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Canicule : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands

Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours de la moisson.

Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
© © LA

La Normandie, bien que relativement préservée comparée à d'autres régions, n'a pas échappé aux fortes chaleurs. Dès lundi 22 juin, le département de l'Orne était concerné par des restrictions sur les travaux agricoles. Manche, Calvados et Seine-Maritime pourraient être aussi concernés dès mardi 23 juin avec l'extension de la vigilance rouge à ces départements lundi 22 juin en fin de journée.

Risque incendie

Dans plusieurs départements, dont l'Orne, des interdictions de travaux dans les champs ont été mises en place sur les récoltes de grandes cultures entre 13 h et 20 h, les fenaisons n'étant pas concernées. "Il faut jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables. Bonne moisson à tous, malgré la météo", souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne. En cas de départ de feu : composez immédiatement le 18 ou le 112. La profession appelle à renforcer les mesures de prévention lors des chantiers de récolte. Les Chambres d'agriculture de Normandie (CAN) insistent notamment sur la présence d'un moyen d'extinction opérationnel, d'outils de travail du sol permettant de créer rapidement une bande coupe-feu et d'un moyen d'alerte. Une surveillance des parcelles après les travaux est recommandée afin de détecter tout départ de feu. Elles préconisent aussi de sensibiliser les conducteurs aux risques spécifiques des chantiers de moisson, de surveiller les échauffements anormaux, d'éviter tout stationnement d'engins chauds sur chaumes ou à proximité de matières combustibles et de maintenir une vigilance accrue lors des déplacements et des opérations de ravitaillement. 

Machines et travaux

Les Entreprises des territoires (EDT) Normandie ont diffusé le message à 180 entreprises de travaux agricoles (ETA), dès lundi 22 juin. "La sécurité de vos équipes et de vos chantiers est entre vos mains. Soyons exemplaires !", clame Eddy Préel, délégué régional chez EDT Normandie. Parmi les conseils principaux : fournir de l'eau et aménager les horaires pour le bien-être des salariés. "Il faut commencer les chantiers le plus tôt possible, dans la limite du raisonnable et du techniquement faisable", commente-t-il. Côté engins agricoles, outre les recommandations de sécurité liées aux potentiels départs de feu, telles que l'équipement des tracteurs avec un déchaumeur pour créer une barrière coupe-feu, il est impératif de bien "nettoyer vos machines ! [...] Il faut souffler les machines à un moment donné dans la journée pour éviter que cela s'embrase." Avant de démarrer, la vérification de l'état des machines (roulements, échappements, dépoussiérage) est indispensable. En période de grande chaleur et sans pluie annoncée ces prochains jours, certains chantiers pourraient peut-être être décalés de quelques jours. "Il faut que ce soit intelligent et constructif entre le donneur d'ordre et le prestataire de services. Il faut surtout être raisonnable", note-t-il.

Les bêtes ont chaud

La canicule n'est pas sans effet. "On peut enregistrer jusqu'à 40 % de baisse de production laitière", s'inquiète Ludovic Blin, président de la section lait de la FDSEA de la Manche. Certes, les éleveurs s'adaptent "en mettant les animaux dans des parcelles ombragées", note François Rihouet, président de la Chambre d'agriculture de la Manche, "en les rentrant plus tôt, en veillant au logement pour leur offrir de bonnes conditions, en favorisant la ventilation, par le bas", indique Sylvain Kientz, responsable l'équipe Bâtiment (CAN). L'abreuvement reste également un point important. "Il faut veiller à une bonne alimentation en eau, à ajouter des points d'eau tout comme limiter l'éclairage direct", ajoute-t-il. Dans des secteurs comme le nord de la Manche où la pluie s'est faite rare ces derniers mois, l'affourragement va débuter là aussi plus vite parce que la pousse de l'herbe est ralentie. Le point de vigilance va se porter aussi sur les vaches gestantes qui sont par conséquent à risque. "On peut étudier la pulvérisation pour faire descendre la température du corps", indique Ludovic Blin. Pour Sylvain Kientz, il conseille aux éleveurs de se diriger vers Climatbat, l'application pour prévenir le stress thermique en élevage bovin, avicole et porcin, source de préconisation et de solutions.

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