Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Environnement
Bocage : regarnir ses haies

Avec près de 120 000 kilomètres, la haie façonne une grande partie des paysages de Normandie. Ses intérêts environnementaux ne sont plus à démontrer (brise vent, lutte contre l'érosion, biodiversité, production de bois…).

Avec le temps, différents facteurs tels que les tempêtes, la maladie de l'Orme, le piétinement des animaux favorisent leur vieillissement. Des trouées apparaissent dans la haie, les arbres deviennent isolés et les talus s'érodent. Pour que le bocage conserve ses fonctions, il devient alors nécessaire de rénover les haies qui se dégradent. A chaque fois, la réussite de l'opération repose sur la qualité et le suivi de l'intervention.

Haie d’ormes morts à rénover
La rénovation d'une haie est un travail difficile nécessitant un inventaire et un suivi régulier. L'intervention doit débuter par un diagnostic rapide de façon à connaître le potentiel existant.
Le diagnostic se fait par section minimale, de 15 à 20 mètres. C'est l'espace nécessaire au développement d'un arbre adulte. Dans chaque section ainsi déterminée, un inventaire est réalisé.
Lors des opérations hivernales de récoltes de bois de chauffage, les trouées à rénover apparaissent nettement. C'est alors le bon moment de procéder à des regarnissages en replantant ces trouées. Ainsi, les jeunes plants profiteront pour s'installer de l'espace libéré et surtout de la lumière libérée lors de la récolte du bois de chauffage. Ainsi, les jeunes plants auront plus de temps pour s'installer avant que les rejets issus des souches voisines ne les concurrencent.

Haie avec de nombreuses trouées à regarnir
Pour l'étage arboré, seront repérés les arbres, les baliveaux d'avenir, les jeunes semis de plus de 0,5 mètre de hauteur qui pourront s'affranchir et former un arbre d'avenir (chêne, hêtre, merisier…).
Concernant l'étage intermédiaire, on notera toutes les essences arbustives à partir de 0,5 m de hauteur susceptibles d'être recépées (châtaignier, frêne, noisetier…). L'étage bas devra quant à lui être composé d'arbustes (fusain d’Europe, cornouiller, néflier…).

Déterminer ses objectifs
Suivant les objectifs assignés à la haie (brise-vent, protection, production...), on adaptera son intervention et les essences plantées.
Traditionnellement, les haies bocagères sont situées sur talus Lorsque ce dernier ne présente plus d'éléments d'avenir, la reconstruction complète ou partielle du talus pourra être envisagée.
Avant la plantation, il peut être envisagé de retirer les souches vieillissantes qui ne sont plus susceptibles de produire des éléments viables.
La terre entre les souches restantes peut alors être retirée. La plupart du temps, celle-ci est “lessivée” et donc peu fertile.
A l'aide d'une pelle hydraulique, le talus est ensuite rechargé en terre végétale prélevée dans la parcelle, soit en créant un fossé évasé ou en prélevant de la terre sur une dizaine de mètres de large. Suite à ce chargement, la pelle effectue un reprofilage en tassant modérément le talus.
La forme du talus doit être trapézoïdale avec un sommet plat d'au moins 80 centimètres.

Protéger les jeunes plants
La mise en place de plants s'effectue entre le 25 novembre et le 31 mars. Les plants utilisés seront de hauteur limité. Il est conseillé d'utiliser des jeunes plants d’essences locales âgés de 2 ans (3 ans maximum) repiqués une fois en pépinière (hauteur 55 à 100 cm de hauteur), avec un collet fort et une provenance géographique connue et adaptée au département de plantation. Dans ces conditions, il ne sera donc pas utile de tuteurer. Pendant l'opération de plantation, les plants seront toujours conditionnés en sacs plastiques pour préserver le chevelu racinaire de la lumière et du vent. Les plants non replantés dans les 5 jours suivant leur arrachage en pépinière seront mis en jauge pour préserver leur fraîcheur.
Les plantations sur talus sont parfois délicates. La reprise peut être moins bonne qu'à plat. L'installation d'un paillage est alors impérative.
Dans le cas de regarnissage ponctuels, l'utilisation de dalles biodégradables de 50 à 60 centimètres de largeur ou un apport de copeaux feuillus est fortement préconisé. Pour être efficace, le paillis choisi doit rester en place au moins 18 mois. Il évitera notamment le développement de la végétation concurrente. Le paillage maintiendra également l'humidité au sol.

Replantation d’une haie bocagère sur talus
Suivant la pression de la faune sauvage, des protections gibiers pourront être posées. Elles auront également l'intérêt de faciliter le repérage des plants et d'éviter ainsi les dégâts lors des opérations de débroussaillage.
La mise en place de clôtures protégera le talus du piétinement du bétail.
Il faudra également prévoir au moins un débroussaillage autour du plant dès la première année (par exemple en mai-juin). Selon la croissance des plants et la vigueur de la végétation, ces entretiens pourront être poursuivis pendant 3 à 5 ans.

Pratiquer des tailles de formation
Après une saison de plantation, il est important de tailler sa plantation et de remplacer les plants non repris.
Pour étoffer les arbustes destinés à former le bourrage et produire le bois de chauffage, un recépage sera possible en fin d'hiver (en dehors des périodes de gel et avant la remontée de la sève). Suivant le potentiel plus ou moins élevé des différentes espèces à rejeter du pied, le recépage se pratiquera soit au ras du sol soit à 10 centimètres.
Pour les plants destinés à former des arbres de place et don du bois d’œuvre, il suffira alors de supprimer les doubles têtes et couper les branches remontantes. Au-delà des premières années de développement, les tailles de formation des arbres favoriseront toujours l'axe principal en pratiquant notamment des défourchages et des coupes sélectives de branches redressées. C'est seulement après 5 à 6 ans qu'interviendront les premiers élagages sur le tiers inférieur de l'arbre.
Les haies vieillissent naturellement. Leur rénovation par la réintroduction de jeunes plants et le rechargement des talus est un excellent moyen pour leur redonner toutes leurs fonctions.

Stéphane PESTEL
Chambre d'Agriculture de la Manche
spestel@manche.chambagri.fr

Les aides
Dans la plupart des départements, des aides financières pour rénover ou créer des haies bocagères existent.
Avec les associations locales de boisement, la Chambre d'agriculture de la
Manche organise des commandes groupées de plants bocagers (commande à passer au cours du mois de septembre, condition de participation sur le site internet de la Chambre d'agriculture : www.manche.chambagri.fr).
Renseignements et informations : Service Territoire de la Chambre d’agriculture de la Manche au 02 33 06 49 91.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Ludovic Blin Président de la section laitière régionale de la FRSEA Normandie “ Et maintenant ? ”
A l’heure où le déconfinement s’organise progressivement sur le territoire français, le secteur laitier dresse un premier bilan…
En attendant les JO, Éric Delaunay tire les corvidés
Dans le département, la pression corvidés se fait sentir. Pour y remédier, le tir est autorisé, même en période de confinement. À…
Publicité