Aller au contenu principal

PORC
Bientôt un pôle des viandes françaises en grandes surfaces ?

L’environnement de la production porcine a largement occupé les débats de la journée régionale organisée au lycée agricole de Thère, lundi dernier.

© JC Gutner

Une trentaine d’éleveurs sont venus échanger sur les dossiers d’actualité avec Jean-Michel Serres, président de la Fédération Nationale Porcine (FNP), et Paul Auffray, secrétaire-général. Sur la conjoncture, la FNP dénonce l’instrumentalisation dont l’exportation vers la Russie est l’objet.
La fermeture récente des frontières pour un cas de peste porcine africaine détecté en Lituanie montre à quel point la production est tributaire d’enjeux diplomatiques qui la dépassent. Les négociations sont en cours avec les autorités russes et la FNP espère mettre en avant la localisation géographique du problème sanitaire pour rouvrir les flux d’exportation d’Europe de l’ouest vers la Russie.
Un logo commun
Cette attente d’un renouveau de l’exportation ne réduit en rien la motivation de la FNP pour la valorisation du marché national. La démarche «viandes de France» a ainsi été présentée. Elle consiste en une harmonisation des démarches d’identification de l’origine nationale menées depuis de longues années par toutes les filières « viande ». Elle sera lancée officiellement lors du salon de l’agriculture et permettra au consommateur d’identifier facilement les viandes françaises grâce à un logo commun. Jean-Michel serres espère que cette démarche aboutira à « créer un rayon dédié aux viandes françaises en grandes surfaces ».

ICPE : traduire en acte
La FNP demeure prudente quant à l’application du régime d’enregistrement des installations classées pour l’environnement (ICPE) et notamment sur les conditions de basculement entre régime d’enregistrement et régime d’autorisation. Cet assouplissement des conditions de modernisation dans les élevages est pourtant une attente pressante des éleveurs. Jean-Michel Serres le reconnaît. “Notre production a besoin d’investissements et nous devons être prioritaires dans l’accès au fonds de modernisation annoncé par le Président de la République ». Toutefois, la clarification réglementaire est indispensable tant la pression d’associations malveillantes à l’égard de la production porcine est importante. Paul Auffray observe pourtant un changement d’attitude des élus à l’égard de la production : « il a fallu les catastrophes de Doux et Gad en Bretagne pour que les élus réalisent que les emplois industriels ne vont pas sans la production locale ».

Mâles entiers, sujet tabou ?
Enfin, la question de l’arrêt de la castration des porcs mâles en 2018 a suscité des réactions. Une démarche de valorisation des mâles entiers est d’ores et déjà engagée par un groupement. «C’est faire courir un risque à tout le monde » estiment certains éleveurs. Pour Jean-Michel Serres, « le traitement de la douleur ne pourra être éludé, il faut approfondir les études et pour le moment, la question des mâles entier ne peut pas être discutée sereinement ». Il attire aussi l’attention sur le fait que la technique de l’immuno-castration, promue par certains opposants aux mâles entiers, ne réjouit guère les consommateurs dans la mesure où elle s’accompagne de traitements hormonaux. Pour Paul Auffray, il faut « souhaiter que le groupement réussisse et que des instruments de mesure incontestables soient  mis au point». Plus globalement et à l’occasion du renouvellement syndical, il interpelle les éleveurs sur les risques d’un repli sur soi sur les exploitations et à l’intérieur des organisations elles-mêmes. Il les encourage à s’engager dans l’intérêt collectif des éleveurs et afin de ne pas céder à la tentation de démarches individuelles qui, au final, nuisent à l’intérêt collectif des éleveurs et de la filière toute entière.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
Le Gaec du gard de Breuville s'impose à Lessay en remportant le titre de grande championne et le duo d'élevage.
Concours de race Jersiaise : ce Gaec du Cotentin triomphe à Lessay et au Space
En race Jersiaise, il y avait neuf animaux en compétition à Lessay le 11 septembre, et 19 vaches le 17 septembre au Space à…
Maïs sécheresse
Plan CASI : les formulaires de demande d'aide financière disponibles dès lundi 21 septembre dans la Manche
Dépôts des demandes d'aide financière Dans la Manche, 2,8 millions d'euros sont prévus pour aider les exploitations les plus…
Publicité