Aller au contenu principal

A Bruxelles, les décisions sur la PAC retardées

Les décisions traînent pour la nouvelle PAC, comme ont pu le constater à Bruxelles un groupe de la Chambre d'agriculture de l'Eure.

A l'instar des autres politiques de l'UE, la PAC réformée était censée entrer en vigueur en janvier 2021, date de début du nouveau Cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 de l'UE. 
En juin 2018, la Commission européenne (CE) a ainsi publié une proposition législative visant à réformer la PAC et notamment son modèle de gouvernance et de mise en oeuvre. Cette proposition législative doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil Européen dans la foulée d'un accord que les États membres doivent adopter à l'unanimité sur le Cadre financier pluriannuel.
Un processus de décision européen ralenti en 2019
Toutefois, alors que le Parlement européen a adopté sa position sur les autres politiques de l'UE avant les élections européennes de mai dernier, les projets de rapports sur la future PAC n'ont pas pu être votés en session plénière.
Le nouveau Parlement européen, réinstallé officiellement le 2 juillet dernier, doit donc reprendre les travaux sur la PAC, qui ne pourront ainsi pas être achevés avant plusieurs mois et devront ensuite faire l'objet d'une négociation avec le Conseil des ministres, selon la procédure dite de co-décision (Négociations entre le Parlement européen et le Conseil en présence de la CE, pour aboutir à un accord entre les deux co-législateurs sur un texte législatif).
Plus généralement, la machine européenne s'est ralentie du fait, d'une part, du renouvellement de ses institutions en 2019 et, d'autre part, des incertitudes sur le Brexit. Aussi, les négociations financières entre les États membres pour le budget pluriannuel 2021-2027 n'aboutiront-elles sans doute pas avant le printemps.
Le budget qui sera attribué à la PAC, que la Commission propose de diminuer alors que plusieurs États membres, au premier rang desquels la France, souhaitent au contraire maintenir, est l'un des enjeux majeurs de ces négociations.

Une réforme à conclure en 2020
Compte tenu de ce calendrier institutionnel, et du temps nécessaire à l'élaboration et l'adoption des futurs Plans Stratégiques nationaux pour la PAC, la nouvelle politique agricole commune n'entrera pas en vigueur début 2021. La Commission européenne a ainsi proposé un règlement de transition permettant de prolonger d'un an (jusqu'au 1er janvier 2022) les règles actuelles. Les différents interlocuteurs rencontrés ont des points de vue divergents sur cette durée d'un an, que certains jugent insuffisante.

Le Pacte Vert pour l'Europe va impacter la PAC
En parallèle de cela, la Commission a présenté en décembre dernier son Pacte Vert pour l'Europe (Green Deal) qui fixe l'objectif ambitieux de devenir le premier continent climatiquement neutre d'ici à 2050. Elle présentera, par ailleurs, fin mars, son projet de stratégie « de la fourche à la fourchette » dont certains éléments semblent actés, comme la fixation d'objectifs de réduction de l'usage des produits phytosanitaires et des engrais. Ces ambitions transversales amèneront nécessairement des ajustements dans la réforme à venir de la PAC.
Ainsi, de nombreuses incertitudes demeurent sur le calendrier et le contenu de la future PAC. Le calendrier 2020 est très chargé, tant au niveau européen que national. La France, qui a lancé ses travaux de diagnostic en 2019, arrive maintenant à l'élaboration d'une proposition nationale qui devra être validée par la Commission européenne. Les prochains mois seront donc déterminants.

Un voyage d'études au plus près des décisions

En fin d'année dernière, les membres du bureau de la Chambre d'agriculture de l'Eure se sont rendus à Bruxelles à la découverte des institutions européennes. Le principal sujet de ce séminaire de travail était la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC).
Après une visite de la Commission européenne et une présentation de son fonctionnement, des rencontres ont été organisées avec la Direction Agriculture et développement rural (DG Agri), service chargé des politiques de la Commission concernant l'agriculture, le développement rural et la PAC ; avec des eurodéputés membres de la Commission agriculture et développement rural (Comagri) du Parlement, avec la représentation permanente de la France auprès de l'UE ainsi qu'avec des cercles de réflexion bruxellois spécialisés dans les questions agricoles. Une visite du Parlement a également eu lieu. Les informations recueillies ont servi à rédiger cet article.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Publicité