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Équarrissage dans la Manche
Cadavres exquis

D’un côté Atemax, dont l’appel d’offre a été retenu pour 2014/2015; de l’autre la Siram qui n’accepte pas d’avoir été évincée. Un point commun, des carcasses qui rapportent gros, très gros. Reste que Chambre d’Agriculture, Association d’identification, EDE ; tout ce petit monde est bien d’accord, « la guerre pour le ramassage des carcasses entre Atemax et la SIRAM doit cesser sur le terrain ».

Les responsables de la Chambre d’Agriculture, les services Élevage et Identification indiquent qu’elles ne font qu’appliquer la décision des associations ATM.
Les responsables de la Chambre d’Agriculture, les services Élevage et Identification indiquent qu’elles ne font qu’appliquer la décision des associations ATM.
© ec

Depuis janvier dernier,  suite à l’appel d’offre du groupement des associations des Animaux Trouvés Morts (ATM), c’est Atemax, (filiale du groupe Akiolis) qui l’a emporté. La SIRAM, opérateur depuis de longues années sur la Manche, ne l’entend pas de cette oreille. La société continue à effectuer des collectes et conteste par voie de justice l’appel d’offre.



12 000 courriers


“Nous avons été avertis du changement d’opérateur le 9 décembre dernier”  indiquent conjointement Pascal Férey, président de la Chambre d’Agriculture et Éric Lecler (président de l’EDE). « Du coup, nous avons envoyé 12 000 courriers (tous les éleveurs concernés) pour les informer du changement ». La Siram conteste avec force son éviction en indiquant des anomalies sur les modalités d’attribution. « Nous n’y pouvons rien si Atemax est moins cher de 8% » lâchent les responsables agricoles, réunis la semaine dernière à Saint-Lô. Du coup, depuis le 1er janvier, les éleveurs de ruminants de la Manche, plus gros département d’élevage de France, ne savent plus où donner de la tête. « Ils sont confrontés à un double circuit de ramassage, chose tout à fait anormale. Ce que nous demandons en tant que Chambre d’Agriculture, Services d’Élevage et d’identification, c’est que le contentieux soit réglé le plus vite possible ». Et Pascal Férey de souligner « la Chambre d’Agriculture ne fait qu’appliquer ce que le groupement des associations ATM lui indique ». Une application qui lui coûte tout de même 20 000 € en frais administratifs (courriers et passerelles informatiques non utilisables dans l’état).Ce marché très juteux des cadavres d’animaux excite donc des convoitises. Il est vrai que depuis quelques années, la graisse animale par exemple flambe, à tel point que son prix est indexé sur celui du baril de pétrole. « A l’époque de l’ESB, personne ne se bousculait pour aller collecter dans les fermes. Aujourd’hui l’équarrissage en Manche rapportent 700 000 € de résultats pour un chiffre d’affaires de 3,7 millions » rappellent les dirigeants agricoles. Ce fameux cinquième quartier n’est donc plus détruit mais valorisé par tous les bouts, quitte à engendrer des combats fratricides : Atemax contrôle à hauteur de 50% du capital son « adversaire » Siram (les autres 50% sont détenus par Saria).  Ce qui n’empêche d’ailleurs ni les uns, ni les autres de faire du chantage à l’emploi.

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