Aller au contenu principal

Barrage de Sivens : la FNSEA dénonce la manipulation

Dans une lettre ouverte, la FNSEA rappelle que le barrage de Sivens a été décidé pour soutenir des petites exploitations et non le développement d’une agriculture industrielle. Sa remise en cause interrogerait sur le fonctionnement de notre démocratie.

Manifestation à Albi le 27 octobre. “Non, il ne s’agit pas du développement d’une agriculture industrielle et de grosses exploitations maïsicoles, mais de la survie de petites exploitations de 30 à 50 ha dans une zone “peut-être la plus pauvre du Tarn », précise Xavier Beulin.
Manifestation à Albi le 27 octobre. “Non, il ne s’agit pas du développement d’une agriculture industrielle et de grosses exploitations maïsicoles, mais de la survie de petites exploitations de 30 à 50 ha dans une zone “peut-être la plus pauvre du Tarn », précise Xavier Beulin.
© Alexandre Renault

Dans une lettre ouverte publiée le 29 octobre, la FNSEA est revenue longuement sur le drame de Sivens qui a coûté la vie à un jeune militant de 21 ans. Quelques instants plus tôt, Xavier Beulin s’était exprimé vigoureusement sur cet évènement comme l’avait d’ailleurs fait Dominique Barrau, la veille. L’un et l’autre ont tenu à s’associer à la peine de la famille et déplorer cet « injuste et dramatique » décès. Mais au-delà du drame, la FNSEA a souhaité mettre les pendules à l’heure et dénoncer la manipulation de l’opinion au sujet de cette affaire.
Non, il ne s’agit pas de travaux pharaoniques, comme le laissent entendre ses détracteurs. Ni d’un barrage. Mais d’une retenue collinaire dont le volume d’eau s’élève à 1,5 million de m3 derrière une digue de 12,8 m de haut sur 315 mètres. La seconde manipulation concerne l’idée que l’on pourrait se faire du type d’exploitations concernées. Non, il ne s’agit pas du développement d’une agriculture industrielle et de grosses exploitations maïsicoles, mais de la survie de petites exploitations de 30 à 50 ha dans une zone « peut-être la plus pauvre du Tarn », précise Xavier Beulin. Exploitations qui ont besoin d’eau l’été pour couvrir le besoin des plantes, voire pour se lancer dans des productions à forte valeur ajoutée comme les semences pour sécuriser le revenu des agriculteurs locaux.

« Djihadistes verts »
Au-delà des aspects techniques, cette affaire pose aussi la question du fonctionnement de notre démocratie. En effet, la création de ce barrage a été adoptée après 10/12 ans de procédure à l’unanimité de toutes communes environnantes et une écrasante majorité du Conseil général du Tarn, le maître d’ouvrage. Il est remis en cause aujourd’hui non seulement par « des pacifistes écolos », mais aussi par « des activistes de tout poil » que Xavier Beulin traite de « djihadistes verts ».
Leur combat est avant tout idéologique : la  promotion de la décroissance et le retour à un équilibre « naturel » ancien aujourd’hui idéalisé. Dans cette affaire, la FNSEA en appelle au Gouvernement pour qu’il choisisse sa voie : « le redressement productif face à la contestation destructrice, le soutien de ceux qui produisent face aux paroles démagogiques de ceux qui ne font que parler ». Sinon, « l’équilibre démocratique est menacé » a déploré Xavier Beulin.

Un rapport mitigé
Depuis le démarrage début septembre, le barrage de Sivens, dans le Tarn, est l’objet d’affrontements réguliers entre la gendarmerie et les opposants. Destiné à l’irrigation des zones agricoles et au soutien du débit du Tescou, un affluent du Tarn,  les opposants ne veulent pas d’un ouvrage qu’ils associent à l’agriculture intensive et à la perte de la biodiversité. Le ministère de l’Ecologie a par ailleurs rendu public le 27 octobre le rapport d’expertise commandé pour évaluer la pertinence du projet. Les deux ingénieurs mandatés ont conclu « à une surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35 % », évoquant une étude d’impact au contenu  « très moyen » et « un problème de compatibilité entre le projet tel qu’il est actuellement présenté, les règles d’intervention du FEADER, et les règles applicables en matière d’aides publiques ». Considérant que l’arrêt du chantier « semble difficile », la mission d’expertise propose des orientations qui « s’écartent du protocole irrigation : une réallocation des volumes,  une amélioration des mesures compensatoires, et  un aménagement des règles de gestion de l’ouvrage ».  Mais elle rappelle également que « la réalisation du barrage est une chance pour ce territoire difficile » et que la gestion de l’eau reste un défi pour ce territoire où « l’agriculture reste l’activité économique principale » et où « la pénurie d’eau est une réalité incontestable ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Le Festival de l'élevage de Vire revient d'ici neuf jours. "Pour les partenaires, c'est le top. Participer à trois concours en un, c'est mieux", remarque Thierry Chanu. Les organisateurs promettent : "Un événement qui valorise la génétique, la passion des éleveurs et la transmission entre générations. Une journée conviviale et familiale".
Deux décennies de concours bientôt célébrées à Vire
Le festival de l'élevage de Vire se tiendra à l'hippodrome de la ville, samedi 13 juin 2026. Et si l'événement est inscrit…
La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB qui s'est tenu les 26 et 27 mai à Nancy.
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026…
"Parsème est l'exemple même de projet qui participe à montrer que nos campagnes œuvrent au dynamisme et à l'innovation", déclare Philippe Blaise, maire de Lingèvres, saluant "le parcours entrepreneurial de Victoria".
Les curieux se pressent à l'inauguration de Parsème en Normandie
Installée à Lingèvres, Victoria Briend a présenté son projet d'ampleur : Parsème. Jeudi 28 mai 2026, elle a convié…
Publicité