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Brexit : le secteur laitier normand en première ligne

La Normandie est la 4e région française exportatrice de produits agricoles et agroalimentaires, avec un total de 6,7 milliards d'euros expédiés en 2018. Les exports agricoles et agroalimentaires vers le Royaume-Uni (R-U) représentent 480 millions d'euros, soit 7 % des exportations normandes totales, ce qui fait du R-U le 3e partenaire de la Normandie derrière l'Algérie et la Chine.

La balance commerciale entre la Normandie et le Royaume-Uni s'est dégradée entre 2013 et 2017, à cause d'une baisse importante des exportations. Toutefois, après 2016, date du référendum, elles sont reparties à la hausse et les importations se sont accrues, alors même que la livre sterling a subi une forte dévaluation. L'annonce du Brexit semble donc avoir eu pour effet d'intensifier les échanges, contrairement aux idées reçues !

Le Royaume-Uni, un marché privilégié pour les produits laitiers normands
En 2018, 142 millions d'euros de produits laitiers et fromages ont été exportés de la Normandie vers le R-U, soit 16 % des exportations normandes. Le marché britannique est donc une destination privilégiée pour les produits laitiers normands, tels que le beurre, les yaourts ou encore les fromages, qui représentent  un quart des exportations françaises outre-Manche alors que la Normandie ne pèse que 15 % de la collecte laitière nationale.
Les exportations de produits laitiers ont cependant nettement diminué en 5 ans, avec une baisse des volumes de 37 % entre 2013 et 2018. Malgré tout, la valeur de ces exportations n'a diminué que de 21 %, indiquant sans doute une montée en gamme des produits laitiers importés par le R-U.

Quelle concurrence européenne et mondiale ?
Seul 0,6 % des produits laitiers importés par le R-U proviennent de pays tiers à l'Union européenne (UE). La concurrence sur ce secteur est donc intracommunautaire.
Sans grande surprise, l'Irlande est le principal partenaire des Britanniques. Avec 360 000 tonnes importées par ces derniers en 2018, plus d'un quart des importations du Royaume-Uni de produits laitiers proviennent de leur voisin irlandais. Toutefois l'Irlande est elle aussi extrêmement dépendante du R-U, car il représente 31 % de ses exports.
La France est le deuxième fournisseur européen du R-U, suivi de l'Allemagne. Avec l'Irlande, ces trois pays représentent plus de 60 % des importations britanniques. Cependant, l'Allemagne semble exporter des produits ayant une valeur moindre que la France ou l'Irlande.
Quels effets du Brexit ?
Le Brexit pourrait donc avoir des effets  importants pour le lait, premier secteur agricole normand. Si aucun accord n'est trouvé d'ici la fin d'année sur les produits agricoles entre l'UE et le R-U (hypothèse envisageable à ce stade compte tenu de la masse des points à négocier), des droits de douane sur les produits français et européens seraient appliqués par le R-U. Cela rendrait plus difficile l'accès à un marché privilégié pour la France et la Normandie. Il pourrait aussi y avoir des effets indirects, avec une réorientation des produits  irlandais ou allemands vers la France ou d'autres pays européens, amenant une concurrence accrue sur ces marchés et une baisse du prix du lait.
Malgré tout, la Normandie dispose de nombreux atouts pour tirer son épingle du jeu. Certains de ses produits laitiers sont peu substituables : on voit difficilement où se fournir du camembert ailleurs qu'en Normandie ! Elle dispose également d'autres marchés à l'export et les développe : la valeur des produits laitiers exportés suit une tendance à la hausse depuis 2013. Enfin, de grandes entreprises agroalimentaires sont présentes depuis longtemps sur son territoire : grâce à leur expérience, elles sauront gérer et anticiper les différents changements à venir.

Pour en savoir PLUS

Vous pouvez suivre les différents travaux sur le Brexit sur le site internet de la Chambre régionale d'agriculture de Normandie : normandie.chambres-agriculture.fr.

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