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L’interview de la secrétaire générale de JA 61
Blandine Julienne : " J’aime gérer le relationnel et le terrain "

Blandine Julienne est installée en lait et cultures avec son conjoint Vivien à Bizou, dans le secteur de Longy-au-Perche. D’une nature stressée, elle a appris, au fil des expériences, à prendre du recul et à gagner en assurance. La secrétaire générale des Jeunes agriculteurs souhaite mettre l’accent sur la communication positive.

Blandine Julienne, JA 61
Blandine Julienne est membre du conseil de région de son ancienne coopérative. « C’est intéressant de garder un pied dans le réseau, après l’avoir connu de l’intérieur comme salariée. »
© DR

>> Blandine Julienne, qui êtes-vous ?
Je suis fille d’agriculteurs dans la Sarthe. Mes parents sont retraités, mais ils ont eu des vaches laitières, allaitantes et des volailles. En 2000, l’élevage a été touché par l’ESB. Les deux troupeaux ont été abattus. J’avais 12 ans. J’étais sous le choc. C’est dur de voir les bâtiments vides. Après le lycée, j’ai voulu devenir véto, mais j’étais trop stressée pour suivre le rythme de la classe prépa. Alors je suis partie en BTS productions animales à Laval, puis en licence pro métiers des conseils en élevage à l’ESA d’Angers. À la sortie de l’école, j’ai travaillé deux et demi au Seclo à l’époque, comme conseillère d’élevage dans le secteur de Domfront. Quand j’ai rencontré mon conjoint, je suis venue dans le Perche. J’étais employée chez Agrial pendant cinq ans. D’abord comme technico commerciale polyvalente puis nutritionniste. Je me suis installée en avril 2018. Avec Vivien, nous avons 300 ha de cultures, produisons 785 000 l de lait avec un robot. On embauche un salarié et un apprenti. C’est ce que je voulais depuis mon BTS.


>> Qu’avez-vous appris de ces années entre le BTS et votre installation ?
Entre le contrôle laitier et la coopérative, j’ai pris confiance en moi. Avant, je prenais toutes les remarques de front, sans recul. Certains agriculteurs ne sont pas tendres. L’expérience m’a appris à ne pas m’écrouler. J’ai aussi acquis un réseau de connaissances. J’ai vu tellement de fermes et de systèmes différents que j’ai un panel d’exemples pour savoir ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Il faut prendre du temps et du recul sur ses décisions, ne pas investir à tout va. La réflexion demande du temps d’observation, pour se rendre compte des effets positifs comme négatifs d’un changement de conduite dans l’exploitation.

>> Comment avez-vous commencé JA ?
Je suis entrée au canton en 2014. Il y avait une équipe de copains, ça me faisait envie. Je me suis dit, pourquoi pas. En 2016, on a organisé la Fête de la terre au Mage. On s’est vraiment impliqué. En 2018, j’ai remplacé Benoît Koning à la tête de la commission lait. J’y participais déjà. On voyait Alban Courtecuisse s’impliquer dans les dossiers. Je ne suis pas butée pour rester à un poste. Il est jeune et motivé, alors go, il a pris la responsabilité du lait.

>> Et le poste de secrétaire général ?
Je ne l’ai pas vu venir ! (rires). On a fait le tour des personnes pour préparer les élections. On m’a dit que le rôle de SG m’irait bien, les gens ont confiance en moi. J’aime bien gérer le relationnel, le terrain. Alors j’ai dit oui à condition d’avoir deux suppléants un du côté d’Alençon et l’autre dans le bocage. Je peux compter sur Nicolas Chevalier et Paul Chevalier comme SG adjoints. Je suis super contente, ils sont sérieux et moteurs. J’ai une confiance en eux quasi aveugle. Dans mes missions, je gère le personnel, Élise Leloup et Amandine Allais, les deux animatrices. On s’entend bien, c’est agréable de travailler avec elles.

>> Le SG avance en binôme avec le président. Comment fonctionnez-vous avec Jean-Baptiste Goutte ?
Je connais Jean-Baptiste depuis quatre ans ; on s’est rencontré à l’école des responsables. C’est une formation que propose JA 61 où on apprend à prendre la parole en public, à gérer des réunions, à connaître JA National et les autres instances... Les liens avec JB se sont resserrés depuis qu’on est au bureau de JA. On s’entend bien, on avance dans le même sens. C’est facile. Je suis à l’aise avec lui et vice versa.

>> Le bureau départemental compte deux femmes. Une première.
C’est bien car nous n’avons pas forcément la même façon de travailler que les hommes. Si les gars sont plus « brutus », nous, les filles, on arrondit davantage les angles. Même si on sait dire les choses et ne pas se faire marcher sur les pieds. J’ai toujours été entourée par des hommes, même en primaire. J’ai deux grands frères. J’ai l’habitude des milieux masculins. Mais je n’aimerais pas non plus travailler qu’avec des filles.


>> Quels sont les dossiers que vous défendez ?
L’installation, bien sûr. Dans l’Orne, il y a une dynamique importante d’installation. J’aimerais qu’on accentue la communication positive sur le métier, en lien direct avec le grand public et par des vidéos. Les agriculteurs sont régulièrement dénigrés, souvent par méconnaissance du métier. Les gens prennent les choses à charge contre nous. Mais il faut que chacun ait la parole. On pourrait imaginer des vidéos tournées dans les fermes, qui parlent de façon positive de notre métier et du syndicat. Car, pendant le confinement, les Français étaient contents de nous trouver.

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