adhérents, l’autopsie représente un coût. Nous surveillons donc sa pertinence. Notre rôle est d’aider les éleveurs à comprendre et éviter que les cas ne se reproduisent”.
L’autopsie d’un gros bovin a son rituel. L’opération dure trois heures au minimum. Sébastien Marie et Sébastien Ménard observent la cavité abdominale puis la cavité thoracique.

3 heures pour un gros bovin
Enfin ils terminent par les intestins. “Si nous ne trouvons rien, nous regardons le cerveau et les articulations”. Les animaux ferrés sont une cause récurrente de mortalité.
D’autres raisons sont plus étonnantes. “Nous avons vu des animaux intoxiqués à une plante mercuriale”. Dans cet exemple, l’autopsie a permis d’enrayer la mortalité des animaux.

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