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Santé animale
Botulisme : attention danger

Le botulisme est lié à l’ingestion par le bovin d’une toxine secrétée par Clostridium botulinum.

Proscrire l’accès des bovins au tas de fumier dans les prairies.
Proscrire l’accès des bovins au tas de fumier dans les prairies.
© (S. Leitenberger)

Cette bactérie résiste dans l’environnement (sols, eaux de ruissellement) sous la forme de spores. Quand les spores se trouvent dans un milieu favorable (cadavre en décomposition), elles germent et donnent la forme végétative capable de secréter la toxine.Clostridium botulinum prolifère dans les cadavres en décomposition. Cette bactérie fabrique une toxine : la neurotoxine botulique est le plus puissant des poisons connus, qui agit en bloquant l’influx nerveux.Une fois la toxine (ou les spores) ingérée par les bovins, et après une incubation moyenne de quelques heures à 2-3 jours (selon la quantité ingérée), les animaux concernés présentent des signes de paralysie flasque :

- perte d’appétit, abattement ;

- démarche vacillante, chute, puis le bovin reste couché ;

- difficultés pour mastiquer, pour avaler ;

- la langue peut rester pendante à l’extérieur de la bouche ;

- la température reste normale.

Dans la plupart des cas, les signes évoluent progressivement vers la mort par asphyxie respiratoire. La guérison est très rare, mais possible dans les formes atténuées. Dans de très rares cas, la forme suraiguë peut entrainer une mort en quelques heures.

Symptômes

Il convient de suspecter le botulisme lors d’apparitions successives de signes de paralysies flasques (les bovins sont “mous”) évoluant en quelques jours vers la mort, sur plusieurs bovins d’un même lot. Des prélèvements sont recommandés, pour confirmation dans un laboratoire spécialisé.Il n’y a pas de contagion d’un animal à l’autre mais ingestion par plusieurs bovins, d’aliment (ou d’eau) contaminé. L’atteinte d’une grande partie d’un troupeau est parfois rendue possible lors de l’utilisation d’une mélangeuse destinée à homogénéiser la ration alimentaire.

Prévention

La prévention du botulisme des bovins repose essentiellement sur des mesures sanitaires :- proscrire l’élimination des petits cadavres (volailles, rats, avortons…) dans le fumier. L’épandage de fumier contaminé sur des herbages est un facteur de risque important du botulisme ;

- protéger les petits cadavres (volailles, avortons, veaux…) avant ramassage par l’équarrissage : il est en effet fréquemment observé que les chiens ou les renards cachent le reste des cadavres consommés, parfois dans le silo ! ;

- éviter l’épandage de fumier de volailles sur les pâtures (ou au voisinage de prairies à bovins), surtout si ce fumier a pu contenir des cadavres de volailles non retirés (le risque est d’autant plus grand que le fumier est pulvérulent et la journée d’épandage venteuse) ;

- retirer les cadavres de petits animaux de l’aliment ou du puits (ex : un cadavre de pie ou de chat dans un puits, un rat noyé dans une tonne à eau ou retrouvé mort dans le concentré) ;

- lors de corvée d’ensilage ou de fauchage, être vigilant afin de ne pas piéger du gibier dans l’ensileuse. La mise en place d’une barre d’effarouchement (avec des chaines suspendues jusqu’au sol) à l’avant du tracteur peut diminuer ce risque lors du fauchage.Dans un foyer confirmé de botulisme, le vaccin Ultravac® Botulinum est indiqué pour protéger les bovins non malades.

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