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Betteravier : mettez un débardeur pour l'automne

L'entreprise Jean-Pierre Delente (Bourguébus-14) complète son offre betteravière en proposant un débardeur. Entretien avec François Goerst, directeur commercial de ROPA, son fabricant.

© TG

>> Quel est le concept du débardeur?
A la base, c'est une intégrale qui arrive en fin de vie au niveau du bâti d'arrachage. On le dépouille donc de tous ses organes arracheur et nettoyeur. On ne garde que les modules moteur et trémie. Grâce à cela, nous disposons d'une trémie de 40 m3 équivalente à celle de l'intégrale.

>> Quels sont les avantages du débardeur ?
Le premier que je citerai est que le débardeur ROPA est en mesure de travailler en crabe et donc de mieux préserver la structure de la parcelle.
Autre avantage non négligeable, c'est la confection du silo par déchargement latéral qui préserve le fond. Plus d'ornière et donc pas de betterave qui échappe à l'avaleur.

>> Le débardeur existe depuis longtemps ?
Aux couleurs ROPA, c'est le premier en service en Basse-Normandie mais certaines entreprises l'utilisent depuis 2008/2009 comme en Picardie. Aucun utilisateur ne reviendrait en arrière.

>> Quels sont vos axes de recherche et de développement ?
Des machines de plus en plus sophistiquées comme la Tiger 5 mais toujours avec ce souci de préserver la structure du sol. C'est d'ailleurs dans ce sens que nous avons développé un partenariat avec Michelin autour du pneu Ultraflex basse pression. On peut descendre à 1,4/1,5 bar trémie en charge contre 2,5 auparavant. On ne peut donc plus affirmer que l'intégrale tasse le sol.

>> Des progrès à attendre en terme de débit de chantier ?
Un ha/h, c'est déjà une belle prouesse aujourd'hui. Je pense qu'en débit de chantier, on arrive à des limites. Même si on équipait nos machines de bâti d'arrachage plus large, on serait limité par la capacité de la trémie.
Nous privilégions donc désormais la qualité de la récolte. C'est d'autant plus important avec les campagnes betteravières qui vont s'allonger. Une betterave arrachée début décembre qui va être enlevée en janvier ne doit pas être blessée sinon risque de pourriture.

>> Que représente le marché français pour ROPA ?
C'est le premier ou second marché selon les années. Un marché qui évolue. Il y a 5 ans, 95% de nos clients étaient des entrepreneurs de travaux agricoles. Aujourd'hui, c'est 60% et 35 % de CUMA. Des CUMA qui abandonnent l'automotrice pour passer à l'intégrale.

>> Ce savoir-faire en la betterave peut se décliner en pomme de terre ?
Nous avons développé du matériel pomme de terre depuis 2014 que nous commercialisons désormais, notamment une traînée 2 rangs. Mais ROPA est avant tout un constructeur d'automotrice. Nous serons donc capables de proposer une arracheuse de pommes de terre automotrice dans un futur proche.

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