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Lait
Bruno Le Maire tente de désamorcer la crise

Pour dénouer la crise, Le ministre de l’Agriculture s’est efforcé de rassurer les producteurs de lait en leur promettant le soutien de l’Etat dans la conclusion d’accords avec les transformateurs.

Reçu à Paris par Bruno Le Maire, le 24 octobre, le ministre de l’Agriculture irlandais, Brendan Smith, a indiqué qu’il plaidait comme la France sur la réactivation des mesures de soutien de marché.
Reçu à Paris par Bruno Le Maire, le 24 octobre, le ministre de l’Agriculture irlandais, Brendan Smith, a indiqué qu’il plaidait comme la France sur la réactivation des mesures de soutien de marché.
© DR

De Paris à Bruxelles, Bruno Le Maire se démène pour désamorcer la crise laitière.La semaine dernière, après avoir reçu les membres de l’interprofession et les syndicats agricoles représentatifs, il avait convoqué les banques et les organismes sociaux en vue d’obtenir un geste de leur part. Le résultat de cette table-ronde tient dans deux mesures essentielles : les banques se sont engagées à offrir pour 250 millions d’euros de prêts de trésorerie au taux plafonné à 3%. La durée de remboursement sera de 3 à 5 ans. Enfin, le remboursement de ces emprunts n’interviendra pas avant janvier 2011. Les bénéficiaires seront les jeunes agriculteurs et les éleveurs ayant investi dans les 5 dernières années. Du côté de la Mutualité Sociale Agricole, il est possible de demander à reporter le paiement du dernier appel des cotisations. Ce report en juin 2010 et sans pénalité sera accordé au cas par cas. 5 millions d’euros seront en outre débloqués pour une prise en charge des cotisations pour les situations les plus critiques. Bruno Le Maire a donc obtenu ce qu’il recherchait : faire contribuer les créanciers des producteurs de lait à l’effort d’allègement des trésoreries.
Sur le front communautaire également, Bruno le Maire n’a pas chômé. A la recherche d’une majorité qualifiée (255 voix sur 345), il s’est lancé dans un tour d’Europe pour décider les derniers pays dont les voix comptent pour obtenir une réunion des ministres de l’agriculture. A Varsovie lundi dernier puis à Rome mercredi, Bruno Le Maire a rallié suffisamment de membres de l’Union Européenne à sa cause, avant-même d’obtenir l’accord de l’Irlande. Du coup la présidence suédoise doit organiser une réunion du conseil des ministres. Elle est fixée au 5 octobre. Un premier succès pour Bruno Le Maire.

Réunion le 5 octobre
Que faut-il en attendre ? Mariann Fischer-Boel a prévenu qu’elle “écoutera les ministres et exposera ses idées pour le secteur laitier” mais “aucune décision ne sera prise” au cours de cette réunion. Le ministre répond qu’il “n’imagine pas que 27 ministres se réunissent en urgence seulement pour discuter” tout en précisant “qu’il n’y a pas de solution miracle”. Les ministres devraient donc “étudier une série de mesures pour bâtir une régulation européenne” selon le ministre français. Parmi ces mesures figurent “un cadre juridique pour les relations contractuelles entre producteurs et laiteries, l’encouragement des organisations de producteurs” pour ce qui est du moyen terme. A court terme, la discussion devrait porter sur “une augmentation du prix d’intervention, les aides à l’exportation et à l’incorporation dans l’alimentation du bétail”. Quant aux décisions concrètes, à moins d’une improbable unanimité des 27, il faudra attendre les propositions de la commission sur la base d’un accord de principe à obtenir le 5 octobre.

Bruno Le Maire : “pas de solution miracle”
“Nous devons étudier une série de mesures”. Bruno Le Maire reconnaît qu’il n’y a pas de “solution miracle”. “Il ne faut pas croire et laisser croire qu’une seule mesure réglera tous les problèmes du secteur laitier en France et en Europe. C’est un problème européen que nous voulons régler à l’échelle européenne”. Selon lui, “lorsque l’on retire tous les instruments de régulation, ceux pour lutter contre la volatilité des marchés, pour stocker ou pour intervenir sur le marché, cela fait une succession de mauvaises décisions qui entraîne une forte volatilité et une chute du revenu des producteurs de lait. Si en revanche, nous prenons une série de bonnes décisions en matière de contrats entre les producteurs et les industriels, en matière d’intervention sur le stockage, en matière de marché à terme pour stabiliser les prix sur les produits les plus volatils que sont le beurre et la poudre…, nous aurons une régulation européenne”.

Régulation laitière : JA applaudit
Dans la course de fond entamée par le ministre français de l’Agriculture pour rallier une majorité qualifiée d’Etats membres de l’UE à son mémorandum consacré à une nouvelle régulation du marché laitier européen, le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA) soutient le locataire de la rue de Varennes. Il qualifie les propositions de Bruno Le Maire de “premier pas tangible et symbolique” qui peut “montrer que le schéma de régulation à la française peut aussi profiter” aux autres Etats membres. Puis, si un accord est arraché au niveau européen, JA rappelle que la balle “sera ensuite dans le camp français car il faudra que les producteurs s’organisent au niveau national pour peser face à la grande distribution”, commente William Villeneuve, le président des JA. Il s’agira notamment, selon lui, “d’éviter aux producteurs d’être la seule variable d’ajustement de la dérégulation et des variations insupportables du prix du lait à la production”.

Collecte : en baisse de 6% à 7% du fait de la grève
• Les premiers chiffres de FranceAgriMer portant sur la collecte laitière de début septembre permettent d'évaluer la baisse due à la grève entre 6 % et 7 %. Selon les données de l'office, la collecte a baissé de 1,8 % sur la semaine 37 (du 7 au 13 septembre) par rapport à la semaine précédente. La grève avait commencé le 10 septembre. La semaine suivante (38), c'est une baisse supplémentaire de 5,2 % qui a été constatée sur la période. Le cumul fait donc apparaître une réduction qui peut être estimée, selon les chiffres de FranceAgriMer, à environ 7 %. Dans certaines régions la grève a été plus efficace. Sur la semaine 38, la réduction de collecte a atteint 13,3 % en Basse-Normandie, 11,3 % en Bretagne, 8 % en Poitou-Charentes mais seulement 2,3% en Pays de Loire et 1,4 % en Aquitaine. La collecte a même augmenté, sur cette semaine, de 3 % enChampagne Ardenne et 2,2 % en Bourgogne.

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