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Produits élevés et charges réduites
Bonne efficacité économique chez les producteurs bio

Stabilité des résultats et bon niveau de performance économique : tels sont les deux enseignements majeurs de l'analyse réalisée sur un échantillon constant de 10 exploitations laitières biologiques.

Graphique 1 : prix du lait laiterie pour 1 000 litres.
Graphique 2 : produit total en euro par exploitation.
Graphique 3 : composantes de l'EBE
Graphique 1 : prix du lait laiterie pour 1 000 litres.
Graphique 2 : produit total en euro par exploitation.
Graphique 3 : composantes de l'EBE
© DR
Les résultats de ces exploitations suivies dans le cadre des réseaux d'élevage de Basse-Normandie sont examinés sur 5 années consécutives, de 2001 à 2005. La durée d'observation permet ainsi de couvrir des années fourragères contrastées et d'inévitables variations des prix de vente. Un prix du lait en baisse sous l'effet de la perte des compléments bio Le prix du lait vendu à la laiterie a progressé régulièrement jusqu'en 2002, où il a atteint 405 €/1 000 l en moyenne pour le groupe. Il s'est ensuite stabilisé autour de 385 €/1 000 l, puis a perdu 42 €/1 000 l en 2005 . Cette année là, les prix du lait entre producteurs ont varié de 302 € à 394 €/1 000 litres (troupeaux de même race). Cette baisse s'explique d'une part par l'application de la réforme laitière qui a entraîné une baisse du prix de base (- 5,5 % par rapport à 2003), et d'autre part par la perte des “plus values bio” par certains producteurs. En effet, le choix de l'entreprise laitière s'est révélé primordial au cours des dernières années, certaines renonçant à verser un supplément de prix habituel pour le lait biologique. Une conjoncture viande favorable depuis 2004 En viande, les prix des veaux et des vaches de réforme ont également connu des variations importantes. Les prix ont baissé jusqu'en 2003 puis se sont progressivement redressés sur les 2 années suivantes, bénéficiant de la bonne conjoncture viande générale et d'une légère sous production de viande biologique. Entre 2001 et 2005, le prix moyen du veau de 8 jours a constamment progressé, prenant plus de 30 % pour atteindre 249 € par veau. En réforme, le poids de carcasse moyen observé sur 5 ans se situe à 312 kg avec un point bas en 2003 (286 kg) et un point haut en 2005 avec 336 kg. Manifestement, la bonne conjoncture viande incite les éleveurs à une meilleure finition et contribue alors à l'alourdissement des carcasses. Un produit d'exploitation qui progresse, d'abord grâce aux aides Au cours de la période 2001 à 2005, le produit d'exploitation progresse de 12 % malgré un prix du lait à la baisse (graphique 2). Cette augmentation s'explique par une progression du produit des cultures de 55 % (+ 4 650 €), et surtout du produit de l'atelier bovins lait (+ 10 % soit + 12 800 €). La baisse du prix du lait est compensée par l'augmentation des quantités de lait livrées puisque les producteurs atteignent leur référence en 2005. Le volume d'aides fait plus que doubler entre 2001 et 2005. Celles ci passent en moyenne de 10 077 € en 2001 à 22 396 € en 2005. Même si l'ADL intervient en 2004 et 2005, les montants moyens des CTE et CAD souscrits atteignent 6 187 € en moyenne pour le groupe. Les mauvaises années fourragères de 2001 et 2003 sont, quant à elles, marquées par un décrochage de 8 % sur le produit d'exploitation par rapport aux autres années de la période étudiée. Des charges opérationnelles faibles et stables Les charges opérationnelles restent très stables au cours de la période considérée avec une année 2001 correspondant plutôt à un point haut (achats de fourrages plus importants). Les charges animales constituent l'essentiel des charges opérationnelles (80 %), alors que les charges des surfaces sont toujours très limitées par les contraintes du cahier des charges bio : elles s'élèvent à 103 €/ha en moyenne sur les 5 ans. Les charges opérationnelles totales sont très bien maîtrisées, et représentent 24 % du produit brut d'exploitation (graphique 3). Leur stabilité est remarquable et témoigne de systèmes bien calés et maîtrisés techniquement. Variations significatives pour quelques postes de structure Certaines des charges de structure progressent. C'est le cas notamment : - des assurances (+ 22 % entre 2001 et 2005) ; - des amortissements bâtiments (+ 21 % lié à la mise aux normes) ; - du poste matériel (+ 20 %) avec notamment plus 17 % pour les carburants et plus 38 % pour les amortissements ; - des frais de gestion (+ 15 %) ; - du fermage (+ 12 %) lié ici à l'agrandissement des structures. Un Excédent Brut d'Exploitation en hausse L'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) progresse de 33 % et fait un bond de près de 17 000 € entre 2001 et 2005 pour atteindre 67 500 € au cours de cette dernière année. En fait, ces deux années constituent les points extrêmes sur la période avec une mauvaise année 2001 (comme 2003) et une bonne année 2005, tout comme 2002 et 2004 (graphique 3). Quoi qu'il en soit, les résultats économiques progressent sous l'effet de l'augmentation du produit d'exploitation (PB), de la stabilité des charges opérationnelles et de la faible progression des charges de structure, hors amortissements et frais financiers. Sur les 5 années d'étude, le ratio EBE/PB gagne 6 points pour atteindre 42 % en 2005. Le ratio EBE hors main d'œuvre/PB gagne lui aussi 6 points et atteint 48 % en 2005. Cela traduit une remarquable efficacité technico-économique pour cet échantillon constant. L'impact climatique sur l'efficacité économique Globalement, l'efficacité technico-économique de ce groupe constant d'exploitations laitières biologiques est élevée. On constate évidemment l'impact des mauvaises années climatiques avec la baisse des produits mais sans dérive des charges. Les mauvaises années sont globalement “acceptées” économiquement sans recherche de compensation des chutes de production, le niveau des charges s'adaptant au niveau des produits. La gestion économe reste toujours la base de l'économie des structures biologiques. Les économies de charges expliquent de plus en plus les niveaux de performances économiques lorsque les plus values sont à la baisse comme sur la période considérée. Ces bons résultats ne doivent cependant pas faire oublier qu'une grande partie de la performance observée et des améliorations économiques constatées lors de ces 5 ans sont dues au doublement des aides. La plupart des exploitations arrivent en fin de CTE/CAD mais retrouveront à priori une plus-value sur le lait biologique, ce qui pourrait laisser augurer un maintien du niveau de l'efficacité.L’échantillon: caractéristiques des exploitations Sur la période d'observation, les structures se sont agrandies de 6 ha en moyenne, et atteignent 74 ha en 2005, soit une progression 8 % par an. Cet accroissement de surface s'accompagne d'une progression des effectifs vaches (+ 6 VL soit +11 %) et d'un maintien du chargement à 1,31 UGB/ha de SFP. En parallèle, la référence laitière n'a pas évolué en cinq ans. Le quota de production est resté stable à 295 000 litres de lait. Le groupe a progressivement augmenté sa quantité de lait produit pour passer d'une sous réalisation (- 13 %) en 2001 à une surproduction (+ 6 %) en 2005. Dans le même temps, la composition de la main d'œuvre est restée strictement identique en volume (2 UMO), tout comme la part de main d'œuvre salariée (0,3 UMO). Prédominance de l'herbe La prairie domine largement avec un taux d'occupation stable à 94 % de la SFP. La prairie temporaire atteint 45 % des surfaces en herbe, ce qui est bien supérieure à la moyenne régionale tous systèmes confondus. Le pâturage reste la clef de voûte du système alimentaire avec une durée annuelle moyenne de 244 jours : la surface pour les vaches laitières varie de 45 ares au printemps à 63 ares en été. Le maïs ensilage est produit dans une exploitation sur deux. Les rendements moyens constatés sont variables entre les années (de 10,6 à 12,3 t MS/ha), mais aussi entre secteurs géographiques. Les cultures de vente (7 à 12 ha en moyenne selon les années) sont essentiellement des céréales à paille en cultures pures ou en mélanges céréaliers. La plus grande partie de ces céréales est auto consommée.4 800 litres de lait par vache Les troupeaux se répartissent pour moitié en race Normande et pour moitié en race Prim’Holstein. La production brute moyenne par vache est de 4 800 litres avec une très faible variation inter-annuelle. Les taux butyreux et protéique sont stables en moyenne avec respectivement 40,8 et 32,6 g/litre. Ces faibles niveaux de taux s'expliquent en partie par l'apport modéré de concentrés (498 kg/VL en moyenne) et des régimes très herbagers pour des périodes de vêlages pour beaucoup centrées sur l'automne - hiver. Une analyse par race montre un écart de productivité moyen de 1 368 litres par vache sur les 5 années, au bénéfice de la Prim’Holstein.
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