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Elevage
Baisser son coût alimentaire avec les matières premières

Dans un contexte économique difficile, les éleveurs recherchent à réduire leurs charges, en particulier, le coût alimentaire. En plus de la production d'aliments sur leur exploitation (céréales ou protéagineux), le recours à des co-produits industriels peut répondre à leurs attentes.

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© DR

Les co-produits issus des industries agro-alimentaires peuvent provenir :
- de la transformation des oléagineux : les tourteaux de soja, de colza, de lin ;
- de l'industrie sucrière : les pulpes de betteraves, la mélasse ;
- de la filière céréale : le son, le corn gluten feed, les drèches de blé éthanol ;
- de la filière laitière : essentiellement le lactosérum ;
- des brasseries : les drêches ;
- de la production de pommes de terre industrielles.

Le tourteau de colza : une efficacité démontrée
Les tourteaux de colza et de soja sont utilisés pour corriger les rations déficitaires en azote fermentescible (PDIN), en particulier les rations ensilage de maïs. Ces deux tourteaux ont fait leur preuve et donnent des résultats zootechniques au moins aussi bons que les “concentrés” ou “aliments du commerce”. De plus, ils sont moins onéreux.
Le tourteau de colza a des propriétés intéressantes pour les vaches laitières hautes productrices. Il permet de bons résultats de production laitière et un bon rapport TP/TB (plus de TP et moins de TB) sans effets négatifs sur la reproduction comme on l’entend dire parfois à tort. Sa teneur en phosphore et sa richesse en acides aminés soufrés, notamment en méthionine, en font un aliment intéressant et aujourd'hui son prix est particulièrement attractif.
Pour déterminer le prix de parité du tourteau de colza par rapport au prix de marché du tourteau de soja, plusieurs approches peuvent être faites.
Si on prend la règle de substitution (1.5 kg de tourteau de colza pour remplacer 1 kg de tourteau de soja 48), il faut prendre en compte aussi les bénéfices liés à l'utilisation du tourteau de colza (amélioration de la production de lait, modification des taux et réduction de la complémentation en phosphore). Le tourteau de colza est intéressant quand son prix est inférieur à 80 % de celui du tourteau de soja.
Si on raisonne sur les nutriments (énergie, azote et minéraux) apportés par les 2 tourteaux, le tourteau de colza est intéressant quand son prix est inférieur à 88 % de celui du tourteau de soja.
Dans le contexte actuel, le tourteau de colza est particulièrement intéressant, en particulier, pour les vaches hautes productrices.

Quand acheter ?
Le cours des tourteaux est tributaire de nombreux facteurs, en particulier des rendements
de la culture de soja en Amérique et du cours des monnaies (euro/dollar).
En général, il était intéressant de passer des contrats d'achat en fin de printemps, mais en fin d'année dernière des contrats à long terme ont été conclus à des prix intéressants.
Depuis quelques semaines, les cours ont tendance à augmenter en raison de la chute de l'euro par rapport au dollar et d’un accident dans une grosse usine de trituration de la graine de colza en Allemagne.
Il est donc difficile de définir une règle pour indiquer le bon moment d'achat. Ce qui est certain, c'est que depuis toujours et plus particulièrement depuis 2 ans, le cours du tourteau de colza est intéressant et permet de limiter le coût alimentaire de l’atelier lait.

Les autres co-produits : parfois des opportunités
En période de pénurie fourragère, les éleveurs ont déjà eu recours à ces produits qui sont, pour la plupart, disponibles dans la région. Dans certaines exploitations, ils sont régulièrement introduits dans les rations et en particulier dans l’alimentation des vaches laitières.
Les pratiques actuelles d'alimentation, la ration complète ou semi-complète, facilitent leur emploi puisque les aliments sont distribués.

Les caractéristiques de quelques co-produits  disponibles
En général, ce sont des aliments riches en énergie et en azote. Ils sont à réserver aux animaux avec des besoins importants (vaches en lactation, bovins à l'engrais). Pour les élèves en croissance, avec des besoins plus modérés, les co-produits doivent être associés à des fourrages grossiers de valeurs alimentaires moyennes (foin, paille). Certains peuvent remplacer une partie ou la totalité des céréales et des tourteaux, par exemple les drêches ou les pulpes…
La disponibilité des co-produits est en liaison directe avec les périodes de fabrication des usines. Selon leurs origines et les transformations subies, leurs valeurs alimentaires varient.
Il apparaît indispensable de se garantir sur la valeur nutritive d'un co-produit, surtout si des quantités importantes sont utilisées, une analyse s’impose. Dans le cas de produits humides, la connaissance précise de la teneur en matière sèche est indispensable pour négocier au plus juste le prix d'achat.
L'achat d'un co-produit se raisonne économiquement à partir du calcul du prix d'intérêt, intégrant sa teneur en matière sèche, tous ses nutriments (énergie, azote et minéraux) et son encombrement (ingestibilité). Les prix sont très fluctuants. Par exemple la pulpe déshydratée a vu son prix augmenter de 20 € en quelques jours en raison de la sécheresse actuelle.
Compte tenu de la situation climatique de l’année et de la pénurie fourragère qui s’annonce, nous reviendrons plus en détail sur l’intérêt de tous ces co-produits.
Bernard HOUSSIN 
Chambre d'Agriculture de la Manche
bhoussin@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

En savoir plus
Retrouvez chaque mois les informations sur la disponibilité et les cours des tourteaux et co-produits.
Rendez vous avec la formule “Avantages” des GVA ou sur la rubrique “Conseil de saison” des abonnés du site internet de la Chambre d'agriculture.

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