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A Quettetou (50)
Baïla auxiliaire d’élevage toujours partante

Petits ou grands troupeaux. Bovins, ovins, voire volailles... Tout chien de troupeau bien dressé ne demande qu’à travailler.

Hubert Guiffard, producteur de lait à Quettetou dans le nord Manche, travaille avec chien de troupeau depuis 7 ans. Vaches Prim’Holstein cotoyent les Normandes au sein du troupeau. Mais à la baguette et côté chien, c’est depuis toujours du Border Collie. “Le premier, on me l’avait donné, se souvient-il. J’ai voulu le mettre aux bêtes. Il faisait ce qu’il pouvait”. 

Indispensable formation
En fait, pas grand chose, n’en déplaise à la gent canine ! Après avoir vu ses deux premiers chiens empoisonnés, Hubert Guiffard a investi dans de bonnes origines et dans la formation. Mais formation du maître ou du chien ? “On forme le maître en fonction du comportement du chien. C’est au maître de s’adapter”, résume Michel Alix (en charge du dossier à la Chambre d’Agriculture de la Manche) qui, en 20 ans, a vu défiler quelques 600 stagiaires. “On voit encore trop de chiens qui commettent des erreurs parce que leurs maîtres ne savent pas se positionner”. L’éducation canine est donc affaire d’apprentissage, de patience et donc de temps. L’âge idéal (du chien) pour démarrer son cursus se situe aux alentours de 6/7 mois. “La première étape, c’est la phase d’obéissance, explique Michel Alix. Le chien doit apprendre son nom, le rappel, le stop, la gauche, la droite...” Une première journée de travail en groupe qui doit être suivie de séances d’entraînements régulières à la ferme. Et pas question de confronter le chien aux animaux tant que  les ordres d’obéissance ne sont pas acquis.

Un travail en étapes
La phase de travail avec animaux se déroule sur 3 jours et par étape. Michel Alix préfère la génisse (moins conditionnée et plus bougeante que la vache) et de petits effectifs (6 génisses). On commence par un travail tout en rondeur avec un cercle de 50 m de diamètre. “On vérifie l’aptitude du chien à travailler”. Semi-liberté dans une seconde étape. Les génisses évoluent dans un rectangle de 12 m x 40 m. “On apprend au maître à se positionner par rapport aux animaux et au chien à diriger les bovins d’un point A vers un point B. On leur apprend également à tourner la tête des animaux...” Régime enfin de pleine liberté en 3e journée. Presqu’un passage d’examen en conditions réelles.

2 à 3 ans d’apprentissage
Ces quatre jours de formation (sur un an en janvier, mars, juin et septembre), Hubert Guiffard les a suivis. Il considère même qu’elles sont à renouveler à chaque changement de chien. Mais la formation n’est pas une fin. Il faut encore compter 2 à 3 années d’apprentissage. “Il faut au début y passer au moins 1/4 d’heure par jour, recommande-t-il. Les premières semaines, de toute façon, il ne faut pas espérer gagner du temps”.
Un jour viendra pourtant où le maître sera récompensé de son investissement. Désormais, Hubert n’a plus besoin de personne pour charger un lot de génisses dans la bétaillère. “Avant, il fallait être 3 ou 4”. Ceux qui disposent d’un parcellaire malheureusement très morcelé doivent se poser des questions. “C’est du stress en moins”, reconnaît aussi notre éleveur alors que, pour son chien, ce n’est que du bonheur. Baïla, la Border Collie, confirme.

Autonomie
Bien des employeurs s’en contenteraient mais pour Hubert, Baïla est aussi un complice. Si elle n’a pas le droit de toucher aux vaches, elle monte aussi souvent que possible dans la cabine du tracteur. Le 29 mai dernier, elle était au cœur de l’action syndicale, bloquant à sa façon les ronds-points d’accès à la RN 13. Elle n’a pas bougé de la matinée du siège du tracteur obéissant à son maître. Dans le salon aussi, Baïla a son siège. Ce qui fait tiquer un peu le puriste Michel Alix aux principes chevillés. En dehors du travail, le chien de troupeau doit avoir un espace clos et qui lui est réservé. Il ne peut pas non plus avoir plusieurs maîtres. Au sein d’un GAEC, on ne peut donc pas le partager. Par contre, vous pourrez voir évoluer Baïla le 25 juin aux Prairiales.

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