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Energie
Biocarburants : au delà du dossier agricole un projet de société

Brocardée par la Coordination rurale, la filière longue biocarburants dispose d’atouts pour s’imposer. Quatre témoins à la barre!

"Une opportunité pour notre agriculture : produire de l’énergie renouvelable et affirmer une indépendance énergétique tout en luttant contre l’effet de serre" estime la FDSEA.
"Une opportunité pour notre agriculture : produire de l’énergie renouvelable et affirmer une indépendance énergétique tout en luttant contre l’effet de serre" estime la FDSEA.
© TG
Exit les biocarburants industriels. L’avenir, c’est l’incinération des céréales ! Les positions de la Coordination rurale sur ce dossier, publiées dans notre édition du 9 novembre (page 8), ne convainquent pas, loin s’en faut. Micro-trottoir ! Marc Buon (président de la FDSEA). Un plus environnemental "Il ne faut pas déconnecter le dossier de son contexte environnemental. Rappelons les faits. En 1997, l’Union Européenne adhère au protocole de Kyoto avec obligation de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport à 1990. Aux directives européennes de 2003 (incorporation de 2 % de biocarburants en 2005 et 5,75 % en 2010), la France affiche une plus grande ambition avec son plan biocarburants : 5,75 % en 2008, 7 % en 2010 et 10 % en 2015. Il s’agit d’une opportunité formidable pour notre agriculture : produire de l’énergie renouvelable et affirmer une indépendance énergétique (notamment vis-à-vis du pétrole) tout en luttant contre l’effet de serre. L’Etat ne s’y est pas trompé. Outre la réduction des émissions de CO2 et de gaz à effet de serre, la défiscalisation est compensée par la création (ou le maintien) de 19 520 emplois d’ici 2010 (6,1 emplois/1 000 t de biodiesel). Globalement, sur les 25 e de défiscalisation accordés par l’Etat, environ 23,60 e sont générés grâce aux retombées environnementales, sociales et économiques des biocarburants". Bertin George (agriculteur à St-Aubin-d’Arquenay). De la marge en terme de surface "Affirmer comme le fait la Coordination rurale "qu’il faudrait choisir entre manger et rouler" ne tient pas l’analyse. La France, en tant que premier pays agricole européen, a tous les atouts pour développer les débouchés non alimentaires. L’objectif de 10 % représente une surface de 2,5 Mha pour une surface agricole totale de 27 Mha. Rappelons ainsi qu’aujourd’hui 1,2 Mha sont en jachère. On peut donc aller beaucoup plus loin sans compter les progrès génétiques et l’amélioration des rendements. Ainsi, l’objectif de 10 % d’incorporation dans les essences et le gazole sera atteint sans difficulté et sans importation". Patrice Lepainteur (agriculteur à Montchamp). Un plus aussi pour les éleveurs "Non seulement le développement d’une filière longue biocarburants ne va pas affamer la planète mais, de plus, elle constitue un plus pour les éleveurs. Elle va permettre par exemple de valoriser le tourteau de colza chez les vaches laitières sachant que l’utilisation d’un kg de tourteau de colza à la place d’un kg de soja ne modifie pas la production. Une utilisation accrue du colza permettrait ainsi d’économiser 650 000 t de tourteau de soja. Développer la filière biocarburants, c’est donc produire aussi du lait (et de la viande) tout en diminuant nos importations de protéines en provenance des Etats-Unis ou du Brésil". Eric Dechaufour (agriculteur à St-Aignan-de-Cramesnil) La plus-value en question "Dans le monde agricole, on évoque souvent le partage de la plus-value. Dans le monde industriel, on parle d’une plus-value maximale. Ne soyons donc pas timorés et affichons notre ambition. Mais pour ce faire, le développement des biocarburants implique une politique qui dépasse les limites de l’exploitation agricole. Politique qui intègre la recherche, les normes, la fiscalité, la dynamique de filière (notamment l’organisation économique des producteurs). Elle suppose également une contractualisation entre producteurs et OS (Organisme Stockeur) pour sécuriser le revenu et assurer la pérennité des engagements. On ne peut d’ailleurs à ce titre que se féliciter que l’objectif défendu par la FOP d’une rémunération de 230 e/t rendu producteur pour la graine diester ait été atteint. Sans filière organisée, point de salut".Pierre Cuypers (1) Les arguments de nos opposants témoignent de leur manque d’ambition pour l’agriculture et la société. Si nous ne nous organisons pas pour développer les biocarburants, d’autres le feront à notre place en captant la valeur ajoutée. Comment peut-on envisager un instant que la France reste en dehors de ce nouveau défi agricole alors que de nombreux pays sont en train d’investir massivement. C’est aujourd’hui que tout se joue. Si nous avons des usines, nous aurons demain des débouchés pour nos productions. N’oublions pas que les biocarburants vont aussi permettre le développement de nouvelles molécules pour la chimie verte. (1) : Président de la Chambre d’Agriculture de Seine-et-Marne.
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