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Canicule : "Je me pose des questions sur l'irrigation"

Les températures élevées qui ont touché l'Orne interrogent les agriculteurs bien au-delà des seuls effets immédiats sur les cultures. Céréalier à Trémont, près de Sées et président de la commission végétale de la FDSEA 61, Denis Douchy observe cet épisode avec inquiétude. Plus que l'impact de ces quelques jours de chaleur, c'est leur précocité et leur répétition qui l'interpellent.

Denis Douchy observe cet épisode caniculaire avec inquiétude. Plus que l'impact de ces quelques jours de chaleur, c'est leur précocité et leur répétition qui l'interpellent.
Denis Douchy observe cet épisode caniculaire avec inquiétude. Plus que l'impact de ces quelques jours de chaleur, c'est leur précocité et leur répétition qui l'interpellent.
© MB

â"Ce qui m'a marqué dans cet épisode, c'est surtout l'effet psychologique. Ça porte à réfléchir sur l'évolution des températures et le changement climatique", confie Denis Douchy, céréalier.

Sur son exploitation, le moment est particulier. Les foins sont terminés ou sur le point de l'être, tandis que les moissons n'ont pas encore véritablement commencé, à l'exception des premières orges. "Nous sommes dans l'attente de la maturité des cultures. C'est encore trop tôt pour dresser un bilan", souligne-t-il.

Respect d'un cycle

Pour cet agriculteur installé depuis 2015 sur l'exploitation familiale, les fortes chaleurs surviennent à un moment charnière. "On aime que les cultures terminent doucement leur cycle, que la nature fasse son travail sans brutalité. Là, c'est trop tôt pour avoir de telles canicules." Les cultures fourragères et les herbages, indispensables à l'alimentation des animaux, sont également surveillés avec attention.

Face aux températures élevées, le travail dans les champs est réorganisé. "On commence les journées à 5 heures et on termine vers midi. L'après-midi est consacré à l'administratif." Une adaptation nécessaire, même si tout ne peut pas être réalisé avant les heures les plus chaudes. "Les journées sont déjà longues en agriculture. Ce qui n'est pas fait le matin est reporté sur le reste de la semaine."

Si les conséquences sur les rendements sont encore inconnues, Denis Douchy réfléchit déjà aux évolutions à venir. "Les obtenteurs et les semenciers proposent, année après année, des variétés plus adaptées à nos climats et à nos terroirs." Certaines cultures, comme le tournesol, font progressivement leur apparition dans les assolements. Autre sujet qui s'invite dans les réflexions : l'irrigation. "Je pense que je ne suis pas le seul à me demander quand et comment installer de l'irrigation." Pour autant, l'agriculteur refuse de céder au fatalisme. "Je ne voudrais pas que les circonstances nous amènent à renoncer à certaines productions." Et de conclure : "Plus qu'un bilan, cette canicule est pour moi une interrogation sur l'avenir du métier et sur notre capacité à continuer à produire dans ces conditions."

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