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Caméra 3D : des vaches bien notées

Avec sa caméra baptisée BCS, Delaval propose une mesure automatisée de l’état corporel des vaches. Dans la Manche, ALDS Duval service a équipé le GAEC de l’Oueffrie de ce système, l’un des premiers de la région à disposer de cette nouvelle technologie. L’appréciation de l’état d’une vache ne dépend plus uniquement de l’oeil de l’éleveur. Objectif : améliorer la reproduction

«Il y a beaucoup moins de variations par rapport à un système de pesée», estime Ludovic Gérard, éleveur accompagné par Aurélien Duval, concessionnaire Delaval. (DR)
«Il y a beaucoup moins de variations par rapport à un système de pesée», estime Ludovic Gérard, éleveur accompagné par Aurélien Duval, concessionnaire Delaval. (DR)
© VM

Il s’agit presque d’une caméra cachée. La notation de l’état corporel est réalisée en mouvement. Pas le temps pour les vaches, de se rendre compte qu’elles sont scannées. « Contrairement à des dispositifs de pesée, c’est neutre pour l’animal. La vache n’est pas contrainte et pas stressée », souligne Aurélien Duval, gérant d’ALDS. Autre avantage par rapport au pesage, la caméra n’est pas sensible à l’ingestion immédiate d’eau ou de fourrage.

Caméra placée sur la porte de tri

Le système est placé à la sortie du robot de traite ou sur une porte de tri. Ludovic Gérard, éleveur à Barenton, a choisi la seconde option. « En effet, les vaches y passent plus souvent que dans le robot. On multiplie donc les mesures », explique l’agriculteur. Delaval a baptisé cette technologie BCS. Comprenez « Body Condition Scoring ». Une image 3D est enregistrée. La topographie du dos de l’animal est mesurée à chaque passage. Derrière, un algorithme travaille et analyse cette image pour donner une note d’état à chaque vache (note entre 1 et 5). Chaque race dispose de sa courbe de référence. L’éleveur peut visualiser des graphiques et observer l’évolution de chaque animal. Le système est relié au Delpro, logiciel qui gère le robot de traite.

Une qualité de mesure plus répétable que l'œil humain


La caméra BSC intervient ainsi avant l’oeil de l’éleveur. « Cette notation automatique n’est installée que depuis quelques semaines. Pour l’instant, j’essaie de me comparer au logiciel. C’est fiable. L’ordinateur perçoit mieux l’évolution des vaches. Il enregistre des données plusieurs fois par jour. Je ne peux pas lutter », sourit Ludovic Gerard. L’automatisation de la note d’état corporel objective l’observation. Le jugement humain est moins répétable et reproductible que celui de la machine. Mais si ce monotoring donne une évolution fiable des vaches, la caméra reste un outil d’aide à la décision. Au final, c’est bien Ludovic Gérard qui tranche. « Inutile d’inséminer une bête en perte d’état. Je regarde les alertes qui me permettent de me concentrer sur les vaches à problème ».

Mieux cibler les périodes de reproduction

L’éleveur dispose de notifications si une vache est sous-alimentée ou suralimentée. Il est également informé si la perte d’état en début de lactation est trop rapide. Après le vêlage, l’amplitude de l’amaigrissement ne doit pas être supérieure à un point. Sur des vaches trop maigres ou trop grasses, des troubles pathologiques ou de la reproduction sont constatés. Pour l’éleveur, la gestion de la période d’insémination est facilitée car les périodes d'anoestrus et l'état corporel sont corrélés. La caméra BCS a été installée récemment chez Ludovic Gérard, quelques mois après le robot. L’éleveur doit encore apprivoiser cette nouvelle technologie. Reste la question du coût. Le dispositif est commercialisé aux alentours des 5 000 € . Afin d’affiner ses choix, Ludovic Gerard dispose également d’un « activité mètre » pour encore mieux identifier les périodes de chaleur.


"Ne pas aller chercher une vache"

« Si je monte un robot de traite, ce n’est pas pour aller chercher mes vaches. C’était mon premier critère» , insiste Ludovic Gerard. Avec ALDS Duval services (concession Delaval), l’éleveur a ouvert les portes de son exploitation le 30 juin dernier. Le troupeau dispose de 11 hectares d’herbe. Deux portes de présélection ont donc été installées. La première oriente les vaches vers la traite ou la table d’alimentation. La seconde autorise la sortie des vaches vers deux pâtures, l’une de nuit et l’autre de jour. « C’est une solution efficace avec des logettes dos à dos », indique Aurelien Duval. Pendant la période de pâturage, les vaches sont traites 2,3 fois par jour. L’hiver, cette moyenne monte à 2,7.


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