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MOISSONNEUSE-BATTEUSE
VIDEO : Battage en bio : et si on décomposait le chantier

Largement répandue notamment au Canada, la décomposition du chantier de battage est désormais une réalité dans le Bessin. On la doit entre autres à l’ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) Cairon de Commes (14) qui a investi l’été dernier dans un pick-up spécifique.

BATTAGE BIO ETA CAIRON
Vu dans le Bessin cet été, ce drôle de pick-up équipant une New-Holland TX 64.
© TG

L’agriculture biologique a ses spécificités notamment des cultures multi espèces avec mélanges de céréales, protéagineux, oléagineux (...) qui n’arrivent pas à maturité au même moment. Pas facile dans ces conditions de trouver le bon compromis de la date de battage avec des épis en surmaturité ayant tendance à s’égrainer au vent et d’autres en sous-maturité qui, par excès d’humidité, vont avoir tendance à chauffer le tas. Si on y ajoute une moins bonne maitrise des adventices, donc plus de vert dans la coupe, les risques de bourrage de la machine vont diminuer le débit de chantier qui va s’ajouter à une qualité de battage aléatoire.

Une première expérience dans le Bessin cet été

Pour résoudre le problème, l’ETA Cairon a décidé d’équiper cet été sa batteuse New-Holland TX 64 d’un pick-up spécifique lui permettant de reprendre en douceur des andains coupés quelques jours auparavant par une andaineuse automotrice servant principalement au colza. Les surfaces travaillées ne permettent pas encore de tirer des conclusions définitives sur cette technique mais Didier Cairon semble plutôt optimiste. « Un bon débit de chantier sans bourrage et une qualité de battage dans le standard des cultures conventionnelles. Il faut désormais transformer l’essai au cours de la moisson 2021 sur une plus grande surface et une plus grande variété de mélanges », espère-t-il.
Dans le détail, le chantier décomposé constitue une alternative mécanique au chimique visant à obtenir une homogénéité de maturité des graines tout en accélérant le processus de dessiccation des tiges (de céréales ou d’adventices).
Un processus plus ou moins long suivant la nature du mélange, le niveau d’infestation des adventices et les conditions météorologiques sachant que la fenêtre de tir doit être sécurisée « sans pluie ».

Plus onéreux mais des économies potentielles

Côté prix de revient, il va de soi qu’une opération supplémentaire va générer un surcoût mais, parallèlement, le chantier décomposé peut signifier certaines économies. Un meilleur débit de chantier surtout avec un andaineur regroupant la fauche droite et la fauche gauche au centre, moins de frais de séchage qu’en système classique, une plus grande facilité de triage ultérieur, des graines d’adventices qui n’auront pas eu le temps d’arriver à maturité donc moins de salissement pour la culture suivante (...), listent notamment les défenseurs de cette technologie.
Reste que le chantier décomposé n’est pas l’apanage de l’agriculture biologique. En agriculture conventionnelle, plus particulièrement en colza,  et avec de grandes parcelles générant des décalages de maturité, cette offre pourrait faire de nouveaux adeptes. A voir lors de la moisson 2021.

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