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Boeuf en fête : la race Normande a de l'avenir

Dans une dizaine de jours, le 27 mai, Boeuf en fête met en valeur les différentes filières de l'agriculture au centre de formation, la MFR (Maison familiale et rurale) à Maltot, aux portes de Caen. Cette année, la race Normande est à l'honneur. Rencontre avec un éleveur, Denys Lerévérend, installé dans le Pays d'Auge, qui présentera des animaux avec d'autres adhérents de l'association départementale de la race Normande.

Rendez-vous le 27 mai à partir de 10 h à la MFR de Maltot. Cet évènement, devenu incontournable, devrait une nouvelle fois attirer près de 10 000 personnes. Connaisseurs ou non, issu du monde rural ou vivant en ville y trouvent leur bonheur.  DR
Rendez-vous le 27 mai à partir de 10 h à la MFR de Maltot. Cet évènement, devenu incontournable, devrait une nouvelle fois attirer près de 10 000 personnes. Connaisseurs ou non, issu du monde rural ou vivant en ville y trouvent leur bonheur. DR
© SB

lll Denys Lerévérend s'est installé sur la ferme de ses parents il y a vingt ans. « C'était une chance », assure-t-il. Parce qu'il a pu bénéficier d'une « reprise raisonnable », reconnaît-il. Une reprise qui a mieux permis de passer les périodes difficiles en secteur laitier et qui aujourd'hui satisfait l'éleveur dans son système, celui d'un modèle familial qui lui garantit une qualité de vie et de travail avec Sandrine, son épouse.

Une région herbagère
Installé dans un premier temps avec 135 000 l, il atteint aujourd'hui une référence de 305 000 l, pour un peu moins de 50 vaches laitières de race Normande, sur une surface de 80 hectares, dont 60 ha d'herbe.
De l'herbe qui est essentielle pour l'alimentation quotidienne de ses vaches.  « Le fait d'être dans une région très herbagère permet de conforter le revenu des éleveurs et d'accéder facilement au cahier des charges AOP et développer certaines filières notamment celles du boeuf », explique Denys Lerévérend, situé dans la zone AOP.

Des critères atteignables
Le lait de ses vaches part à la laiterie Graindorge, fromagerie spécialisée dans la fabrication des fromages AOP normands, et qui valorise le lait cru, la race normande et les fabrications dans le respect des règles établies par les Appellations d'origine protégée.  Malgré tout, le cahier des charges présente certaines contraintes aux yeux des éleveurs. « Pour celui qui fait son travail consciencieusement, c'est atteignable. Il faut pouvoir rester sur une exploitation où on peut maitriser les choses pour atteindre ces plus-values. On ne peut pas les laisser passer », poursuit-il. Pour une exploitation de 400 000 l, c'est un gain de 20 000 EUR. « Ce qui n'est pas négligeable », argumente-t-il.

Des avancées génétiques
Pour lui, la race Normande présente des atouts. La génétique a permis de faire des avancées. Au sein de son exploitation, Denys Lerévérend a toujours été attaché à sa mixité. Il a opté pour des critères visant à améliorer les taux et le poids de carcasse.
« Elle est reconnue pour sa fromageabilité et sa richesse en protéines. Ce sont des atouts indéniables pour l'éleveur et le transformateur .

Vingt boeufs par an
Parallèlement, il produit une vingtaine de boeufs normands par an. Ils vont pâturer les parcelles les moins mécanisables.
Et pour son exploitation, c'est une production qui assure une souplesse financière. Son souhait est de voir le nombre de boeufs évoluer sur le territoire à condition que les éleveurs soient attachés à la finition des animaux pour assurer une qualité de viande et de rentabilité.
Depuis 15 ans, Denys Lerévérend préside l'association départementale de la race qui compte une soixantaine d'adhérents. Une association de promotion qui participe à différents événements dont Boeuf en fête. « La Normande étant la race à l'honneur, vingt cinq animaux seront présents issus de huit élevages du Bocage, du Pays d'Auge et du Bessin. C'est une vitrine importante pour notre association », note-t-il, tout en soulignant l'investissement bénévole de nombreuses personnes et des jeunes en formation à la MFR. « C'est une journée réputée qui permet d'avoir un contact avec le consommateur et différentes structures para-agricoles », poursuit-il. Se déclarant comme un fervent défenseur de la race, il assure que « demain, il n'y a pas à avoir peur à s'engager dans la production laitière avec des Normandes. C'est une race performante et qui sait s'adapter à différents modèles d'exploitation et qui est indispensable dans les filières de qualité laitière et viande de demain, tous les maillons de la filière y seront gagnants : éleveur, transformateur et consommateur. Nous pouvons être fiers de notre race », conclut-il.

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