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Filière courte
Blé planifiable : la filière courte fait son chemin

Au cœur du Cotentin, un pur céréalier a trouvé sa place. Entre les herbages, Patrick Broquet cultive 150 hectares. Il adhère à l’initiative “Moissons du Cotentin” depuis 5 ans.

"Je trouve plus motivant de produire du blé pour les gens que pour les cochons de la porcherie voisine”, insiste Patrick Broquet, installé à Canville-la-Rocque (50). Partant de ce constat, l’agriculteur a immédiatement été séduit par la démarche d’Arnaud Roupsard. Avec une surface céréalière conséquente, l’agriculteur intégrait les critères recherchés. Le projet “Moissons du Cotentin” a débuté depuis 5 ans. A l’époque, le meunier cherchait 7 à 10 producteurs au sein du parc des marais du Bessin. Objectif : produire du blé planifiable supérieur.
Pour adhérer au projet, l’agriculteur s’est formé. Les producteurs ont bénéficié de l’appui du Parc des Marais et d’un technicien de la Chambre d’agriculture. Une dizaine de variétés a été sélectionnée.

Une filière courte rentable
Les reliquats d’azote se sont multipliés. “Avec le Parc, j’ai signé une charte de bonne pratique culturale. Elle intègre aussi l’entretien des haies. Traitement herbicide ou fongicide, nous avons appris à cultiver un blé planifiable. Pour une utilisation boulangère, nous devons au minimum effectuer 3 à 4 passages d’azote. Le dernier est réalisé à épiaison pour développer les protéines. Au final, c’est un challenge technique. Je dois trouver le bon compromis entre rendement, qualité et marge. Exemple : je n’ai pas d’élevage, donc pas de fumier. Est-ce valable « d’azoter » beaucoup pour avoir des protéines vu les prix de l’engrais ?” Patrick Broquet produit annuellement 600 à 700 tonnes de céréales. Arnaud Roupsard s’engage à collecter le blé qui ne respecte pas les normes en déclassé. Financièrement, l’agriculteur gagne à participer à cette filière courte. “J’ai une plus value de 10 euros quand le blé est planifiable. Dans le cas contraire, j’en perds 10. Mais dans le pire des cas, cette démarche reste valable. Entre le tri et le transport, il faut compter 20 euros de frais pour le blé livré à Rouen”, rappelle Patrick Broquet.

Investissement dans le séchage
L’agriculteur livre donc sa production au Ham, à 20 kilomètres de son exploitation. Il fournit le moulin en moyenne tous les 15 jours. La capacité de stockage est en effet l’une des conditions pour participer à la démarche “Moisson du Cotentin”. Patrick Broquet est même allé plus loin. Il a investi 135 000 € dans des cellules séchantes. Car, c’est la difficulté de cultiver du blé dans le Cotentin : récolter à 14 % d’humidité. “Je peux ainsi moissonner à 18 % d’humidité et ne pas perdre en PS, ni qualité. Le séchage me coûte ensuite 3 à 4 €/t”. Dernier investissement de Patrick Broquet : une machine à pain. Histoire de goûter la filière courte jusqu’à la mie !

Engagement avec le Parc des Marais
du Cotentin et du Bessin

- Les producteurs s’engagent à adopter le programme phytosanitaire aux conditions pédoclimatiques et à la tolérance variétale.
- Les producteurs s’engagent à fractionner les apports en fertilisants en appliquant automatiquement une “dose efficace minimum” et en pratiquant des calculs prévisionnels à partir de la “méthode du bilan” ainsi que des contrôles en cours de campagne (JUBIL, N tester ou autres).
- Les producteurs s’engagent à installer, à l’issue de la récolte de blé, une culture intermédiaire piège à nitrates sur l’ensemble des parcelles contractualisées à la filière “Moissons du Cotentin” et dépourvues de couvert hivernal.
- Les producteurs s’engagent à procéder à des analyses de sol régulières (P, K, pH et matière organique), et ne dépassant en aucun cas la fréquence des 5 années entre deux analyses.
- Les producteurs s’engagent à maintenir ou allonger les rotations des parcelles dévolues à la production de blé panifiable.
- Les producteurs s’engagent à s’inscrire dans une démarche de management environnemental visant à améliorer la performance environnementale de leurs exploitations vis-à-vis de cibles telles que l’énergie, l’eau, les déchets, la biodiversité, l’insertion paysagère…
- Les producteurs s’engagent à participer à toute action de communication décidée collectivement dans le cadre de cette filière.

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