Bulletin de santé du végétal : pression des ravageurs limitée sur les céréales
En ce début de campagne, les céréales d'hiver sont majoritairement en pré-levée en Normandie. Les premières observations ne signalent pas de présence de ravageurs, mais les conditions météos incitent à la surveillance.
Les semis de céréales d'hiver ont débuté au cours du mois d'octobre en Normandie. Selon le premier bulletin de santé du végétal (BSV) céréales du 21 octobre, la majorité des parcelles est encore en cours de levée ou reste à semer. Les premières observations du réseau régional ne révèlent pas, pour l'heure, de pression significative des ravageurs suivis. Une situation qui reste toutefois à confirmer au fil des prochaines semaines.
Des céréales encore en pré-levée
Sur les 12 parcelles de blé tendre d'hiver observées cette semaine dans le réseau, hors Manche, huit sont au stade pré-levée, trois n'étaient pas encore semées et une seule avait atteint la levée. Située à Ailly, dans l'Eure, cette dernière illustre le démarrage progressif de la campagne. Du côté des orges d'hiver, huit parcelles ont été suivies. Cinq sont en pré-levée, tandis que deux ont atteint la levée ou le stade première feuille étalée. La parcelle la plus avancée a été semée le 5 octobre dans l'Eure.
"Les pluies de la semaine pourraient favoriser l'activité du ravageur, alors que les céréales se trouvent dans une phase sensible, de la levée jusqu'au stade trois à quatre feuilles"
Aucun dégât de limaces n'a été relevé dans les huit parcelles de blé et d'orge observées pour ce ravageur. Sur l'unique parcelle où les pièges ont été relevés, aucune limace n'a été retrouvée sous le dispositif. Cette absence d'observation ne doit cependant pas conduire à relâcher la vigilance. Les pluies de la semaine pourraient favoriser l'activité du ravageur, alors que les céréales se trouvent dans une phase sensible, de la levée jusqu'au stade trois à quatre feuilles.
Les situations les plus exposées sont les parcelles argileuses, motteuses ou présentant d'importants résidus de culture. Le BSV rappelle également l'intérêt des leviers agronomiques en amont du semis : le déchaumage permet notamment de détruire les repousses et les jeunes adventices susceptibles de servir de nourriture aux limaces. Une préparation fine du sol contribue, quant à elle, à réduire les abris formés par les mottes.
Vols possibles de pucerons
La situation est également calme concernant les pucerons d'automne. Les quatre parcelles d'orge suivies dans l'Eure et la Seine-Maritime ne présentent aucune présence de pucerons cette semaine. Les températures fraîches attendues devraient ralentir leur activité. Néanmoins, la douceur des dernières semaines a pu favoriser les vols. Des pucerons ont d'ailleurs été observés la semaine précédente dans des parcelles situées hors du réseau BSV. La surveillance au champ reste donc recommandée, en privilégiant les heures les plus chaudes de la journée, lorsque les insectes sont davantage visibles sur les plantules.
Pour les variétés sensibles à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), le seuil de risque est atteint lorsque 10 % des plantes portent au moins un puceron, ou lorsque les insectes séjournent dans la parcelle depuis plus de dix jours. Les semis précoces, les parcelles abritées et la proximité de repousses de céréales constituent des facteurs de risque.
En ce début de campagne, si les premières observations sont rassurantes, la surveillance reste essentielle pour anticiper toute évolution de la pression parasitaire.