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Elevage
Bien élever les génisses allaitantes

Les génisses de renouvellement sont l'avenir du troupeau allaitant.

Assurer un taux de renouvellement de 15 à 25 %
Assurer un taux de renouvellement de 15 à 25 %
© DR

Sur le plan technique, l'éleveur a pour objectifs que le premier vêlage se passe bien, que la génisse ait du lait et qu'elle fasse une bonne carrière. Autant de points influencés par la croissance des génisses pendant la phase d'élevage et par un choix cohérent des accouplements.

Assurer un taux
de renouvellement de 15 à 25 %

Une bonne conduite du troupeau nécessite de réformer sans état d'âme les vaches qui posent problème. Les vaches qui produisent mal (vêlage difficile, pas assez de lait, mauvais veau, …), celles qui sont improductives (vaches vides, vaches qui perdent leur veau, …), celles qui sont âgées ou se sont trop retardées, doivent être réformées. Cette rigueur dans la politique de réforme permet de maintenir des vêlages groupés et de bons résultats de reproduction : des IVV de 365 à 375 jours et une productivité numérique supérieure à 92 % (92 veaux sevrés sur 100 vaches mises à la reproduction).
Le taux de renouvellement objectif est de 15 % pour les races rustiques et de 25 % pour les Charolaises et Blondes d'Aquitaine. Pour assurer ce taux, il faut élever quelques génisses en supplément pour faire face aux accidents : mortalité, infertilité…
Un taux important d'élevage permet de ne pas réformer des vaches trop vieilles. Au delà de 9 ou 10 ans, leur qualité bouchère se dégrade et elles sont plus difficiles à vendre.

Mise à la reproduction à 65 %
du poids adulte

Le poids d'une vache adulte après vêlage se stabilise vers 5-6 ans et varie de 600 à 750 kg selon la race (tableau 1).
Jusqu'au sevrage, la croissance objective de la génisse est de 900 à 1 000 g/jour. Une conduite qui vise à faire pâturer de l'herbe de bonne qualité permet d'exprimer au mieux le potentiel génétique de la vache en assurant une bonne production laitière et le potentiel de sa fille en garantissant une bonne croissance à l'herbe au delà du 4e mois.
Au cours du 1er hiver, la capacité d'ingestion de la génisse est limitée. La ration doit être composée de fourrage de bonne qualité et être complémentée le cas échéant.
La puberté des génisses intervient lorsqu'elles ont atteint 55 à 60 % du poids adulte. Des retards de croissance risquent de provoquer des anoestrus en fin de deuxième hiver et donc de retarder la première mise à la reproduction. Pour maintenir des vêlages groupés, les génisses doivent vêler les premières. Pour éviter les problèmes de fertilité, il est nécessaire d'assurer des bonnes croissances à l'herbe en 1re saison de pâturage et de maintenir des croissances de 300 à 400 g/jour durant le second hiver. Pour cela, il faut veiller à ne pas rentrer trop tardivement les génisses et leurs réserver des fourrages de qualité. Une croissance plus élevée est possible (500 à 600 g/jour) si un léger retard doit être rattrapé. D'autre part, pour assurer une bonne fertilité, un flushing avec apport supplémentaire d'énergie (1 à 1,5 kg de céréale) peut être réalisé dans les semaines qui précèdent la mise en reproduction.

Un bon développement
et un bon état au vêlage

Après vêlage, les génisses doivent peser environ 100 kg de moins que les vaches adultes. Durant les derniers mois de gestation, la croissance objective est de 400 à 600 g/jour (développement du fœtus compris). Il faut veiller à ce qu'elles ne puisent pas dans leurs réserves et à adapter la complémentation pour éviter de les engraisser. Après vêlage, pour que ces génisses continuent leur croissance et qu'elles soient fertiles, une alimentation plus énergétique que les vaches adultes est recommandée. Les primipares ont des besoins de croissance et une capacité d'ingestion plus faible. Il faudra donc leur réserver les fourrages de meilleure qualité, et complémenter le cas échéant : 1 à 1,5 kg de concentré de plus que les vaches adultes.

Des bonnes croissances
pour vendre des vaches lourdes

En système allaitant avec vente de broutards, la vente des réformes représente 50 % du produit viande, soit autant que la vente des veaux au sevrage. Le poids de carcasse des vaches est donc important dans le résultat final. Les croissances pendant la phase d'élevage sont déterminantes pour le poids de carcasse : plus 60 kg vif à 2 ans se traduiront par un poids supplémentaire de 30 kg carcasses (source : réseau d'élevage Charolais).
La pesée régulière des génisses pendant la phase d'élevage permet de vérifier que les objectifs de croissance fixés sont atteints. La mise en place récente du contrôle de croissance des génisses de testage en ferme constitue une incitation supplémentaire à progresser sur l'élevage.



Jean-Claude Dorenlor
Chambre d'Agriculture
de la Manche

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