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François Chotard, agriculteur dans l'Orne
Bien s’équiper en bâtiments plutôt qu’en tracteur de grosse puissance

A son installation, François Chotard a construit une stabulation de 1 200 m2, puis une nurserie pour les veaux, puis un hangar à paille... Du bâti plutôt que du matériel.

"On a fait pas mal de constructions : une stabulation de 1 200 m2 à mon installation en 2002, une nurserie pour les veaux (le prix d’un tracteur de 160 cv), un hangar à paille (le prix d’un tracteur de 110 cv avec fourche)...” François Chotard et sa maman Jacqueline, associés au sein du Gaec du Chêne Creux à Livaie dans l’Orne, apprécient plus particulièrement en ces temps hivernaux leurs nouvelles conditions de travail. Le fruit d’un choix stratégique qui privilégie le rationel et le fonctionel. “Au moins, toute la paille est logée, les ficelles ne sont pas mouillées. Plus besoin de tirer avec un bâton pour les dégager”, commente à titre d’exemple Jacqueline.

180 animaux et un deux roues motrices
Et ce n’est pas un détail. Au Gaec du Chêne Creux, on a fait l’an dernier 60 ha de paille (dont de l’achat extérieur) et 35 ha de foin. Plus qu’il n’en faut pour affourager les 180 animaux durant toute la saison mais l’offre était là, les capacités de stockage aussi. Aux petits soins avec les animaux ! “J’aime leur consacrer du temps. J’aime aussi le suivi des cultures, traiter, semer de l’engrais... Labourer aussi mais ça m’ennuie vite, une journée, ça va”, avoue François. En fait, il n’a pas la passion du tracteur. “Qu’il soit vert, bleu ou rouge, peu m’importe”. A contrario, il veille à la puissance mais pas obligatoirement dans le sens attendu. Juste ce qu’il faut, pas plus ! Sa dernière acquisition, un tracteur de “85 cv, deux roues motrices. Ça suffit pour désiler, faucher, faner, tirer la bétaillère... Plein de gens m’ont dit : dommage que tu l’aies pas pris en quatre roues”, s’amuse-t-il. Au bout de l’année, François et Jacqueline n’auront cumulé que 800 à 850 heures de tracteurs pour la centaine d’hectares qu’ils exploitent.

Déléguer ses travaux
Au Gaec du Chêne Creux, on délègue à l’ETA (Entreprise de Travaux Agricoles), pas mal de chantiers : travaux de récolte, bottelage, taillage de haies, semis de maïs et de colza, épandage du fumier. “Ils viennent à trois avec deux épandeurs. C’est réglé en quelques heures, moi j’y passerai deux jours”, assure François. Eux, c’est l’entreprise Appert (membre d’EDT Normandie-lire ci-contre) de St-Ellier-des-Bois qui comptabilise à l’année 6 500 heures d’automoteurs. Aux commandes de l’ETA, trois cogérants : Daniel Appert (son fondateur) et ses successeurs Dominique Delahaye et Lionel Aubine. L’entreprise dispose également d’un salarié permanent et fait appel à de la main-d’œuvre saisonnière.  Elle apprécie particulièrement ce type de clientèle “car ce que l’on cherche, c’est faire bosser l’entreprise au delà des moissons”, argumentent Dominique et Lionel. Dans cette relation agriculteur/prestataire de services, c’est du donnant/donnant. Du travail presque toute l’année en échange d’une disponibilité sans faille. “Cette année, on a semé chez François et Jacqueline le 8 mai, jour de congé. En cette période de semis de maïs, on travaille jour et nuit s’il le faut. Un seul équipement mais trois chauffeurs : on a aligné jusqu’à 36 heures en continu”. De la disponibilité donc mais aussi de la réactivité. “L’autre jour, c’est à peine si j’avais raccroché le téléphone qu’il était déjà dans le champ”, s’amuse notre éleveur.  Merci aussi le portable.
Reste l’avenir. Quelle stratégie adopter après le départ à la retraite de Jacqueline ? Embaucher, trouver un associé... François n’a pas encore la réponse. Une chose est cependant certaine: sa solution ne passera pas par le sur-équipement.

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