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Caen la mer « pavillonne » à tout va ?

23 000 projets de construction de pavillons sur Caen la mer pour un besoin estimé à 3 500 ? « Où est la vérité et pourquoi l’Etat valide de tels PLU », s’interrogent les élus de la Chambre d’agriculture réunis en session jeudi dernier.

Foncier, sanitaire, eau et revenu de la ferme départementale au menu des travaux de la session Chambre. L’Etat a dû plusieurs fois se justifier pendant que le conseil départemental a donné des explications de texte et admis que certains PLU devaient être revus à la baisse.
Foncier, sanitaire, eau et revenu de la ferme départementale au menu des travaux de la session Chambre. L’Etat a dû plusieurs fois se justifier pendant que le conseil départemental a donné des explications de texte et admis que certains PLU devaient être revus à la baisse.
© TG

C’est tout d’abord Michel Legrand (président de la Chambre d’agriculture du Calvados) qui, en préambule des travaux, a allumé la mèche du «gaspillage des terres agricoles». Puis, Henri Le Maître et Jean-Yves Heurtin ont soufflé sur une incandescence qui, un jour peut-être, finira par mettre le feu aux poudres.

Un projet pharaonique
De quoi s’agit-il ? Après l’implantation de la future maison d’arrêt sur les plus belles terres agricoles du département et alors que les friches industrielles sont légion en périphérie caennaise, Radio Campagne évoque un projet pharaonique : 23 000 pavillons sur le territoire de Caen la mer pour un besoin avéré de 3 500 unités.
Sur le sujet, élus locaux et Etat sont pointés du doigt. Importer du blé russe de qualité ne semble pas constituer un crime de lèse-céréalier calvadosien pour certains grands élus a dénoncé Henri Le Maître pendant que Jean-Yves Heurtin s’interrogeait sur le rôle de l’Etat dans certains dossiers abusifs au point de poser la question : «y-a-t-il encore besoin d’un Etat si vous ne pouvez que constater le comportement de certaines communes ? » Une prise de parole alors que Guillaume Barron (directeur adjoint de la DDTM) venait de préciser : « l’Etat fait un contrôle de légalité ».

L’Etat doit faire autorité sur le foncier...
Dans cette joute verbale, c’est Hubert Courseaux qui s’est posé en conciliateur. Pour le vice-président du Conseil départemental, « l’Etat doit jouer un rôle important et être présent dès le départ des PLU (Plan Local d’urbanisation). Il faut complètement revoir la copie de 16 PLU intercommunaux et repenser la situation. Il ne s’agit pas de construire des lotissements là où il n’y a pas de services marchands ». Il est donc possible de modifier un PLU, « comme cela a été fait à Ifs », a regretté au passage Henri Le Maître, mais cette modification est à envisager dans les deux sens. Et Jean-Yves Heurtin d’inviter l’Etat « a ne pas valider certains PLU excessifs pour que cela serve d’exemple ».

... et sur le sanitaire
Un Etat pas à la noce non plus sur le dossier sanitaire. William Langin a déploré l’état sanitaire de certains élevages avec la menace « tuberculose » en filigrane. « Problème de signalement », a répondu Guillaume Barron loin de contenter Jean-Yves Heurtin. « Cette discussion, on l’a tous les ans. La DDTP ferme les yeux et quand un problème sanitaire émerge, personne ne veut y aller parce que c’est un peu chaud. Il y a négligence des services de l’Etat ». A contrario, rien de lâché sur le dossier « eau » et c’est Mathilde Vermès qui est montée au créneau. « On ne peut pas se développer à cause des quotas d’irrigation basés sur un historique gelé il y a 4-5 ans. On nous bride en ne nous autorisant pas de quota supplémentaire alors qu’avec 3 millions de m3, cela ne représente rien ». 
« Eau et foncier, deux poids deux mesures ! »,a-t-on fait remarquer côté syndical. Autant de dossiers qui forcément, un jour ou l’autre, impacteront le revenu de la ferme départementale. Un revenu dont une première estimation 2017 a été décryptée lors de ces travaux. « 2016 a été une année catastrophique. 2017 marque un retour à la normale avec une augmentation des volumes de céréales, des prix du lait et de la viande bovine en hausse et des efforts sur les marges. Une année marquée par la fin des quotas betteraviers avec une hausse très importante des volumes », a synthétisé Alix Dalstein (CA 14). Le mot de la fin pour Daniel Courval : « les aides représentent 70 % de notre revenu. On va être plus assidus à monter nos dossiers qu’à conduire nos productions ».

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