Biolait chiffre les services environnementaux des prairies
Au Sommet de l'élevage, Biolait a livré le bilan des diagnostics menés sur ses fermes : des prairies pâturées qui préservent l'eau et stockent le carbone.
Biolait a présenté, le 6 octobre au Sommet de l'élevage en Auvergne, les résultats des diagnostics réalisés sur ses fermes entre 2024 et 2026. Menés avec Carbone Farmers auprès de 200 exploitations laitières, ils mettent en évidence les bénéfices des systèmes bio pâturants pour la préservation de la quantité et de la qualité de l'eau, ainsi que leur capacité à stocker davantage de carbone. Le premier collecteur de lait bio en France rassemble 1 040 fermes laitières biologiques, soit près de 90 000 hectares de prairies.
Le fonctionnement de ces exploitations repose sur une place importante donnée à l'herbe et au pâturage. L'herbe représente 95 % de l'alimentation des vaches, avec une surface pâturée moyenne de 75 ares par vache et par an. Les vaches ont pâturé en moyenne 279 jours en 2025, soit quatre mois de plus qu'en élevage conventionnel (143 jours en moyenne, source IDELE) et deux mois de plus qu'en élevage biologique (199 jours).
Une eau mieux préservée
Les diagnostics révèlent d'abord un excédent du bilan azoté inférieur de 77 % à la référence nationale, donc un risque réduit de lessivage des nitrates vers les eaux souterraines et de surface. Les fermes comptent presque quatre fois plus de haies : 97 mètres linéaires par hectare de SAU contre 27 mètres pour la référence. Ces haies ralentissent les écoulements, favorisent l'infiltration et limitent l'érosion. Une densité animale inférieure de 11 % et une moindre mécanisation réduisent enfin la pression sur les sols.
Un stockage de carbone supérieur
Le stockage atteint 0,48 kg équivalent CO₂ par litre de lait, contre 0,15 kg dans la référence nationale (+220 %) et 0,34 kg dans la référence bio (+41 %). À l'hectare, il s'élève à 1 674 kg, contre 876 kg au niveau national (+91 %). L'indice de biodiversité est supérieur de 17 % et la consommation d'énergie inférieure de 60 % par hectare, le pâturage limitant le temps passé en bâtiment et les besoins en mécanisation.
Les fermes engagées se sont donné cinq ans pour progresser. Les deux tiers comptent activer au minimum trois leviers pour réduire les émissions ou augmenter le stockage : 65 % des fermes vont réduire leurs effectifs de génisses, 45 % planter davantage de haies, avec un objectif de 101 mètres linéaires par hectare à cinq ans, et 42 % augmenter la production par vache laitière.
Biolait travaille à un rapprochement des enjeux liés à l'eau et à la décarbonation, permettant le maintien d'une production laitière dans les territoires, notamment les zones peu denses. " Nous devons collectivement prendre conscience que l'avenir de nos territoires repose sur les systèmes pâturants", estime Philippe Marquet, président de Biolait.