Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Avec l’herbe à éléphant, pas de tromperie énergétique

Aux portes de Caen, Henri Pomikal cultive de l’herbe à éléphant également appelé miscanthus. Dans le cadre de la fête de l’énergie, son projet donne des idées de cohabitation ville, agriculture, énergie et environnement.

Henri Pomikal, agriculteur et Marc Lecerf, maire de Fleury-sur-Orne. L’idée de structurer une filière locale est lancée. Outre le conditionnement en vrac, l’agriculteur teste les bûches compressées avec du miscanthus (60 %), des anas de lin (30 %) et du bois (10 %).
Henri Pomikal, agriculteur et Marc Lecerf, maire de Fleury-sur-Orne. L’idée de structurer une filière locale est lancée. Outre le conditionnement en vrac, l’agriculteur teste les bûches compressées avec du miscanthus (60 %), des anas de lin (30 %) et du bois (10 %).
© VM

Le cadre est propice au dialogue. La mairie de Fleury-sur-Orne décline localement la fête de l’énergie. Le miscanthus local est une potentielle réponse. Encore faut-il lever certaines barrières d’ordre politique. Dans ce contexte, les élus locaux peuvent être des alliés. Henri Pomikal, agriculteur sur la commune, a donc répondu favorablement à l’invitation du maire Marc Lecerf. Dans la vallée de l’Orne, il cultive de l’herbe à éléphant aussi nommée miscanthus. Cette vitrine est implantée à environ 5 kilomètres de l’hippodrome et du centre-ville de Caen. Certaines de ces parcelles sont visibles des promeneurs depuis la voie verte. Henri Pomikal prend lui son bâton de pèlerin et communique sur le sujet. Dans ce secteur inondable, les terres ne pourront être artificialisées. Reste cependant à les exploiter au mieux. Dans ce coin humide, Henri Pomikal élève quelques génisses de viande en conversion agriculture biologique. “Mais, certaines parcelles sont vraiment difficiles à exploiter. Implanter du miscanthus complète très bien une activité d’élevage, notamment pour produire sa propre litière”, estime l’agriculteur. 

Une filière énergétique dans la vallée de l’Orne
Cependant, Henri Pomikal voit plus loin qu’une simple autoconsommation. Il vend déjà le miscanthus broyé à la ville de Fleury-sur-Orne. “C’est parfait pour les parterres de fleurs dans le cadre d’un objectif 0 phyto”, se réjouit-il. Mais, le volet énergétique pourrait être la seconde étape. Un hectare de miscanthus permet de chauffer l’équivalent de 4 maisons. Une petite dizaine d’hectares est déjà cultivée à Fleury-sur-Orne. Le potentiel existe. “Avec le secteur de Louvigny, il serait peut-être possible d’en planter 30 à 40 hectares. Il faudrait ensuite imaginer une chaufferie collective”, estime Marc Lecerf. Il faudra néanmoins convaincre le Conseil départemental fervent défenseur de l’herbe et propriétaire de parcelles dans les zones humides.

Une filière complétée par les anas de lin
“Nous avons entamé des discussions pour racheter certaines de leurs terres. Le Conseil départemental veut que ça reste dans le domaine public. Nous négocions. Nous serions favorables au fait que des agriculteurs y produisent du miscanthus. Bien sûr, nous sommes favorables à la diversité et pas uniquement au miscanthus”, souligne le maire.
Henri Pomikal semble avoir de l’énergie à revendre et prône la valorisation d’un autre gisement. En bon président d’une coopérative linière, il songe aux anas de lin.  “On assurerait l’approvisionnement d’une chaudière, nous pourrions aussi y intégrer la filière bois et assurer le développement de l’économie local”. Les idées sont lancées. Les protagonistes doivent maintenant entretenir la flamme...

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fermer les abattoirs, c’est tuer les éleveurs
Dimanche 7 juin 2020, le préfet de la Manche a pris la décision de fermer le dernier abattoir de la Manche, à Saint-Hilaire-du-…
MOISSON ORGE
Les orges ouvrent le bal des batteuses
Dès le milieu de la semaine dernière, les batteuses ont ouvert le bal de la moisson. Les orges, comme à leur habitude, sont les…
JA NORMANDIE
JA Normandie renouvelle son bureau
Après les élections départementales, JA Normandie a élu son nouveau bureau mardi 23 juin. Questions à Alexis Graindorge qui…
Le soja normand prend de l’ampleur
En 2019, la Région lance un appel à projets pour son plan protéines végétales. Le Soja made in Normandie (SMN), alliant, entre…
SAFER - JA NORMANDIE
Safer et JA de Normandie luttent contre l’accaparement des terres
En attendant une loi foncière, Safer et JA de Normandie s’organisent pour lutter contre le transfert opaque des terres. En 2019,…
Maltot exauce le vœu de la ruralité
Maltot, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est son château, sa MFR et son Bœuf en fête. La commune compte 1 095 habitants, se…
Publicité